L’endoscopie pour traiter les cancers superficiels de l’estomac

Dernière mise à jour 08/01/15 | Article
L’endoscopie pour traiter les cancers superficiels de l’estomac
Environ un million de nouveaux cas de cancers de l’estomac sont diagnostiqués dans le monde chaque année. Seuls 10% le sont à un stade précoce. Pour certains de ces cancers superficiels, un nouveau traitement par endoscopie permet une prise en charge moins lourde avec d’excellents résultats.

Le cancer de l’estomac est l’un des plus fréquents et des plus meurtriers: un peu plus de 700000 patients en meurent chaque année dans le monde. Sur les 950000 nouveaux cas diagnostiqués annuellement (environ 680 en Suisse), seuls 10% environ le seront à un stade précoce. L’atteinte tumorale reste alors limitée, et l’on parle de cancer gastrique «superficiel». Contrairement aux cancers découverts à des stades plus avancés, le pronostic de ce type de lésions tumorales est excellent, avec un taux de survie estimée à 5 ans de 95%.

Si la chirurgie reste le traitement de référence, des interventions par endoscopie ont été développées ces dernières années. Moins invasives, elles entraînent des suites opératoires moins lourdes et pourraient représenter, pour certains patients, une alternative de choix.

Des facteurs de risque bien connus

Il a été démontré que certaines maladies (l’anémie de Biermer ou le syndrome de Lynch par exemple) augmentent le risque de cancer de l’estomac, tout comme une mutation du gène CDH1. La consommation excessive d’alcool, de tabac, mais aussi de sel, est également considérée comme un facteur de risques. Depuis une vingtaine d’années, il est aussi reconnu que les infections chroniques de la couche supérieure de la muqueuse gastrique (épithélium) par la bactérie Heliobacter pylori jouent également un rôle majeur: elles peuvent en effet évoluer jusqu’à la formation d’un carcinome.

Un diagnostic encore souvent fortuit

Le diagnostic tardif de la majorité des cancers gastriques vient d’une absence de symptômes et de signes cliniques spécifiques. En Europe, bien souvent, ce diagnostic reste fortuit, alors qu’au Japon, où l’incidence de la maladie est élevée, un programme national de dépistage a été mis en place. Dans ce pays, les cancers superficiels représentent 50% des tumeurs diagnostiquées, contre 5 à 20% dans les autres régions du monde.

Les éléments clé du diagnostic sont la détection, la caractérisation et la classification de la tumeur.

L’importance du «bilan d’extension»

Le «bilan d’extension» vise à évaluer la taille de la lésion principale ainsi que la présence de lésions périphériques, et surtout à estimer précisément la profondeur de l’envahissement tumoral. Ce paramètre est fondamental car il est corrélé au risque d’envahissement des ganglions, qui reste le critère pronostique majeur dans ce type de cancer.

L’échoendoscopie est l’examen clé pour réaliser ce bilan d’extension. Le scanner, quant à lui, permet de déterminer l’éventuelle extension aux organes adjacents et l’existence de métastases à distance.

L’endoscopie pour traiter certains cas

Le traitement de référence du cancer superficiel de l’estomac est actuellement la chirurgie par voie laparoscopique, qui permet le retrait de la tumeur ainsi qu’un curage ganglionnaire. Cependant, de nombreux travaux menés au Japon ont démontré l’intérêt, dans certains cas bien précis, de la résection par voie endoscopique. Deux techniques existent aujourd’hui: la mucosectomie endoscopique et la dissection endoscopique sous-muqueuse. Ces approches moins invasives permettent d’éviter les complications fonctionnelles liées à la chirurgie (reflux, diarrhée…) qui sont nombreuses et peuvent péjorer la qualité de vie du patient à long terme. Après le traitement, chirurgical ou endoscopique, une surveillance semestrielle est conseillée pendant les cinq premières années.

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Références

Adapté de «Cancers superficiels de l’estomac: épidémiologie, diagnostic et prise en charge», par Drs Wulfran Cacheux, Thibaud Koessler et Arnaud Roth, Service d’oncologie, Hôpitaux universitaires de Genève. In Revue médicale suisse 2014;10:1118-22. En collaboration avec les auteurs.

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