Enfants: il ne faut pas plaisanter avec l’heure du coucher

Dernière mise à jour 06/11/13 | Article
Enfants: il ne faut pas plaisanter avec l’heure du coucher
Ne pas respecter la régularité des horaires de sommeil des tout petits c’est prendre le risque de voir apparaître des troubles de l’apprentissage et du comportement.

Nous vivons mieux en respectant quelques rituels. Et ces rituels commencent dès l’enfance, notamment au moment si important de l’endormissement. Une étude récente démontre l’importance que peut avoir, pour l’équilibre mental des enfants, le respect d’horaires de sommeil réguliers1.

Entre 3 et 7 ans

Les chercheurs, dirigés par le Pr Yvonne Kelly, ont travaillé sur des données établies à partir des dossiers de 10 230 enfants participant à la cohorte britannique Millennium Cohort Study. Ils se sont tout particulièrement intéressés à leurs horaires de coucher dans la période comprise entre 3,5 et 7 ans. En parallèle, ils ont enquêté auprès des mères et des enseignants sur l’existence ou non de troubles du comportement chez ces mêmes enfants.

Leurs résultats sont riches d’enseignements. On apprend notamment qu’en Grande Bretagne les horaires irréguliers de coucher sont fréquents dès l’âge de 3 ans. Près de 20% des enfants ne respectent pas le rituel horaire quotidien. A 7 ans la situation empire et près de 50 % se couchent à des heures irrégulières. Sans surprise, ce sont les enfants des milieux socio-économiques les plus défavorisés qui ont les horaires les plus irréguliers.

Développement cérébral altéré

Il apparaît surtout un lien statistiquement significatif entre l'heure du coucher à cette période de la vie et le comportement. Tout se passe comme si l’irrégularité affectait ce dernier en perturbant les rythmes circadiens, voire même en affectant le développement du cerveau de l’enfant. Les chercheurs concluent ainsi que des horaires de coucher irréguliers à la petite enfance sont associés à la détérioration des «scores de comportement» incluant une évaluation de l'hyperactivité et des troubles émotionnels, du comportement et de la communication. Inversement, des horaires de coucher réguliers sont associés à une nette amélioration de ces scores. Et l’analyse montre que ces effets s'accumulent progressivement au cours de l'enfance.

Rituel du coucher

Pour le Pr Kelly aucun doute n’est plus permis: ne pas avoir des horaires de coucher réguliers conduit à des états comparables à ceux induits par les décalages horaires. Cette irrégularité a une influence négative sur les activités quotidiennes. Et chez l’enfant les effets néfastes concernent aussi le développement cérébral, cognitif et psychologique. Les parents concernés seront peut-être rassurés en apprenant que ces effets sont réversibles : la reprise d’horaires réguliers du coucher dans cette tranche d’âge conduit à une amélioration du comportement.

Rien n’interdit non plus au parent d’enrichir le rituel du coucher en laissant les écrans domestiques éteints et en lisant à leurs enfants des histoires. Même et surtout des histoires à dormir debout.

1. L’étude a été menée par des chercheurs de l’University College London (UCL). Leurs travaux et leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Pediatrics. Un résumé (en anglais) de cette publication est disponible ici.

A LIRE AUSSI

Être parent
Sexualité: quand l’enfant s’éveille

Sexualité: quand l’enfant s’éveille

Les parents se sentent souvent démunis face aux comportements et questions des jeunes enfants qui découvrent...
Lire la suite
Coliques
Bébé

Dix gestes pour apaiser son bébé en cas de coliques ou pour rendre son bébé heureux!

Un bébé qui pleure met ses parents en émoi, les poussant à en chercher la raison: a-t-il faim?
Lire la suite
Haut potentiel
Ces personnes au potentiel hors norme

Ces personnes au potentiel hors norme

Plus qu’un phénomène de librairie, l’intelligence à haut potentiel est une réalité pour environ 2 à 5...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
ados_crise

Ados, survivre à leur crise...et à la nôtre

Et si l’adolescence était aussi une période de grande remise en question pour les parents? C’est le postulat de Nino Rizzo, psychologue et psychothérapeute à Genève et auteur de «Parents d’ados. Une crise peut en cacher une autre», aux éditions Médecine & Hygiène. Interview.

Apprendre à faire caca proprement

Les statistiques montrent que depuis une cinquantaine d’années, l’âge moyen de l’apprentissage de la propreté a quasiment doublé. Nos grands-mères étaient pour la majeure partie propres vers 18 mois, si ce n’est plus tôt. Aujourd’hui, cet âge moyen se situe davantage vers les 30-36 mois. En Suisse Romande, il est n’est plus du tout inhabituel de porter des couches jusqu’à 3 ans. Aux Etats-Unis, c’est presque devenu l’usage [1].
Mon enfant fait son coming out

Mon enfant fait son coming out

Comment réagir à l'annonce de l'homosexualité de son enfant? Les conseils de Florent Jouinot, agent communautaire à VoGay et au Checkpoint Vaud (Fondation Profa).
Videos sur le meme sujet

Bébé arrive: le grand chamboulement

La grossesse, l'accouchement et les semaines qui suivent sont faits de bouleversements. Entre changements, peur et bonheur, le point avec l'Antidote.

Accidents domestiques: les enfants en première ligne

Laisser les enfants prendre tous les risques ou au contraire tout interdire ? L'Antidote nous expose les risques et les conseils des médecins.

Le bien-manger: ça s'apprend tout petit déjà

Quels sont les gestes pour bien manger? Quand les apprendre? Apprendre à manger avec plaisir dès l'enfance peut aider à rester en bonne santé plus tard.
Symptômes sur le meme sujet
convulsions sur un bras d'enfant

Convulsions

Mon enfant a des convulsions