Vérités sur la croissance

Dernière mise à jour 11/11/15 | Vrai/Faux
Vérités sur la croissance
Beaucoup de parents se préoccupent de la taille de leur enfant. Comme quantité d’idées reçues circulent sur la croissance, nous avons fait le point avec la Dresse Mirjam Dirlewanger, médecin adjointe à l’Unité d’endocrinologie et diabétologie pédiatriques de l’Hôpital des enfants à Genève.

Petit bébé, petit adulte; grand bébé, grand adulte.

Faux. Dans une population donnée, la taille dépend principalement de deux facteurs: la génétique et l’environnement. Notre taille adulte est définie par notre potentiel génétique, mais de mauvaises conditions nutritionnelles, psychoaffectives, socio-économiques ou encore une maladie chronique dans l’enfance, peuvent altérer ce potentiel. Notre poids et notre taille de naissance dépendent quant à eux plus de l’environnement intra-utérin (état de santé et nutritionnel de la mère, exposition aux toxiques, etc.), que du capital génétique. Un grand et gros nouveau-né ne sera pas forcément un adulte de grande taille et, à l’inverse, un enfant qui naît petit pourra atteindre une taille adulte au-dessus de la moyenne.

Jusqu’à l’âge de 3 ans, l’enfant doit être mesuré au plus tous les ans.

Faux. En Suisse, la Société Suisse de Pédiatrie (SSP) préconise qu’un enfant soit pesé et mesuré à chaque visite de routine chez son pédiatre, soit à 1, 2, 4, 6, 9 et 12 mois, puis à 18 et à 24 mois, et enfin à 3 et à 4 ans. Par la suite, la taille et le poids sont mesurés de façon plus espacée et en fonction de l’état de santé de l’enfant.

Dormir fait grandir.

Vrai. Mais il faut nuancer en précisant que le manque de sommeil peut interférer avec la croissance et qu’une bonne qualité de sommeil est indispensable au bon développement et à la croissance d’un enfant. Il faut également ajouter que l’hormone de croissance est sécrétée de façon irrégulière et que les pics les plus larges et les plus amples surviennent durant le sommeil.

Certains aliments, comme la soupe de légumes ou les laitages, favorisent la croissance.

Faux. Une alimentation équilibrée et variée, y compris à l’adolescence, est essentielle, mais aucun aliment en particulier ne favorise la croissance staturale. L’apport en calories, protéines, vitamines, calcium, etc., doit être équilibré en tenant compte de l’âge. Les légumes et les laitages font partie d’une alimentation saine et variée.

L’important est que les courbes de poids et de taille évoluent parallèlement.

Vrai. Il est important qu’il n’y ait pas de décrochage entre les deux courbes de croissance. Si un enfant grossit et que la croissance s’infléchit ou si la croissance s’accélère ou ralentit de façon isolée, il est conseillé de consulter un médecin pour en déterminer la cause. Tout changement de canal de croissance, que ce soit pour le poids ou pour la taille, mérite d’être évalué et suivi de près.

De plus, si la croissance est régulière mais que l’enfant ne semble pas atteindre sa taille cible familiale (voir point suivant), une consultation sera également nécessaire.

Il est possible d’estimer la taille adulte d’un enfant grâce à un simulateur de croissance en indiquant le sexe de l’enfant et la taille des deux parents.

Vrai. Une formule permet de calculer la taille cible familiale qui correspond au potentiel génétique dépendant des parents. Pour les filles, on additionne la taille de la mère et la taille du père, on soustrait treize au résultat et on divise par deux. Pour les garçons, on additionne également la taille des deux parents, mais on ajoute treize avant de diviser par deux. Les chiffres obtenus représentent la taille cible familiale. Il faudra encore ajouter plus ou moins 8,5 cm pour définir la fourchette de taille adulte que l’enfant devra atteindre par rapport à son potentiel génétique.

L’os du poignet permet de prédire la taille adulte.

Vrai. Une radiographie du poignet et de la main permet d’évaluer la maturation osseuse et, à partir de là, d’établir un pronostic de taille adulte. Il existe diverses méthodes pour effectuer ces calculs et la maturation osseuse, aussi appelée âge osseux, peut être évaluée à partir de différents sites d’ossification (main et poignet gauches, bassin, genoux...).

La puberté marque la fin de la croissance

Faux. Mais il faut au préalable préciser ce que l’on entend par puberté. Pour les filles, elle débute par le développement des seins qui intervient en général entre 8 et 13 ans. La croissance des filles s’accélère au début de la puberté, vers 10 ans, avec un pic de croissance pubertaire de 6 à 7 cm par an (mais qui peut atteindre 10 cm par année). Lors de la survenue des règles, la croissance ralentit mais les filles continuent de grandir durant un à deux ans après leur apparition. Chez les garçons, la puberté est définie par l’augmentation du volume des testicules, qui survient entre 9 et 14 ans. Chez eux, l’accélération de la croissance se produit dans la deuxième partie de la puberté, vers 12 ans en moyenne, avec un pic maximum qui se produit généralement autour des 14 ans. La vitesse de croissance peut atteindre 7 à 12 cm par an.

La musculation est dangereuse pour la croissance

Faux. Mais il faut savoir que tout sport pratiqué en excès ou de haut niveau peut limiter la croissance, surtout si la balance énergétique (l’équilibre entre l’énergie ingérée et l’énergie dépensée) est rompue. D’une manière générale, la musculation n’est pas recommandée aux enfants jusqu’à la puberté, plus pour des raisons de risques de lésions ostéo-articulaires que de croissance en soi.

Les courbes de croissance sont universelles.

Faux. La plupart des pays ont établi dans le passé leurs propres courbes de croissance nationales. Cependant, au début des années 2000, l’OMS a elle aussi établi des courbes de croissance, avec des données issues d’enfants en bas âge de plusieurs pays du monde répartis sur les divers continents (USA, Oman, Inde, Norvège, etc.). Il s’avère que, durant les premières années de vie, on ne note pas de différences notables entre les pays et les ethnies. La Société Suisse de Pédiatrie (SSP) a adapté les courbes suisses à celles de l’OMS. Les USA utilisent également les courbes de l’OMS jusqu’à l’âge de 2 ans, puis utilisent leurs courbes nationales pour les enfants plus âgés.

L’être humain est toujours plus grand

Vrai. Il existe une certaine évolution séculaire, soit de génération en génération, de la taille moyenne des enfants et des adultes. Depuis les années 50, nous avons gagné selon certaines données jusqu’à 1 à 3 cm par décennie. Il semble cependant qu’avec nos avancements sociaux et nos conditions de vie actuelles, nous ne notions plus de progression.

Les filles sont moins grandes que les garçons

Faux. La taille moyenne des garçons et des filles est superposable (à 1 cm près) jusqu’au début de la puberté. A partir de 10-11 ans, les filles vont dépasser les garçons et ceux-ci vont à leur tour dépasser les filles vers 13-14 ans, jusqu’à atteindre une taille moyenne de 163 cm pour les filles et 176 cm pour les garçons.

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Apprendre à faire caca proprement

Les statistiques montrent que depuis une cinquantaine d’années, l’âge moyen de l’apprentissage de la propreté a quasiment doublé. Nos grands-mères étaient pour la majeure partie propres vers 18 mois, si ce n’est plus tôt. Aujourd’hui, cet âge moyen se situe davantage vers les 30-36 mois. En Suisse Romande, il est n’est plus du tout inhabituel de porter des couches jusqu’à 3 ans. Aux Etats-Unis, c’est presque devenu l’usage [1].
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