Quel traitement après l’ingestion d’un objet?

Dernière mise à jour 30/03/16 | Article
Quel traitement après l’ingestion d’un objet?
Aux urgences, il n’est pas rare de voir arriver un patient ayant avalé un objet. Le plus souvent, le corps étranger transitera sans aucun problème à travers le système digestif. Mais parfois, il sera nécessaire de le retirer au moyen d’une endoscopie ou d’une intervention chirurgicale.

Pièce de monnaie, crayon, pile ou encore pièce d’un jouet sont les objets le plus souvent avalés par accident. En effet, dans 80% des cas, les patients sont des enfants en bas âge qui avalent un objet présent dans leur environnement. Enfants ou adultes, la plupart verront l’objet traverser leur système digestif sans aucun problème. Mais pour 10 à 20% d’entre eux, le corps étranger devra être retiré par le biais d’une endoscopie afin d’éviter toute complication, c’est notamment le cas des piles (batteries) notamment si elles s’arrêtent dans l’œsophage. L’opération chirurgicale reste quant à elle rare, ne concernant que 1% des cas.

Localisation de l’objet et traitement

Si l’objet ne parvient pas à traverser le système digestif, un examen au scanner permettra de le localiser. L’objet peut se retrouver dans la partie inférieure de l’œsophage, dans l’estomac ou encore dans le duodénum (partie initiale de l’intestin grêle). Quant au traitement, il dépendra avant tout de la nature de l’objet. S’il est tranchant ou obstructif, il sera retiré en urgence par le biais d’une endoscopie, technique dont le taux de succès avoisine les 100%. Par contre, cette procédure ne sera pas nécessaire pour un objet non-tranchant et de petite taille. En effet, un suivi radiologique suffira à observer la progression du corps étranger à travers le système digestif. Enfin, la présence de signes de perforation nécessitera une opération.

Population carcérale ou psychiatrique

Les personnes séjournant en prison ou souffrant de problèmes psychiatriques sont des patients particuliers. En effet, elles avalent parfois volontairement des objets car elles voient un avantage à un séjour hospitalier, comme le fait d’être en dehors du milieu carcéral et/ou de pouvoir bénéficier de sédatifs. C’est pourquoi le traitement de ces patients sera différent si le caractère intentionnel et/ou répétitif du geste est avéré. Dès lors, même dans le cas d’un objet tranchant, un suivi radiologique sera tout d’abord préféré à l’endoscopie.

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Références

«Risques et bénéfices d’une approche interventionnelle face aux corps étrangers digestifs», Drs Montserrat Fraga, Karim Abdelrahman, Konstantin Burgmann, Michel H. Maillard, Service de gastroentérologie et d’hépatologie, CHUV; Dr Andreas Nydegger, Pr Gian Dorta, Unité de gastroentérologie pédiatrique, CHUV. In Revue Médicale Suisse 2015:11:1592-5.

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