La rentrée scolaire en toute sérénité

Dernière mise à jour 30/08/17 | Article
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L’heure de la rentrée scolaire a sonné. Comment bien accompagner son enfant? Les conseils d’un expert.

Avec enthousiasme ou bon gré mal gré, les jeunes ont pris –ou repris– le chemin de l’école. Après la longue pause estivale, le temps est venu de retrouver les camarades de classe, de rouvrir les cahiers, de faire la connaissance d’un nouveau professeur ou de retrouver l’ancien. Un moment de l’année qui n’a rien d’anodin, et qui peut soulever des appréhensions voire des angoisses chez les enfants.

L’angoisse de la séparation

La rentrée a un goût tout particulier pour les plus petits, ceux qui commencent l’école. Chez les 4 et 5 ans en effet, la part d’inconnu est grande et l’anxiété possiblement plus importante. «Certains enfants sont confrontés à l’angoisse de la séparation d’avec leurs parents, ou d’avec la mère, en particulier. Ce sentiment est souvent peu verbalisé et peut se manifester durant les premiers jours voire semaines d’école», explique le Pr Stephan Eliez, directeur de l’Office médico-pédagogique de l’Etat de Genève. L’expérience peut s’avérer plus complexe pour les enfants qui n’ont pas fréquenté de crèche ni expérimenté la vie en communauté auparavant. «En général, les enseignants des petites classes sont aguerris à la difficulté de se séparer des parents pour entrer dans un monde inconnu. Et dans la plupart des cas, cela se passe bien», rassure Stephan Eliez.

La phobie scolaire, c’est quoi?

La phobie scolaire est un trouble qui s’exprime par une peur panique à l’idée d’aller à l’école, une angoisse intense au moment d’entrer dans l’établissement scolaire. «Le trouble panique est une réaction disproportionnée par rapport au danger», explique Stephan Eliez. Selon le spécialiste, elle se manifeste souvent entre l’avant-dernière année du primaire et les premières années du secondaire. Elle conduit à des absences répétées à l’école. Elle n’est pas toujours facile à identifier, chez les jeunes enfants en particulier, ces derniers trouvant facilement des explications rationnelles pour justifier l’impossibilité d’aller à l’école. Mais si les absences se répètent et s’étendent au-delà de deux à trois semaines, il faut réagir. Plus on identifie le problème tôt, mieux on peut le soigner.

Réduire la part d’inconnu

Pour bien accompagner son enfant, le spécialiste conseille aux parents de lui montrer sa future école, en allant dans le préau avant la rentrée, ou de faire le chemin de l’école avec lui, de mettre en place peu à peu des rituels en lien avec l’école. Lui donner une «marche à suivre» en lui expliquant à quoi cela sert, ce qu’on y fait, est utile pour réduire la part d’inconnu. «Tout ce qui permet à l’enfant d’anticiper, de se projeter et de construire sa propre représentation sera pour lui rassurant. Il faut veiller également à lui donner une vision positive de l’école, un lieu régi par une série de règles, un endroit où on peut apprendre, se développer, se faire des amis». Le spécialiste insiste sur l’importance de ne pas minimiser les inquiétudes de l’écolier en herbe en formulant des phrases du type «Ce n’est rien», «Tout le monde est passé par là», qui n’aident pas et qui peuvent, à l’inverse, creuser sa crainte de ne pas être à la hauteur.

Epreuve pour les parents

Mais la rentrée scolaire peut aussi être une épreuve pour les parents eux-mêmes, en particulier si c’est leur premier enfant qui commence l’école ou s’ils n’ont pas été scolarisés ici. «C’est alors une découverte et un grand changement dans l’organisation familiale». Mais aussi, et c’est inévitable, les parents rejouent à cette occasion leur propre expérience scolaire, avec ses joies, ses succès, mais aussi ses difficultés et ses angoisses. Aussi, il vaut mieux éviter de partager ses mauvais souvenirs et essayer de maîtriser son anxiété, pour éviter d’augmenter celle de sa progéniture: «Car l’enfant est extrêmement sensible à l’état affectif et émotionnel de ses parents. C’est un réflexe propre aux mammifères, utile pour affronter un danger», rappelle Stephan Eliez.

Bien accompagner son enfant dans cette nouvelle expérience, c’est aussi veiller à être en relation avec lui, profiter des moments anodins (préparation du sac d’école, fourniture des cahiers, etc.) pour échanger sur la vie de l’école, l’écouter parler de son monde. Un amour inconditionnel, une écoute pleine d’empathie et dépourvue de jugement lui permettront de se livrer sans fard, ce qui est essentiel en cas de difficultés.

Inégaux face au stress

Pour la plupart, la rentrée scolaire se passe sans encombre. Mais tous les enfants ne sont pas égaux face au stress, en raison de facteurs génétiques et individuels. Il convient d’être particulièrement attentif aux enfants ayant eu des problèmes physiques pendant les premières années de vie ou qui sont psychiquement plus vulnérables. Pour les plus grands, les expériences des années précédentes peuvent fragiliser.

La rentrée peut être particulièrement éprouvante pour les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage (dyslexie par exemple), qui sont confrontés à leurs limites intellectuelles, qui ont le sentiment de ne pas être à la hauteur ou qui ont subi du harcèlement de la part d’autres camarades.

En cas d’angoisse prononcée, de pleurs, de symptômes physiques tels que maux de tête, de ventre, face à une attitude de retrait ou si les difficultés à se séparer persistent au-delà de 5 à 6 semaines après la rentrée, consulter un spécialiste (psychologue par exemple) peut être utile. Une ou deux séances suffisent parfois à apaiser l’enfant.

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Paru dans le Quotidien de La Côte le 23/08/17.

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