Diabète: des lentilles intelligentes pour mesurer la glycémie

Dernière mise à jour 08/10/14 | Article
Diabète: des lentilles intelligentes pour mesurer la glycémie
Après les «Google Glass», des lentilles de contact nouvelle génération sont à l’étude pour les diabétiques. Il s’agit d’une miniaturisation de capteurs non invasifs qui permettront peut-être à l’avenir de mesurer la glycémie en continu chez ces patients.

Le diabète laisse peu de place à l’insouciance. Quand ils ne doivent pas procéder à des injections d’insuline, les patients diabétiques doivent mesurer régulièrement leur taux de glycémie. Or, depuis plusieurs années, les scientifiques cherchent des méthodes pour contrôler le taux de sucre dans le sang le moins agressives possibles, afin d’alléger le fardeau de ces patients. Le laboratoire d’innovation Google[X], en partenariat avec Novartis, vient d’obtenir les autorisations pour la conception d’une lentille intelligente. Une puce miniature et de capteurs inédits permettraient de mesurer le taux de sucre dans les larmes via une lentille de contact assimilable à celles utilisées aujourd’hui pour la correction des troubles de la vision.

Ces lentilles, telles que les imagine Google, embarqueraient une puce électronique miniaturisée «de la taille d’une paillette» ainsi qu’une antenne «aussi fine qu’un cheveu humain», permettant de transmettre les mesures à un appareil connecté (smartphone, tablette ou ordinateur). Aucun prix ni aucune date de commercialisation n’ont pour l’instant été communiqués.

Pour qui?

Ceux qui pourraient bénéficier de cette technologie de pointe sont avant tout les patients atteints du diabète de type 1, soit la forme auto-immune, principalement diagnostiquée dans l’enfance et à l’adolescence, et qui perdure toute la vie. Mais certains diabétiques de type 2 (forme de résistance à l’insuline acquise) pourraient également en profiter.

La prise de la glycémie devant être répétée régulièrement, on comprend aisément l’intérêt de la mesure automatique du taux de sucre directement dans les larmes, et la consultation rapide du résultat sur les écrans d’un smartphone. Un système d’alerte permettrait aux patients, via ces objets connectés, de recevoir une notification lorsque la glycémie est trop basse ou trop élevée, mais aussi si une prise alimentaire, une injection d’insuline ou une consultation médicale en urgence sont nécessaires.

Un accueil chaleureux

L’accueil de cette technologie par les patients sur les forums médicaux et de diabétiques est très chaleureux: «Enfin fini de se "piquer" huit fois par jour !», lit-on ici et là. Il a en effet été observé que, pour certains patients, le caractère douloureux et laborieux de ces contrôles entraîne parfois une diminution de l’adhésion au traitement, voire une mise en danger au quotidien, notamment chez les adolescents. Il n’est pas toujours facile de s’isoler au collège ou au lycée pour prendre sa glycémie.

A noter qu’il existe déjà des capteurs de glycémie en continu, qu’on insère sous la peau au niveau du ventre, utilisés chez de nombreux patients. Il existe également des systèmes de «pompe à insuline», délivrant de la même manière une dose d’insuline en fonction du taux de sucre.

Concernant les lentilles intelligentes, les bénéfices supposés doivent toutefois être mis en balance avec les éventuels risques inhérents à l’utilisation d’un nouveau matériel de ce type, qui est, rappelons-le encore, au stade de prototype.

On peut imaginer que ce type de lentilles intelligentes aura sans doute les mêmes complications (heureusement rares) que les lentilles de contact correctrices que nous connaissons aujourd’hui: rougeurs, picotements, douleurs ou inconforts, voire, dans les cas graves, infections oculaires nécessitant une prise en charge médicale.

Une question demeure: les diabétiques sont connus pour sécréter moins de liquide lacrymal, et donc avoir les yeux plus secs, que les autres porteurs de lentilles. En cas de neuropathie végétative (complication grave du diabète), le port de ces lentilles pourrait s’avérer désagréable ou douloureux, voire impossible. Autre problème, les personnes portant des lentilles correctrices pourront-elles porter également celles-ci ou sera-t-il possible de combiner les deux types en une seule lentille? Quelle en sera la durée de port? Ces questions restent sans réponse pour l’instant.

Une méthode efficace?

L’efficacité de la mesure, non plus via le sang mais via les larmes, doit elle aussi être confirmée. Il existe encore de nombreuses recherches à faire quand à la corrélation entre le taux de sucre dans le sang, et celui des larmes: leurs évolutions respectives, l’existence d’un délai éventuel de la modification de la glycémie entre les larmes et le sang, et les facteurs pouvant affecter le taux de glucose des larmes et sa modification (le climat, le mode de vie, l’activité physique ou les traitements par exemple).

Ce prototype très prometteur soulève donc beaucoup d’espoirs mais aussi nombre d’interrogations. Les avancées du projet ne devraient toutefois pas se faire attendre trop longtemps. Par ailleurs, Google et Alcom plancheraient déjà sur une lentille de contact intelligente adaptée aux patients presbytes ou souffrant de cataracte.

En attendant, une chose est sûre: la technologie a définitivement fait son entrée dans la prise en charge de notre santé au quotidien!

Comment vérifie-t-on sa glycémie aujourd’hui?

Pour les patients dits «insulino-dépendants», les schémas thérapeutiques diffèrent en fonction du type de diabète, de sa gravité, mais aussi du mode de vie du patient et de ses choix. D’une manière générale, les injections d’insuline cherchent à reproduire le comportement normal du corps humain.

Avant chaque injection d’insuline, le patient contrôle sa glycémie au moyen d’un système dit de «dextro». Ce, au moment des repas, mais parfois plus fréquemment: par exemple à chaque événement particulier (activité sportive, modification de traitement…) ou symptôme anormal (sueur, fatigue, malaise…) afin de rechercher une hyper ou une hypo-glycémie. Ce rituel se répète entre 4 et 8 fois par jour pour certains patients.

Après s’être piqué le doigt avec une petite aiguille stérile, le diabétique dépose une goutte de sang sur une bandelette qu’il insère dans le lecteur automatique de glycémie. Celui-ci donne la valeur fiable du taux de sucre sanguin. Il s’agit d’une méthode précise et rapide, bien que parfois désagréable et stigmatisante pour les patients. Le chiffre obtenu est inscrit dans un carnet, en vue d’une possible adaptation du traitement.

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