Les nouveaux horizons du VIH/SIDA en 2012

Dernière mise à jour 09/10/12 | Article
Les nouveaux horizons du VIH/SIDA en 2012
Alexandra Calmy, Docteure aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), spécialiste des maladies infectieuses et notamment du SIDA, nous livre son analyse des derniers espoirs mis en place pour combattre l’épidémie, espoirs qui ont été largement médiatisés après la 30e conférence mondiale sur le sujet qui s’est déroulée à Washington l’été dernier.

Vous avez sans doute entendu les médias nous annoncer la fin de l’épidémie de VIH/SIDA, à l’occasion de la conférence mondiale, qui se tenait à Washington en juillet 2012. Peut être même, avez-vous entendu Hillary Clinton porter l’espoir d’une génération sans SIDA, lors de cette même conférence?

Quelles sont donc les nouveautés à l’origine d’un tel élan d’optimisme?

On peut en tout cas mentionner trois concepts porteurs d’espoir: le premier, c’est la confirmation que les personnes séropositives sous traitement efficace ne transmettent pas le virus. Ceci était déjà à la base de la «Déclaration suisse», qui avait été très médiatisée en 2008. Une étude effectuée chez des couples séro-discordants (un des partenaires est séropositif, l’autre ne l’est pas) a même pu démontrer une diminution de plus de 96% du risque de transmission au sein de couples séro-discordants, lorsque le partenaire infecté reçoit un traitement (ou trithérapie) efficace.

Le second point est l’existence de nouveaux outils de prévention, dont des essais cliniques ont été récemment publiés; le traitement donné avant une exposition au risque (prophylaxie de pré-exposition) devient une stratégie efficace dans certains groupes à risque, même si les résultats des études sont encore controversés. Par ailleurs, le domaine de la prévention a également été bousculé par l’émergence de nouveaux types de vaccins, plus efficaces.

Enfin, la preuve du concept de la guérison a été faite et la recherche s’oriente avec enthousiasme dans ce créneau. En effet, si les trithérapies sont efficaces, elles doivent néanmoins être prises à vie, avec une adhérence quasiment parfaite et sans exclure un certain nombre d’effets indésirables.

Alors effectivement, la guérison est porteuse d’espoir pour de nombreux patients fatigués de cette prise quotidienne de comprimés. Timothy Brown, appelé aussi The Berlin Patient est un patient séropositif, qui en 2009 a reçu une greffe de moelle pour une leucémie de la moelle osseuse aiguë;  le donneur de cette greffe était dépourvu des récepteurs (dit récepteurs CCR5) permettant l’entrée du virus VIH au sein des cellules du corps humain; on donc comprend l’intérêt que cette greffe CCR5 négatif a eu pour ce jeune patient. En effet, Timothy Brown n’a plus jamais vu sa virémie VIH réapparaître après la transplantation. C’est le premier patient de l’histoire à avoir guéri d’une infection VIH et à pouvoir arrêter ainsi son traitement. Si l’on est loin de pouvoir généraliser ce type de stratégie et surtout, loin d’avoir compris les raisons exactes de la guérison de Timothy Brown, cette guérison ouvre les portes à des pistes de recherche. Différentes stratégies d’éradication du virus sont ainsi à l’étude: la création de cellules immunitaires résistantes au VIH, l’élimination des sanctuaires où le virus va se terrer et ne pas répondre au traitement, l’utilisation de molécules utilisées pour démasquer le virus caché dans les cellules immunitaires. Beaucoup d’argent, beaucoup d’intelligence, beaucoup de patience et surtout beaucoup de collaboration entre les hommes et les femmes qui vont s’attaquer à ce projet d’éradication du VIH sont encore nécessaire.

Les espoirs sont donc permis, mais il faudra que les moyens financiers soient soutenus, afin de pouvoir dépister, traiter puis dans un deuxième temps nous l’espérons, vacciner et guérir les personnes qui sont atteintes du VIH.

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