Les nouvelles armes contre la migraine

Dernière mise à jour 25/11/20 | Article
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Des médicaments biologiques, commercialisés très récemment, ont bouleversé le traitement de cette maladie.

«Pendant les crises, je ressens une douleur insoutenable dans la tempe. C’est à se taper la tête contre les murs.» Comme Laeticia (lire encadré), plus d’une personne sur dix en Suisse souffre de migraine. Une maladie «invalidante qui se manifeste de façon intermittente», souligne le Pr Andreas Kleinschmidt, médecin-chef du Service de neurologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La migraine provoque en effet périodiquement des crises qui se traduisent par une grande sensibilité à la lumière, des nausées et de sévères maux de tête. «Lorsqu’on est migraineux, c’est pour la vie», constate le neurologue. Toutefois, de nouveaux traitements permettent de soulager considérablement les personnes concernées.

Un médicament spécifique

«La prise en charge de la migraine consiste d’abord à inciter les patients et les patientes à adopter une bonne hygiène de vie, précise le Pr Kleinschmidt. Il est aussi nécessaire d’identifier les facteurs déclencheurs (le stress, la météo, l’alimentation, etc.)».

Ce n’est ensuite qu’interviennent les médicaments. Pour couper la crise, on prescrit des antalgiques (paracétamol, aspirine, etc.). «Souvent, c’est efficace. Sinon, on recourt aux triptans, plus sélectifs.»

A cela s’ajoute le traitement de fond, destiné à diminuer la fréquence et l’intensité des épisodes. «Jusqu’ici, constate le médecin, on utilisait des médicaments issus d’observations fortuites» – comme des antiépileptiques ou des antidépresseurs –, élaborés pour traiter d’autres maladies et qui se sont révélés bénéfiques contre la migraine. Mais tout a changé en 2018, avec la commercialisation du premier représentant d’une famille de médicaments spécifiquement destinés à la maladie : les anti-CGRP. Il s’agit d’anticorps monoclonaux (composants du système immunitaire produits en laboratoire). Ils bloquent l’activité d’une petite protéine, le CGRP, qui, lorsqu’elle est libérée en excès dans le cerveau, favorise la dilatation des vaisseaux des méninges et l’inflammation, à l’origine des migraines. Ces médicaments sont destinés aux personnes qui y sont fréquemment sujettes. Chez certaines d’entre elles, ils les font disparaître. Certes, ces remèdes sont très onéreux, mais ils évitent les nombreux arrêts de travail dus à la maladie qui, eux aussi, ont un coût important.

Une électrode sur le front

Un traitement non médicamenteux a également fait ses preuves: la stimulation électrique transcrânienne. Elle consiste à stimuler le nerf trijumeau (impliqué dans les douleurs migraineuses) à l’aide d’une électrode adhésive placée sur le front et connectée à un petit dispositif, le Cefaly®. Comme les anti-CGRP, cette technique «a l’avantage de ne quasiment pas provoquer d’effets secondaires, constate le Pr Kleinschmidt. C’est une alternative intéressante dont un bon nombre de patients profite».

Les progrès ne s’arrêtent pas là. Deux nouvelles classes de médicaments oraux ont été récemment autorisées aux Etats-Unis et pourraient l’être prochainement en Suisse: les Ditans, «des triptans modifiés qui ont moins d’effets secondaires que leurs homologues conventionnels», explique le neurologue, et des Gepants, «qui agissent sur le même principe que les anti-CGRP». De quoi étendre encore la panoplie des armes disponibles pour lutter contre ces douloureux maux de tête. 

«Résultat spectaculaire»

Laeticia, une Genevoise de 44 ans, souffre de migraines depuis l’âge de 17 ans. «Mes crises sont devenues de plus en plus fréquentes, fortes et invalidantes. J’ai donc pris des triptans qui ont été très efficaces: ils coupaient la douleur au bout de quelques heures.

Pendant mes deux premières grossesses, j’ai franchi un palier supérieur: les crises étaient plus rapprochées, plus douloureuses, et s’est alors imposée la nécessité d’avoir un traitement de fond. On m’a prescrit un antiépileptique et je me sentais mieux.

Puis, l’année passée, j’ai reçu une injection mensuelle d’anti-CGRP. Le résultat a été spectaculaire: je n’avais plus qu’une crise par mois. J’ai dû arrêter le traitement, car j’étais à nouveau enceinte. Un mois plus tard, c’était la catastrophe. Je n’ai jamais eu autant de crises. Dès que j’aurais fini d’allaiter, je vais reprendre des anti-CGRP, car leur effet est miraculeux.»

Article repris du site  pulsations.swiss

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