Infection urinaire: démêler le vrai du faux

Dernière mise à jour 01/12/21 | Vrai/Faux
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Reconnues en un éclair par les personnes qui en souffrent régulièrement, les infections urinaires basses – ou cystites – touchent plus de 30% des femmes et environ 10% des hommes au moins une fois dans leur vie*. Un mal répandu donc, mais pas anodin pour autant.

Pour rappel, les cystites désignent une infection de la vessie causée par des bactéries, le plus souvent en provenance du système digestif. La plus fréquente d’entre elles: Escherichia coli. Le problème? Si ces bactéries sont bénéfiques au sein des intestins, elles s’avèrent dangereuses lorsqu’elles migrent vers l’urètre en direction de la vessie. L’urgence est alors de les éradiquer. Un traitement antibiotique s’impose souvent, mais pas toujours. Tour d’horizon avec la Dre Vanessa Fenner, médecin-adjointe au Service d'urologie des Hôpitaux universitaires de Genève.

Boire beaucoup d’eau peut suffire à endiguer une infection urinaire débutante

VRAI. Douleurs dans le bas-ventre, brûlures en urinant, besoins très fréquents et urgents d’uriner (souvent pour des quantités infimes): autant de symptômes pouvant correspondre à une infection urinaire. Chez les femmes en bonne santé, sans antécédents d’infection des reins et qui ne sont pas enceintes, une «hyperhydratation» – viser au minimum deux litres d’eau par jour – peut être envisagée dans un premier temps. La logique est alors très concrète: plus on urine, plus on a de chances de nettoyer la vessie pour déloger les bactéries indésirables. La stratégie est à tenter sur 48 heures, en association si besoin (et sauf contre-indications) avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens, tels que l'ibuprofène. Dans tous les autres cas ou si les symptômes persistent ou s’accompagnent de signes de gravité (fièvre, présence de sang dans les urines, douleurs dans le bas du dos), une consultation médicale s’impose.

L’infection urinaire est moins grave chez les hommes

FAUX. Pour des raisons anatomiques, les cystites sont moins fréquentes chez les hommes. Et pour cause, les bactéries impliquées provenant des intestins, elles cheminent généralement depuis le rectum vers l’urètre. Celui-ci étant plus court chez les femmes, il expose davantage leur vessie aux contaminations bactériennes. Mais les infections urinaires existent chez les hommes également. Elles peuvent d’ailleurs s’avérer d’autant plus graves qu’une infection de la prostate est possible, engendrant un risque d’abcès localisé et de sepsis (infection généralisée). Un traitement antibiotique sur plusieurs semaines est alors indispensable.

Se laver le plus possible permet de limiter les cystites

FAUX. Douches vaginales, utilisation de gels en tout genre, toilettes intimes répétées tout au long de la journée: ces mesures, parfois adoptées pour contrecarrer les risques d’infections gynécologiques et urinaires, s’avèrent non seulement inefficaces mais surtout contre-productives. Et pour cause, elles exposent à une dégradation de la flore vaginale et de son pouvoir protecteur. Mais les bons réflexes à adopter pour limiter le risque de cystite existent. Parmi eux: boire suffisamment d’eau (1,5-2 litres par jour), limiter le port de sous-vêtements en matières synthétiques et de pantalons trop serrés, ou encore, lors des passages à la selle, s’essuyer de l’avant vers l’arrière pour ne pas contaminer la zone urogénitale. Il est également conseillé aux femmes d’uriner après chaque rapport sexuel. Du côté des traitements préventifs, si malgré sa popularité la canneberge n’a à ce jour pas fait preuve de son efficacité formelle, le D-Mannose, un sucre naturel, montre des résultats prometteurs. Un traitement au long cours à discuter avec son médecin ou son pharmacien.

Certaines périodes de la vie exposent à un risque accru de cystites

VRAI. Modification de la flore vaginale pour la grossesse et la ménopause, affaiblissement du système immunitaire pour les périodes de stress et de fatigue: les situations exposant à un risque accru d’infection urinaire sont nombreuses. Elles sont néanmoins à prendre au sérieux, surtout si les infections s’invitent à répétition ou sont présentes chez des profils à risque : hommes, enfants, femmes enceintes ou encore personnes immunodéprimées (personnes diabétiques, par exemple). Une analyse d’urine et une mise en culture au laboratoire peuvent s’avérer nécessaires pour confirmer la bactérie responsable et ajuster le traitement antibiotique avant que la bactérie ne se multiplie et n’envahisse le reste du système urinaire.

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* Zalmanovici TA, Green H, Paul M, Yaphe J, Leibovici L. Antimicrobial agents for treating uncomplicated urinary tract infection in women. Cochrane Database Syst Rev 2010;(10):CD007182.

Paru dans Planète Santé magazine N° 43 – Décembre 2021

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