La toux sèche: un signal d’alarme émis par le corps

Dernière mise à jour 09/10/13 | Article
La toux sèche: un signal d’alarme émis par le corps
L’automne et l’hiver venant, nous allons à nouveau être secoués par des quintes de toux. Un rhume, une grippe, une bronchite, ou tout simplement le froid, suffisent souvent à déclencher ce phénomène irritant, parfois même épuisant et douloureux.

Rien de plus courant que la toux. C’est en fait un mouvement réflexe, destiné à expulser des voies aériennes les substances indésirables qui les encombrent. Lorsque les poumons ou les bronches perçoivent que des corps étrangers – simples poussières ou agents pathogènes – bloquent le flux d’air, ils envoient un signal au cerveau. Celui-ci réagit alors en fermant la glotte, ce qui augmente la pression dans le thorax. Quand la «vanne» s’ouvre, l’air des poumons est expiré brutalement, plus ou moins bruyamment. C’est la toux.

Celle-ci est dite «grasse» lorsqu’elle s’accompagne de sécrétions – on parle aussi «d’expectorations» ou de «glaires» – et «sèche» ou «irritative» dans le cas contraire.

La toux grasse permet donc d’expulser des poumons le matériel qui l’encombre. Mais la toux sèche, même si elle ne rejette rien, a aussi son utilité. C’est une manière pour notre corps de tirer «un signal d’alarme, pour indiquer qu’il y a une inflammation dans les poumons et qu’il faut cesser de s’exposer à des substances irritantes», précise Laurent Nicod, chef du service de pneumologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Derrière la toux, une infection ou de l’asthme

En elle-même, la toux sèche n’est pas une maladie. C’est un symptôme de diverses pathologies, au premier rang desquelles figurent les infections, surtout virales: rhume, grippe et bronchite. Mais aussi sinusite ou rhinite chronique: «il se forme alors dans le nez quelques sécrétions chargées d’agents infectieux qui, pendant la nuit, descendent dans les bronches et les irritent. En se réveillant le matin, on se met à tousser», explique le pneumologue.

La toux sèche peut aussi provenir d’un reflux gastrique. «L’acidité de l’estomac monte dans la bouche et, lorsqu’on reprend son souffle, elle se loge dans les bronches».

Elle est aussi un «très bon indicateur de l’asthme». Chez les personnes qui ne se savent pas encore atteintes de cette pathologie respiratoire, la toux sert de signe annonciateur. Et si un asthmatique avéré se met à tousser, en particulier la nuit, plus d’une fois par semaine, «cela signifie que sa maladie n’est pas suffisamment traitée.»

Plus exceptionnellement, la toux sèche peut être un symptôme d’une insuffisance cardiaque ou de l’une de ces nombreuses maladies rares regroupées sous l’appellation de «pneumopathies interstitielles». Lorsqu’elle dure plus de trois semaines, elle peut aussi indiquer l’existence d’une maladie grave, comme une tumeur qui irriterait les bronches ou une tuberculose.

La faute au froid

Les pathologies ne sont pas les seules en cause. Le froid «peut provoquer des chocs thermiques qui de plus, assèchent les muqueuses, lesquelles souffrent et libèrent des substances inflammatoires», selon Laurent Nicod. L’effort soutenu peut d’ailleurs avoir le même effet. «50% des nageurs de haut niveau ont un asthme d’effort qui se manifeste d’abord par de la toux. Il est dû au chlore des piscines, mais aussi à la respiration intensive qui affecte les muqueuses.»

Quant au tabac, il est responsable de la fameuse toux chronique des fumeurs.

Et le stress, a-t-il un rôle dans l’affaire? Laurent Nicod en doute. Certes, la nervosité peut créer «de petites toux qui viennent interrompre le rythme du discours». De simples chats dans la gorge, qui sont plutôt une manière pour nous de faire une pause, le temps de reprendre nos esprits. Ou de cacher un moment de gêne, comme se moquait le comique Fernand Raynaud dans son célèbre sketch «Allô Tonton. Pourquoi tu tousses?».

Remèdes de grand-mère

Que faire quand la toux devient trop épuisante? On peut la couper avec des sirops antitussifs, généralement à base de codéine, que l’on peut consommer sans danger «pendant une bonne semaine», d’après le pneumologue.

Lorsque ses patients ont une toux importante et persistante après avoir eu une infection, le médecin du CHUV leur prescrit des macrolides, comme le Zythromax®. Ces molécules, qui ont des propriétés anti-inflammatoires, ont aussi pour effet de supprimer la toux. «Elles sont sous-utilisées par les généralistes et pourtant, elles peuvent être très efficaces.» Mais souvent, les remèdes de grand-mère –le miel, le citron chaud, les tisanes – suffisent à soulager les gorges irritées et permettent d’attendre que les quintes cessent.

A ne pas banaliser

Toutefois, si les quintes durent plus de trois à six semaines sans perdre de leur intensité, il faut consulter. «Cela vaut la peine d’en parler à son généraliste afin qu’il fasse un diagnostic» et qu’il repère la maladie qui se cache derrière la toux. Il faut même se précipiter chez son médecin si l’on a de la peine à respirer (car on peut alors souffrir par exemple d’un pneumothorax) ou si l’on crache du sang, ces deux manifestations accompagnées de toux pouvant être aussi les premiers signes d’une embolie pulmonaire.

Ce qui fait dire à Laurent Nicod qu’il «ne faut pas banaliser la toux», surtout si elle est violente. Car elle peut aussi conduire à des fractures des côtes chez les gens âgés qui ont une ossature fragilisée, ou encore provoquer une hernie abdominale ou des incontinences urinaires ou fécales chez les personnes qui ont tendance à souffrir de ces maux.

Ces complications restent fort heureusement rares. Dans la majorité des cas, la toux sèche est certes un phénomène déplaisant, mais ce n’est que l’un des tristes lots de l’hiver.

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