Diabète: du nouveau dans le traitement de l’œdème maculaire diabétique

Dernière mise à jour 01/10/15 | Article
Diabète: du nouveau dans le traitement de l’œdème maculaire diabétique
Les personnes diabétiques sont particulièrement exposées à des risques de complications oculaires qui peuvent aboutir à une diminution irréversible de la vision. Un nouveau médicament permettant de traiter l’une d’entre elles, l'œdème maculaire diabétique, est désormais pris en charge par la LAMal.

Un diabète mal stabilisé peut générer de nombreuses complications touchant les vaisseaux des reins, des jambes, du cœur, les nerfs en général, ainsi que les yeux. Les diabétiques présentent en effet un risque accru de maladies touchant la vision telles que la cataracte, le glaucome, la rétinopathie diabétique (lire encadré) et l’œdème maculaire diabétique qui concerne un patient sur quinze en Suisse.

L’œdème maculaire diabétique (OMD) est une complication courante de la rétinopathie diabétique. Il résulte d’un processus inflammatoire au fond de l’œil et survient lorsque les petits vaisseaux sanguins de la rétine sont abîmés. L’écoulement de liquide entre les différentes couches cellulaires induit un gonflement au centre de la rétine, aussi appelée macula, la zone d’acuité visuelle maximale de l’œil. Cela génère une vision floue et une perte d’acuité qui ont un impact sur la vie quotidienne puisque les personnes atteintes éprouvent de la difficulté à lire et à conduire. Si d’autres complications du diabète apparaissent dans l’œil, cela peut aussi mener à la cécité. Le diabète reste l’une des principales causes de perte de vision chez la population en âge de travailler dans nos pays développés.

Soulagement

Pour les patients atteints d’OMD, l’autorisation de l'implant corticostéroïdien Ozurdex® en décembre 2014 en Suisse représente un indéniable progrès. «Ce nouveau traitement n’est administré en moyenne que tous les 4 à 5 mois. Pour les patients qui jusque-là se voyaient administrer des injections dans l’œil tous les mois ou tous les deux mois, c’est un vrai soulagement», souligne Gabriele Thumann, médecin-cheffe du service d’ophtalmologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Pris en charge par la LAMal depuis le 1er août 2015, cet implant consiste en un «mini-comprimé» de cortisone. «Ce qui est nouveau, c’est qu’il est livré avec un applicateur qui permet de l’injecter directement au centre de l’œil où il se dégrade lentement en libérant durant 3 à 6 mois le principe actif directement à la rétine. Il neutralise les réactions inflammatoires, réduit le gonflement de la macula et améliore l’acuité visuelle», précise Gabriele Thumann.

L’effet de cet anti-inflammatoire est limité dans le temps et nécessite d’être répété, «mais la diminution de la fréquence des séances d’injection chez l’ophtalmologue offre plus de liberté et surtout beaucoup de soulagement aux patients», souligne encore la spécialiste.

La possibilité d’une augmentation de la tension oculaire figure parmi les effets secondaires liés à l’Ozurdex®, mais celle-ci peut être ramenée à la normale grâce à un traitement par gouttes oculaires.

Comment prévenir

Pour parvenir à guérir un œdème maculaire diabétique et/ou prévenir son aggravation, il est malgré tout essentiel que le diabète soit stabilisé grâce à un bon contrôle du taux de sucre dans le sang ainsi que de la tension artérielle et du taux de cholestérol. Prévenir la perte de vision passe par un examen de la vue annuel avec dilatation de la pupille. Si la maladie est dépistée précocement, des traitements peuvent prévenir et ralentir la progression de la perte de vision, et même l’améliorer.

La rétinopathie diabétique

Pour fonctionner correctement, la rétine (membrane qui tapisse l’intérieur de l’œil) a un très grand besoin d’oxygène et d’énergie, amenés par les petits vaisseaux qui la parcourent. En présence d’un diabète, le sang dans les vaisseaux contient trop de sucre, ce qui abîme les vaisseaux puis entrave le fonctionnement de la rétine. Les cellules nerveuses rétiniennes s’altèrent alors progressivement, entraînant une baisse de la vision.

Un simple examen du fond de l’œil permet de dépister d’éventuelles lésions rétiniennes. Elles apparaissent dans un premier temps sous la forme de petits points rouges, des microhémorragies, ou de petites dilatations des vaisseaux qui n’ont pas de conséquences sur la vision.

Le dépistage des atteintes du fond de l’œil (rétine) est parfois difficile à comprendre pour le patient diabétique car les lésions de la rétine sont souvent non remarquées et indolores. Lorsque le patient constate une baisse de la vision, les lésions sont déjà bien avancées. Un dépistage précoce effectué par un ophtalmologue est donc recommandé dès l’annonce du diagnostic de diabète. Si aucune atteinte n’est visible, un contrôle ophtalmique annuel suffit. En cas d’atteinte, une visite tous les six mois sera souvent conseillée.

Mieux vaut prévenir que guérir. Car les conséquences sont fâcheuses. A un stade plus avancé, le patient risque une rétinopathie proliférative. Quand de nombreux vaisseaux rétiniens sont bouchés, la rétine souffre d’un manque d’oxygène, ce qui va générer la fabrication dans l’œil de nouveaux vaisseaux (ou néo-vaisseaux). Ces derniers sont fragiles, ce qui entraîne des saignements dans l’œil et peut provoquer une baisse brutale de la vision.

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