Sucre: les édulcorants artificiels ne sont pas une solution miracle

Dernière mise à jour 14/07/16 | Article
Les édulcorants artificiels sont très populaires pour lutter contre l’obésité et le diabète de type 2. Leur efficacité n’est cependant pas avérée et il est nécessaire d’y recourir avec prudence.

L’obésité et le diabète de type 2, des maladies liées notamment à la consommation de sucre, sont en forte progression dans le monde. Les édulcorants artificiels apparaissent comme le meilleur moyen d’y remédier. Ces substituts permettent à première vue d’obtenir le goût désiré –leur pouvoir sucrant est jusqu'à 300 fois plus élevé que celui des édulcorants naturels– tout en évitant l’apport calorique. Des qualités qui expliquent leur succès: sur le marché depuis plus d’un siècle, leur utilisation est en constante augmentation.

Pas d’impact significatif

Pourtant, les études menées ces quarante dernières années ne permettent pas d’affirmer avec certitude qu’ils ont un impact significatif sur le contrôle du taux de sucre dans le sang. Les conclusions divergent: certaines recherches montrent que les édulcorants artificiels induisent une prise de poids et l’augmentation du diabète de type 2. Une étude publiée dans la revue Nature indique aussi qu’ils pourraient entraîner une intolérance au glucose, ce qui signifie que le taux de sucre dans le sang reste globalement trop élevé, ce qui entraîne un état pré-diabétique. Par ailleurs, les personnes qui recourent aux édulcorants ont tendance à compenser les calories économisées en augmentant la consommation d’autres types d’aliments, ce qui peut augmenter l’apport calorique global.

D’autres études indiquent que les édulcorants artificiels ont un effet positif sur le taux de sucre dans le sang, et d’autres encore concluent à leur absence d’effet, les comparant à un placebo. L’interprétation des résultats est encore compliquée par le fait que les édulcorants sont généralement consommés par des personnes qui risquent déjà fortement de développer un diabète.

Privilégier le naturel

Les édulcorants artificiels ne sont donc pas une solution miracle. Ils ne représentent une alternative aux nourritures à sucres ajoutés que si leur usage reste modéré. Enfin, il faut garder à l’esprit que les aliments issus d’un processus industriel ne remplaceront jamais les denrées et boissons naturelles comme les fruits, les légumes et l’eau: ces derniers doivent toujours être privilégiés.

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Références

Adapté de «Edulcorants artificiels et diabète: faux amis?», Drs Christel Tran et François R. Jornayvaz, Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, Centre des maladies moléculaires (CT) CHUV, 1011 Lausanne, In Revue Médicale Suisse (2015;11:1246-9). En collaboration avec les auteurs.

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