Régimes: non, le «yo-yo» n’est pas une fatalité

Dernière mise à jour 30/08/12 | Article
Une balance et un yo-yo
Celles et ceux qui cherchent à perdre du poids ont souvent fait l’expérience de l’alternance de ces épisodes récurrents où l’aiguille de la balance ressemble à celle d’une horloge. Rien ne sert pourtant de désespérer. En voici une preuve revigorante.

Perdre du poids est toujours possible. Y compris quand on a fait l’expérience (récurrente) des passages «yo-yo» (1)  avec pertes puis reprises de poids. C’est la conclusion d’une étude, menée par le Fred Hutchinson Cancer Research Center et l'Université de Washington. Elle est publiée dans l’édition du 14 août de la revue Metabolism et mérite que l’on s’y arrête un instant.

Son titre est “History of weight cycling does not impede future weight loss or metabolic improvements in postmenopausal women”. Un traducteur tâtonnant dirait qu’il s’agit là d’un travail établissant que des expériences de cycles pondéraux n’interdisent, à l’avenir, ni des pertes de poids durables, ni des améliorations de la situation métabolique chez des femmes ménopausées. On peut aussi, plus simplement et en élargissant le propos, dire que des expériences de yoyo ne condamnent pas celles (et ceux) qui les ont vécues à les revivre pour l’éternité.

L’expérience du yoyo pondéral, donc, n’est ni agréable ni efficace pour ce qui est de la perte de poids. Mieux vaut (quand on le peut) respecter les principes de base que sont l’alimentation équilibrée et la pratique conjointe de l’exercice physique. Pour autant, cette étude souligne que des tentatives précédentes et infructueuses ne doivent pas décourager les femmes en surpoids ou souffrant d’obésité.

Ne pas se décourager

Dirigée par Caitlin Mason et le Dr Anne McTiernam, cette étude a été menée auprès de femmes ménopausées, en surpoids ou obèses, ayant des antécédents de régimes yo-yo. Les auteurs ont cherché à savoir si, tout bien pesé, ces femmes étaient ou non dans une situation désavantageuse par rapport à celles qui n'avaient pas fait l’expérience des épisodes successifs de pertes et de reprises de poids. Ici le régime dit «yo-yo» était défini comme un cycle durant lequel il y a eu perte de 10 kg puis reprise du même poids ou plus.

Les chercheurs américains ont ainsi recruté, entre 2005 et 2009, 439 femmes ménopausées. Ces femmes étaient âgées de 50 à 75 ans, en surpoids ou obèses (IMC> 25kg/m2). Les chercheurs ont réparti au hasard ces volontaires dans différents programmes d’une durée d’un an. Soit un régime alimentaire avec des apports caloriques réduits, soit la pratique d’un exercice physique, soit les deux. Avec contrôle par un groupe témoin. Durant cette étude, les chercheurs ont étudié différentes  modifications concernant le poids, la pression artérielle, la glycémie, le taux d'insuline, la protéine C réactive, etc.

Au départ, ils ont observé que 24% des femmes répondaient à leurs critères de cycles «yo-yo» considérés comme «modérés» et 18% aux critères d’antécédents «yo-yo» qualifiés de «sévères». Et au final, après une année de suivi, les auteurs constatent que les femmes à antécédents de régimes «yo-yo» ne sont pas dans une situation désavantageuse pour ce qui est de la perte de poids. En effet, l’évolution des différents critères, quel que soit le programme d’affectation, ne diffère pas de manière significative chez ces femmes à antécédents «yo-yo» par rapport à celles qui n’avaient pas connu ces expériences souvent déprimantes. Il apparaît aussi que  l'adhésion aux différents programmes proposés ne montre pas de différence, ce qui suggère que de tels antécédents ne sont nullement des obstacles à de nouvelles tentatives et qu’ils ne nuisent pas aux résultats escomptés.

Un constat valable pour d'autres domaines

«Des échecs de perte de poids ne doivent pas dissuader de se lancer dans de futures tentatives ou minimiser l’importance d'une alimentation saine et d’activité physique régulière pour un contrôle réussi de son poids» conclut le Dr Anne McTiernan. On observera que ce type de message revigorant (ce n’est pas parce que l’on a échoué à plusieurs reprises que la prochaine tentative ne sera pas la bonne) vaut pour bien d’autres domaines, qu’il s’agisse de sport ou de lutte contre les addictions. A commencer par celles au tabac; et à l’alcool.

(1) «Yoyo»? «Yo-Yo»? «yo-yo»? Pressés d’en finir les dictionnaires français expédient généralement l’affaire en parlant d’une arrivée en 1931 et d’un nom de marque que l’on tient pour être d’origine chinoise passé par les Philippines et désignant un jouet formé d’un disque évidé par le milieu de la tranche et que l’on fait descendre et monter le long d’un fil enroulé autour de son axe. Autant dire un supplice chinois. Exemple: le prix du pétrole joue au yoyo. On connaît sa signification dans le champ miné de la diététique et des régimes. On observera qu’il a aussi contaminé la neurologie avec sa déclinaison en un verbe du premier groupe: yoyoter (certains se plaisent à doubler le t) auquel on préfèrera, dans les soupers en ville, perdre la tête ou divaguer. On retrouve la neurologie (avec une piquante redondance anatomique) dans la célèbre locution yoyoter de la touffe: une manière parmi tant d’autres de dire que la folie fait peur puisqu’elle génère, avec ambages, la circonlocution.     

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