Les mécanismes du poids

Dernière mise à jour 12/08/15 | Article
Les mécanismes du poids
C’est autant une histoire personnelle qu’une véritable question de société aux enjeux sanitaires et économiques de taille. Le poids nous concerne tous. Dans le monde, 39% des adultes (18 ans et plus) sont en surpoids tandis que 13% souffrent d’obésité, d’après de récentes (2014) estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon cette même source, le surpoids et l’obésité concernaient près de 42 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde en 2013.

On en a souvent une légère idée… mais pour savoir si on a un poids sain, le premier réflexe est de monter sur la balance. Or, elle n’est pas forcément le meilleur juge, selon le Dr Dimitrios Samaras, spécialiste en nutrition à Genève pour qui le poids est comme une «boîte noire».

Mesurez votre tour de taille

Pour en avoir une meilleure estimation, il faut d’abord mettre en rapport son poids et sa taille, en calculant son indice de masse corporelle (IMC). Cet outil permet d’estimer rapidement le surpoids et l’obésité de l’adulte, quels que soient son âge et son sexe. La formule est simple: il suffit de diviser le poids (en kg) par la taille (en m) au carré (voir infographie).

Un IMC normal correspond à une valeur entre 18,5 et 24,9 kg/m2. Un IMC égal ou supérieur à 25 indique un surpoids. Egal ou supérieur à 30, il est synonyme d’obésité. Au-delà de 40, on parle d’obésité morbide, ce qui signifie que l’excès pondéral est fortement lié à d’autres maladies telles que le diabète, l’hypercholestérolémie, les apnées du sommeil, des douleurs ostéo-articulaires, etc.

Une question de centimètres?

L’IMC définit avant tout une zone de normalité, mais l’outil à lui seul ne suffit pas car ne tient pas compte de la constitution de la personne, de sa composition corporelle (rapport entre masse grasse et masse musculaire) et de la localisation de la graisse, comme l’explique Dominique Durrer, médecin spécialiste en nutrition à Vevey et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet: «Une personne très musclée peut avoir un IMC élevé, alors qu’elle a plus de muscles que de graisses». Il faut donc mesurer également le tour de taille, grâce à un ruban que l’on place à mi-distance entre la dernière côte et la pointe de la hanche, à la fin d’une expiration normale (voir infographie). Un tour de taille élevé indique la présence de graisse intra-abdominale, qui est un facteur de risque de diabète et de maladies cardio-vasculaires.

Indice de masse corporelle

Une silhouette en pomme ou en poire?

Utile, la graisse est toutefois nocive si on en a trop et en particulier sur certaines parties du corps. A cet égard, les spécialistes distinguent deux formes d’obésité: androïde (en forme de pomme) et gynoïde (en forme de poire) (voir infographie). Quand la graisse se concentre sur le haut du corps (tronc et abdomen), elle expose davantage aux risques évoqués ci-dessus. Cette silhouette «pomme» est plus courante chez les hommes. Quand la graisse est localisée surtout dans le bas du corps (les hanches, les cuisses et les fesses), elle a une fonction plus protectrice (par exemple, réserve en période d’allaitement). Cette silhouette «poire» est plus courante chez les femmes.

Silhouette en forme de pomme – Silhouette en forme de poire

 De la graisse ou du muscle?

Au-delà du nombre de kilos sur la balance, c’est avant tout la composition corporelle qui compte, soit la répartition entre la masse grasse et la masse maigre (muscles, eau et organes). Retrouver un poids sain consiste à faire fondre la graisse tout en préservant voire en augmentant sa masse musculaire. C’est grâce à la pratique d’une activité physique que l’on va pouvoir améliorer la composition corporelle et affiner son tour de taille. Pour évaluer le taux de graisse –que l’on va corréler avec l’âge, le poids, la condition physique– il faut recourir à un système de bio-impédance, de préférence auprès d’un spécialiste. Une balance à impédancemétrie envoie une impulsion électrique dans chaque jambe, tandis que deux électrodes analysent le haut du corps. Le courant de faible intensité parcourt l’eau qui se trouve dans les muscles et rencontre une plus grande résistance lorsqu’il s’agit de tissus adipeux. Basées sur deux points, les balances du commerce donnent des indications imparfaites car ne tiennent pas compte du haut du corps.

A LIRE AUSSI

Microbiote
Il est parfois difficile de distinguer les douleurs de l’intestin de celles de l’estomac

Maux de ventre et ballonnement, ça s’explique

Au plaisir de déguster un bon repas se succèdent parfois des désagréments digestifs tels que des maux...
Lire la suite
Anémie
Femme fatiguée

Le manque de fer touche surtout les femmes

Lors de grosses fatigues, on oublie souvent de chercher du côté d'une carence en fer. Or, ce phénomène...
Lire la suite
Anémie
Et si c’était un manque de fer?

Et si c’était un manque de fer?

Perte de cheveux, ongles fragilisés et fatigue sont les signes d’une carence, souvent féminine, qui se...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
faute_fodmap

Ballonnements, diarrhée, mauvaise digestion… et si c’était la faute des FODMAP?

Ces sucres à chaînes courtes peuvent causer des problèmes aux personnes sensibles, mais attention à ne pas les éviter sans raison.
graisses_role_benefique

Les graisses jouent un rôle bénéfique pour la santé

Pendant longtemps, le dogme d’une alimentation pauvre en gras a prévalu. Une étude, parue dans le très sérieux « Lancet », bouscule aujourd’hui cette affirmation.
Puls_jeune_fausse_idee

Le jeûne, une fausse bonne idée

Le jeûne véhicule une image de pureté, de maîtrise de soi et de santé. Mais cesser de s’alimenter pendant plusieurs jours est-il vraiment raisonnable pour la santé? Le point avec le Pr Claude Pichard, responsable de l’unité de nutrition aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).
Videos sur le meme sujet

Comment maigrir et stabiliser son poids?

Est-il possible de maigrir sans regrossir?

Le piège des régimes

Longtemps on a pensé que les régimes hypocaloriques étaient le seul moyen de perdre du poids.

Les effets des régimes hyperprotéiques

Huma Khamis se penche sur les effets des régimes hyperprotéiques.