Les nouvelles tendances de l’alimentation

Dernière mise à jour 01/04/17 | Article
Puls_alimentation_nouvelles_tendances
Manger, c'est une histoire d’émotions très personnelle.

Une alimentation saine, c’est aussi «se préoccuper de notre manière de vivre –activité physique, sommeil–, de notre état de stress et de nos émotions», défend le Dr Zoltan Pataky, médecin adjoint au service d’enseignement thérapeutique pour les maladies chroniques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Et considérer aussi que l’alimentation est un plaisir, voire, pour certains, une récompense. C’est pour cela que se focaliser sur une alimentation «prescrite» est contreproductif. Pour preuve les régimes restrictifs qui, à terme, font prendre du poids et que l’on bannit aujourd’hui. Les dérèglements alimentaires et autres excès de poids peuvent être liés à des difficultés à gérer ses émotions, à une mauvaise estime de soi et du corps, et à des habitudes alimentaires délétères.

Pour aider ceux qui souffrent des conséquences d’une alimentation déséquilibrée ou de problèmes métaboliques, le service d’enseignement thérapeutique des HUG propose divers programmes ambulatoires. L’approche est pluridisciplinaire (diététique, comportement alimentaire, activité physique) et le suivi personnalisé. On apprend à mieux connaître les aliments, les maladies, à gérer ses émotions, ses pulsions, à déguster pour retrouver peu à peu une relation saine avec la nourriture. «On prend en considération les habitudes de la personne, son contexte de vie et ses obligations pour que nos conseils puissent être applicables à long terme». Et surtout, on se donne du temps: «Modifier ses habitudes est une pression. Nous avançons pas à pas et fixons des objectifs très progressivement», rassure le Dr Zoltan Pataky.

La nutrition personnalisée

«Une prise alimentaire peut avoir des effets très variés d’un individu à l’autre. Chacun a probablement des besoins très différents», estime le Pr Jacques Philippe, responsable de l’unité d’endocrinologie, diabétologie et nutrition des HUG. De plus en plus, on voit dans la notion d’équilibre alimentaire quelque chose de très personnel. Car nos besoins énergétiques sont en grande partie déterminés par des facteurs individuels tels que la dépense énergétique, mais aussi l’âge, le sexe et le métabolisme.

Et si, demain, la science de la nutrition se personnalisait? La nutrigénomique, qui s’intéresse aux liens entre nutrition et génétique dans une perspective préventive et thérapeutique, existe déjà et est en plein développement. Mais dans le futur, pour le Dr Samaras, «la science s’intéressera de plus en plus aux propriétés thérapeutiques des aliments et à la recherche d’aliments fonctionnels». Aujourd’hui, on suppose déjà que les aliments eux-mêmes pourraient avoir une influence sur notre dépense énergétique, soit en l’abaissant, soit en l’augmentant. Nul doute que l’industrie agroalimentaire saura emboîter le pas pour proposer aux consommateurs des aliments censés résoudre leurs problèmes de santé.

Il n’y a pas que les vitamines dans la vie ou l’histoire de l’orange

«Buvez du jus d’orange! C’est plein de vitamine C». Ce conseil n’est pas dénué de sens, mais doit être nuancé. Oui, l’orange a une teneur élevée en vitamine C, mais elle est aussi riche en tout plein de molécules (des antioxydants par exemple) bonnes pour la santé. Donc, un jus d’orange vaut bien mieux qu’un simple comprimé de vitamine. Mais surtout, si on veut vraiment bien faire, il est meilleur, sur le plan nutritionnel, de manger le fruit entier plutôt que de boire seulement son jus. Car, cloisonnés dans les fibres, les sucres sont digérés plus lentement et sont libérés progressivement dans le sang, à mesure des besoins en énergie. Ceci évite les stress métaboliques provoqués par un sucre simple, une situation se produisant par exemple quand on consomme une pâtisserie ou une barre chocolatée.

Mais l’orange n’est qu’un exemple. Pour retirer tous les avantages de n’importe quel aliment, il est préférable de privilégier le produit frais, non transformé, et de le consommer au plus près de son état naturel.

__________

Article repris du site  pulsations.swiss

A LIRE AUSSI

Troubles digestifs
pancreas

Le fragile pancréas est une glande essentielle à la digestion

Peu connu, c’est pourtant un organe majeur. On ne le prend en compte qu’à partir de l’apparition des...
Lire la suite
Constipation
constipation_hemorroides_lies

Constipation et hémorroïdes: des phénomènes parfois liés

Les hémorroïdes sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Dans certains cas, elles peuvent être prévenues...
Lire la suite
Microbiote
Il est parfois difficile de distinguer les douleurs de l’intestin de celles de l’estomac

Maux de ventre et ballonnement, ça s’explique

Au plaisir de déguster un bon repas se succèdent parfois des désagréments digestifs tels que des maux...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
LMD_comment_brûles_calories

Dis-moi comment tu brûles tes calories…

Calories absorbées, calories dépensées: est-il vraiment possible de trouver l'équilibre parfait et de le conserver sur le long terme? Une étude montre que notre métabolisme change radicalement à certains âges.
LMD_nutrition_anti_inflammatoire

La nutrition anti-inflammatoire, une piste à suivre

Adapter son alimentation pour réduire les symptômes liés à une inflammation chronique, tel est l’objectif du régime anti-inflammatoire. Décryptage d’une tendance.

Manger sainement pour ses yeux

Comme les autres parties de notre corps, les yeux profitent d’une alimentation saine et variée. En cas de maladie oculaire, l’apport de nutriments ciblés pourrait même soutenir la guérison.
Videos sur le meme sujet

Ça n'a pas de science !... Les régimes amaigrissants

Il y a les opinions, les rumeurs, les modes et il y a la science.

J’aimerais manger moins de sucre, pourquoi est-ce si difficile?

Très présent dans notre alimentation, le sucre peut être néfaste pour notre santé. En consommer moins peut toutefois s’avérer compliqué, pourquoi?

Nutrition et santé cardio-vasculaire

Végétarisme, flexitarisme, régime omnivore… comment les différentes manières de s'alimenter influencent-elles les risques cardio-vasculaires?