«Le pire ennemi d’un sportif de haut niveau, c’est la blessure»

Dernière mise à jour 24/01/22 | Questions/Réponses
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Se mesurer sur le gazon à son idole de toujours est désormais chose faite pour Vincent Sierro. Le milieu de terrain du BSC Young Boys de Berne s’est récemment illustré lors d’un match de la ligue des Champions face au Manchester United de Cristiano Ronaldo. Rencontre avec un jeune talent qui n’a pas fini de surprendre.

Bio express

8 octobre 1995: Naît à Sion (Valais).

1999: Commence le football à l’âge de 4 ans.

2015: Remporte la Coupe Suisse avec le FC Sion.

2017: Signe avec le SC Fribourg.

2019: Signe avec le BSC Young boys (Berne) pour 4 ans.

        

Quel est votre plus beau souvenir de compétition?

Il y en a plusieurs, notamment la première fois que je suis devenu champion suisse avec le BSC Young Boys. Autre moment marquant, mon premier but en professionnel avec le FC Sion, dans le stade où j’ai grandi, où j’ai appris à jouer au foot. C’était un moment très spécial. J’ai réalisé ce jour-là que tout était possible.

Vous avez récemment été blessé au genou, comment traversez-vous ce genre d’épreuve?

En effet, j’ai eu une grosse déchirure des ligaments internes en 2019 qui m’a éloigné des terrains durant plusieurs mois. Je suis revenu un peu trop vite et j’ai eu une nouvelle blessure, une fracture de fatigue au pied. J’ai dû apprendre à écouter davantage mon corps et à être patient…

La patience est en effet un apprentissage nécessaire pour le sport de haut niveau…

Une personnalité qui vous inspire?

Cristiano Ronaldo, par sa capacité à toujours tout mettre en œuvre pour réussir. C’est l’exemple typique du professionnalisme poussé au maximum.

Un mantra que vous vous répétez souvent?

Be the better you – Sois la meilleure version de toi-même.

Un adjectif qui vous qualifie?

Déterminé.

Oui, absolument. Mais je pense qu’on apprend en vieillissant, au fil des blessures. Les premières fois, on est impatient, on veut revenir vite sur le terrain, mais ce n’est pas la bonne stratégie. Il faut donner du temps à son corps et savoir revenir quand il est prêt à 100%.

Comment avez-vous appris à gérer ces blessures?

Pour n’importe quel sportif de haut niveau, la blessure est la plus grande crainte, c’est l’ennemi. Le football est un sport de contact, c’est d’ailleurs ce qui est à l’origine de la plupart des blessures. On ne peut pas toujours les éviter, mais on peut apprendre à affronter les duels de façon plus intelligente. Au-delà de ça, d’une façon globale, j’essaye d’être le plus professionnel possible. Je fais attention à tous les aspects de ma santé et je vais rapidement voir les physiothérapeutes quand je sens que quelque chose ne va pas.

Comment appréhendez-vous le stress avant une compétition importante?

J’essaye toujours de relativiser et de penser à l’essentiel: le plaisir. J’aime le foot depuis que je suis tout petit, j’ai toujours voulu faire ça. Alors je fais en sorte de ne pas l’oublier.

L’alimentation est-elle un facteur important de votre conception de la santé?

Oui, très. J’ai la chance d’avoir été élevé par des parents pour qui bien manger était important: cuisinier sainement, avec des produits locaux, boire uniquement de l’eau… Depuis quelques années, j’ai également un plan personnalisé par rapport à mes besoins, établi par des nutritionnistes. Pour moi l’alimentation est un facteur absolument clé.

Êtes-vous sensible aux médecines alternatives?

Oui, je suis assez ouvert, je ne suis pas du genre à penser qu’un seul chemin est le bon. Dès que quelque chose peut m’être bénéfique, comme la médecine chinoise, l’acupuncture… je le fais.

La crise Covid a-t-elle modifié votre pratique du sport?

Le plus difficile pour moi – au-delà des tests PCR quasi quotidiens! – a été de jouer sans supporters dans les stades. Ça a été très dur sans cette ambiance, sans cette émotion. C’est un sport de partage, les supporters nous «portent» véritablement.

Dans les gradins, votre famille est d’ailleurs souvent présente. En quoi est-ce important pour vous?

J’ai deux frères dont je suis très proche, qui ont toujours joué au foot. C’est une passion familiale. Avec mes parents, ils me soutiennent, viennent voir mes matchs, m’apportent beaucoup. La première chose que je fais quand je marque un but, c’est aller les voir. Je retire une grande force de leur présence à mes côtés.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite?

D’être en bonne santé, c’est l’essentiel.

_______

Paru dans le hors-série «Votre santé», La Côte/Le Nouvelliste, Novembre 2021.

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