Jennifer Covo: «J'apprécie qu'une certaine distance soit préservée entre le médecin et son patient. Chacun son rôle.»

Dernière mise à jour 26/11/15 | Article
Jennifer Covo: «J'apprécie qu'une certaine distance soit préservée entre le médecin et son patient. Chacun son rôle.»
Présentatrice du Téléjournal à la Radio Télévision Suisse, Jennifer Covo nous dévoile quelques aspects de son quotidien. Joyeuse et pleine d’énergie, la belle nous confie d’entrée de jeu qu’elle n'est pas «amatrice des interviews people». Elle se prête néanmoins au jeu avec enthousiasme.

P.S.: Personnalité médiatique, vous avez le devoir d’être quotidiennement présentable. Quels sont vos secrets pour garder la forme et la santé à tout moment?

J.C.: Il est vrai que lorsque vous faites de la présentation, vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir une tête de 10 kilomètres de long et d’avoir mal dormi la veille. Il faut toujours être en forme. Ce n’est pas un mythe. Je ne suis pas une personne qui mène une vie particulièrement réglée et calculée. De plus, je suis une couche-tard, lève-tard, ce qui n’est pas exactement idéal lorsque vous présentez le 12h45! L’essentiel, selon moi, c’est de pouvoir dormir. J’ai besoin de mes huit heures de sommeil pour fonctionner et d’environ deux ou trois cafés pour démarrer la journée.

Présenter les nouvelles, en direct, requiert une certaine tolérance au stress et à l’adrénaline. Pouvez-vous nous décrire ce qui se passe physiquement et psychiquement lorsque vous passez à l’antenne?

Lorsque vous travaillez dans la présentation du Téléjournal, vos journées se structurent autour d’une montée progressive de stress et de concentration. Pour moi, ce stress est absolument bénéfique. Si je ne stressais pas, je pense que je n'y arriverais pas. C’est justement cette montée d’adrénaline qui me permet de me concentrer, d’être rapide, efficace et claire. Au lieu de me plonger dans un état de panique, elle me calme et me permet de me centrer sur l’essentiel.

L’expérience ne permet-elle pas d’adoucir cette montée de stress?

L’expérience permet une certaine aisance, notamment à l’antenne, mais chez moi elle n’a absolument aucun effet sur l’intensité de mon stress. Quoiqu’il arrive, je suis toujours stressée et, deux minutes avant de passer à l’antenne, j’ai mal au ventre. Toujours. Je me dis «Mon dieu qu’est-ce que je fais là!» et 5, 4, 3, 2, 1… l’émission débute et le stress disparaît entièrement. Je suis dedans.

Sur quoi vous concentrez-vous pendant l’émission?

C’est comme un show. Quand l’émission débute, vous avez des téléspectateurs qui vous regardent et vous devez leur raconter une histoire. Il vous faut donc intégrer complètement le sujet que vous présentez. Même si c’est du journalisme, la présentation exige une transmission agréable des informations. Lorsque je parle d’une avalanche, je pense à l’avalanche et non à mon bouton sur le nez ou à ma coupe de cheveux. Si je n’entrais pas entièrement dans mon sujet, le téléspectateur s’ennuierait profondément, et surtout l'information serait mal communiquée et donc mal comprise.

Que se passe-t-il après l’émission?

Il y a le débriefing, qui représente pour moi un moment de plénitude où je ne sais plus très bien où je me trouve. Je souffle. La mission est accomplie, je suis contente, parfois moins. C’est comme un sport. Avec une montée d’adrénaline, puis une descente. A la fin, vous décompressez.

Bio Express

1978 Naissance à Genève.

2003 Licence en sciences politiques à l’Université de Genève

2006-2008 Journaliste pour les matinales de One FM

2008-2010 Journaliste, présentatrice à Léman Bleu

Depuis 2010 Journaliste à la Radio Télévision Suisse

2012 Présentatrice de Couleurs locales

Depuis 2013, journaliste économique. Présentatrice remplaçante du 12h45 et weekend. Présentation des résultats durant les émissions politiques.

Un loisir que vous pratiquez en dehors de votre métier?

J’adore bouquiner. Je lis de la littérature et passablement d’essais politiques et économiques. En revanche, j’évite les romans à l’eau de rose qui m’intéressent peu.

Deux auteurs que vous appréciez particulièrement?

J’apprécie plusieurs styles différents. Cela va de William Faulkner à Jean Teulé!

Pratiquez-vous un sport?

Non. Je bois du coca light, du café, je fume, ce qui n’est pas bien du tout et je ne fais aucun sport! Mais, je vous rassure, faire du sport fait partie de mes bonnes résolutions! J’ai d’ailleurs repris le ski cette année. Comme les enfants, j’ai pris des cours avec un moniteur.

Vous possédez l’oreille absolue. Jouez-vous d’un instrument?

Lorsque j’entends une musique ou une mélodie qui me plaît, je m’amuse parfois à la reproduire sur mon piano. Mais afin de perfectionner ma façon de jouer, je devrais suivre quelques cours avec un professeur. Avec le sport, cela fait partie de mes bonnes résolutions 2016.

Que pensez-vous du système de santé suisse?

Nous avons la chance, surtout par rapport à d’autres pays, d’avoir un système de santé de qualité. Maintenant, il est vrai que la question du coût de la santé ne peut être ignorée. Dans un budget, les assurances maladies représentent, pour une grande partie de la population, une charge très lourde. La difficulté consiste donc à trouver un équilibre entre le coût de la santé et sa qualité. Comment préserver la qualité tout en payant moins? C’est tout l’enjeu.

Quelles qualités recherchez-vous chez un médecin?

L’écoute et, bien sûr, le professionnalisme. J’apprécie aussi qu’une certaine distance soit préservée entre le médecin et son patient. Chacun son rôle. Lorsque je me rends chez le médecin, ce n’est en tout cas pas pour m’épancher sur ma vie privée.

Quel type de patiente êtes-vous?

Je ne suis absolument pas hypocondriaque. Je me rends chez le médecin quand je ne suis vraiment pas en forme et j’évite, dans la mesure du possible, les médicaments.

Une maladie qui vous fait particulièrement peur?

Le cancer. Ce qui est paradoxal vu que je fume des cigarettes. Mais je focalise peu sur ma santé. Je me dis rarement «Ah, demain je vais avoir ceci ou cela». En revanche, je me sens très concernée par la santé de mes proches. Dès qu’ils ont le moindre bobo, je les envoie chez le médecin.

Si vous étiez étudiante en médecine, vers quelle spécialité vous dirigeriez-vous d’instinct?

Vers la psychiatrie. C’est d’ailleurs une voie professionnelle que j’ai sérieusement considérée.

Si vous étiez milliardaire philanthrope, dans quelle cause investiriez-vous immédiatement?

Dans la lutte contre la maltraitance des enfants. S’il y a une chose qui me touche profondément, c’est que l’on puisse faire du mal à des enfants.

Si vous pouviez vous réincarner…

Oh mon dieu! Je peux déjà vous dire que je ne crois absolument pas à la réincarnation.

Mais, si vous pouviez choisir de revenir, quel métier choisiriez-vous?

Dans ce cas, je reviendrais en comédienne. Ou, si je pouvais avoir le don de l’écriture, en écrivain. En femme écrivain.

Auriez-vous aimé vivre à une autre époque?

Non. Nous pouvons dire tout ce que l’on veut mais notre époque a ses avantages. Bien sûr, certaines choses vont moins bien qu’avant, mais rien que le fait que je puisse aller voter, que je puisse donner mon avis… vous vous rendez compte! Il n’y a pas si longtemps, on m’aurait demandé de rester à la maison et de faire à manger. Donc pour rien au monde je ne reviendrais en arrière.

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