Un nouveau laser pour le traitement de la prostate

Dernière mise à jour 15/04/13 | Article
Un nouveau laser pour le traitement de la prostate
Un laser permet d’opérer l’hyperplasie bénigne de la prostate. Contrairement aux interventions classiques, l’endovaporisation de la prostate au laser peut se faire sous traitement antiagrégant ou anticoagulant.

Chez l’homme âgé, il est très courant que la prostate grossisse et interfère avec l’écoulement de l’urine. On appelle ce trouble hyperplasie bénigne de la prostate et le nombre de patients concernés devrait fortement augmenter ces prochaines années. Les données sur l’espérance de vie prévoient en effet un vieillissement de la population faisant tripler les tranches d’âge de plus de 80 ans entre 2010 et 2050. Du fait de cette évolution démographique, le risque d’embolies (l’obstruction d’un vaisseau, par exemple par un caillot de sang) devrait suivre cette évolution, et par conséquent la prescription de traitements antiagrégants ou anticoagulants (des médicaments qui empêchent la formation de caillots) augmenter d’autant.

Quand les symptômes de l’hyperplasie bénigne de la prostate sont légers – ce qui est le cas chez environ 60% de la population masculine de plus de soixante ans –, le traitement se fait principalement par la prescription de médicaments. Si les symptômes sont jugés plus sévères – comme c’est le cas pour 30% de la population de plus de septante ans – ou si les médicaments n’obtiennent pas l’effet désiré, les prostates de petit et moyen volumes (moins de 80 ml) étaient traditionnellement opérées par endoscopie, et celles de grand volume par chirurgie ouverte.

Nouvelles techniques

De nouvelles techniques chirurgicales ont été développées ces dernières années comme alternative. L’une d’entre elle, utilisée depuis une dizaine d’années, est l’endovaporisation prostatique au laser (EVPL). Ses avantages principaux sont une diminution de la durée du séjour après l’opération et la possibilité d’effectuer l’intervention sans interrompre le traitement antiagrégant ou anticoagulant.

L’opération «classique» de la prostate par endoscopie, c'est-à-dire par l’introduction, dans l’urètre, d’un outil par lequel passe un courant électrique monopolaire permettant de couper les tissus cellulaires et de les coaguler, est limitée par deux facteurs: la prise par voie orale d’anticoagulants ou d’antiagrégants plaquettaires ainsi que le volume de la prostate. Si ce dernier est élevé, la durée de l’intervention peut se prolonger et donner lieu à des complications.

Tout comme la REP, l’endovaporisation prostatique au laser atteint sa cible en passant par l’urètre. Une fibre optique délivre l’énergie générée par le laser de sorte à former des bulles de vapeur d’eau à l’intérieur des tissus ciblés, provoquant l’explosion des cellules.

Données encore à récolter

Plusieurs études ont tenté de comparer l’efficacité des traitements par endoscopie et EVPL. La mesure du débit maximum uriné après opération donne des résultats similaires indépendamment du type d’opération. Le laser occasionnerait moins de complications hémorragiques. Le suivi à long terme de ces études fait à l’heure actuelle encore défaut, faute de recul pour cette technique très récente.

Pour les cas les plus courants, l’EVPL semble être une bonne alternative à l’endoscopie. Elle permet une chirurgie sûre et efficace, fait bénéficier plus de patients d’une technique peu invasive et offre aux chirurgiens un gain de temps et de confort opératoire.

Référence

Adapté de «Nouvelle génération de laser pour le traitement de l’hyperplasie bénigne de la prostate», Drs Johannes Hauser, Christophe E. Iselin, in Revue médicale suisse 2012; 8: 2340-3, en collaboration avec l'auteur.

A LIRE AUSSI

Santé des people
Jennifer Covo: «J'apprécie qu'une certaine distance soit préservée entre le médecin et son patient. Chacun son rôle.»

Jennifer Covo: «J'apprécie qu'une certaine distance soit préservée entre le médecin et son patient. Chacun son rôle.»

Présentatrice du Téléjournal à la Radio Télévision Suisse, Jennifer Covo nous dévoile quelques aspects...
Lire la suite
Santé des people
Robin Williams aurait souffert de la démence à corps de Lewy

Robin Williams aurait souffert de la démence à corps de Lewy

Cette maladie dégénérative du cerveau ressemble à la fois à la maladie de Parkinson et à celle d’Alzheimer....
Lire la suite
Recherche et nouveaux traitements
Avancée dans la compréhension des douleurs neuropathiques

Avancée dans la compréhension des douleurs neuropathiques

Les antalgiques classiques s’avèrent souvent impuissants face à une catégorie de douleurs chroniques,...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
immunotherapie_poumon

L’immunothérapie, une arme contre le cancer du poumon

De tous les cancers, celui qui touche les poumons est le plus mortel. Chaque année en Suisse, 3000 personnes y succombent. L’immunothérapie, visant à renforcer les défenses naturelles, donne à espérer.
habitat_bien-etre_liens

Habitat et bien-être, des liens étroits

À l’heure où la recherche de logement en Suisse romande ressemble à un parcours du combattant, on peut s’interroger sur l’impact des déménagements sur le bien-être au cours de la vie. Le Dr Bram Vanhoutte, sociologue à l’Université de Manchester, s’est intéressé à cette question.
traitements_sida_sallègent

Les traitements du sida ne cessent de s’alléger

Un comprimé par jour, beaucoup moins d’effets secondaires: les trithérapies ont connu de grandes avancées ces dernières années. Mais elles ne parviennent toujours pas à éliminer le virus.
Videos sur le meme sujet

Remarcher après une paralysie?

On ne guérit pas d’une paralysie. En revanche, on pourrait imaginer la court-circuiter en passant par-dessus la lésion pour reconnecter les parties en amont et en aval de la moelle épinière. C’est l’idée que le chercheur de l’EPFL Grégoire Courtine poursuit depuis de nombreuses années: 36,9° l’a suivi dans cette quête passionnante.

Les cobayes humains

Quand l'industrie pharmaceutique néglige les maladies peu rentables, les chercheurs indépendants peinent à développer de nouveaux médicaments. Exemple avec une molécule contre la tuberculose développée à l'EPFL.

Resynchroniser des neurones pour gommer la schizophrénie

La recherche fondamentale élucide un mécanisme cérébral impliqué dans la schizophrénie.