Ulcère gastroduodénal

Dernière mise à jour 28/09/11 | Maladie
ulcère à l'estomac

L'ulcère est une blessure de la paroi de l'estomac ou du duodénum. Il ne provoque pas toujours des douleurs et peut se compliquer d'une hémorragie ou d'une perforation.

Brève description

La maladie ulcéreuse gastroduodénale correspond à une blessure avec perte de substance (érosion puis disparition) de la paroi de l’estomac ou du duodénum (premier segment de l’intestin grêle, juste après l’estomac). Cette perte de substance résulte d’un déséquilibre entre l’agression par le contenu acide de l’estomac et les mécanismes habituels qui protègent la paroi, par exemple les prostaglandines (substances produites par l’organisme qui protègent la muqueuse gastro-intestinale en augmentant la sécrétion de mucus et diminuant la production d’acide gastrique).

Symptômes

Les symptômes sont souvent vagues. La plupart des ulcères (environ 70%) sont «silencieux», c’est-à-dire non douloureux, surtout chez les personnes âgées ou celles qui prennent des médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) pour traiter une maladie rhumatismale ou d’autres douleurs chroniques ou prévenir les accidents cardiovasculaires.

La manifestation la plus classique, mais pas la plus fréquente, est une crampe épigastrique (dans la région de l’estomac) ou une sensation de faim douloureuse survenant à jeun ou 4 à 5 heures après les repas et calmée en mangeant. Cette sensation douloureuse peut aussi réveiller la personne pendant la nuit.

Causes

La maladie ulcéreuse gastroduodénale a deux causes principales:

  • Helicobacter pylori, une bactérie qui est impliquée dans 50% à 75% des ulcères. Cette infection, le plus souvent sans symptômes, est en constante diminution en Europe occidentale.
  • les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) et l’aspirine. Une personne qui prend un de ces médicaments présente un risque de développer un ulcère, risque qui varie de 1% à 4% par année de traitement. Il y a donc un effet cumulatif et le risque augmente lors de traitements de longue durée. Tous les dérivés de l’aspirine, y compris l’Alka-Selzer et l’Alcacyl peuvent provoquer des ulcères.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque de développer un ulcère sont :

  • un âge supérieur à 60 ans
  • le tabagisme
  • des antécédents d’ulcères
  • la prise de hautes doses d’AINS ou d’aspirine, ou une longue durée de traitement, y compris pour des faibles doses.
  • une prise d’AINS en même temps que de l’aspirine ou de la cortisone
  • une prise d’AINS ou d’aspirine en présence d’Helicobacter pylori (dont la présence est souvent méconnue)

De plus, la prise d’anticoagulants (médicaments qui empêchent la coagulation du sang) ou d’anti-agrégants plaquettaires (médicaments qui empêchent les plaquettes de s'accoler) augmente le risque de saignement digestif.

Traitement

Traitements médicamenteux

Le traitement consiste à supprimer les facteurs favorisant le développement de l’ulcère et de permettre à l’intestin de réparer la partie endommagée de la paroi. Il s’agit donc :

  • d’arrêter la prise d’AINS et/ou d’aspirine
  • de prendre un inhibiteur de la pompe à protons (IPP), médicament qui diminue la sécrétion acide de l’estomac
  • d’éliminer l’Helicobacter pylori en prenant deux antibiotiques pendant 7 à 15 jours

L’efficacité de ce traitement combiné est de 85% à 95% et entraîne la disparition de l’ulcère.

Traitements par endoscopie

Un traitement par endoscopie peut être nécessaire pour traiter les complications (hémorragie digestive, perforation ou sténose).

Une hémorragie digestive pourra être stoppée en appliquant une substance coagulante, en mettant en place de petites pinces (clips) sur les vaisseaux qui saignent ou en cautérisant ces vaisseaux.

En cas de sténose (rétrécissement du diamètre du duodénum), une dilatation par des ballonnets peut être indiquée.

Traitements chirurgicaux

De plus en plus rares, ils sont indiqués pour les ulcères résistant aux traitements médicamenteux et/ou endoscopiques ainsi qu’en cas de perforation de la paroi gastrique ou duodénale.

Evolution et complications possibles

Evolution

Non traité, un ulcère peut spontanément entrer en rémission mais, tôt ou tard, dans presque tous les cas, il récidivera.
Lorsque l’ulcère est traité, le taux de guérison est de 85-95% après l’élimination de la bactérie Helicobacter pylori.
Si l’ulcère est dû à la prise d’AINS ou d’aspirine, celui-ci persiste tant que la prise des médicaments continue. En revanche, une fois traité et après l’arrêt des médicaments anti-inflammatoires, l’ulcère ne récidive pas.

Si un traitement prophylactique à faible dose d’aspirine est indispensable sur le plan cardiovasculaire, l’estomac doit absolument être protégé par un inhibiteur de la pompe à protons (IPP).

Rarement, l’ulcère gastrique peut être de nature cancéreuse ou évoluer vers un cancer. Ce n’est pas le cas de l’ulcère duodénal qui ne dégénère jamais.

Complications

Dans les cas les plus sévères, l’ulcère gastrique ou duodénal peut se compliquer d’une hémorragie digestive, d’une perforation ou d’une sténose (rétrécissement de l’intestin).

Prévention

Pour prévenir les ulcères, il faut éviter autant que possible de prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) ou de l’aspirine, notamment pendant une longue durée.
Les douleurs et la fièvre peuvent aussi être traités par du paracétamol (pour autant qu’il n’existe pas de contre-indication), qui ne provoque pas d’ulcère.

Si un traitement d’AINS ou d’aspirine est indispensable, il faut protéger l’estomac par un inhibiteur de la pompe à protons (IPP), surtout chez les personnes qui ont déjà eu un ulcère, sont âgées de plus de 60 ans ou qui prennent de la cortisone ou des anticoagulants.
La présence d’Helicobacter pylori devrait également être recherchée et, le cas échéant, la bactérie éliminée par un traitement d’antibiotiques.

Quand contacter le médecin ?

  • Consulter le médecin traitant lorsque des douleurs typiques (à jeun, 4 à 5 heures après les repas ou qui réveillent la nuit) et un inconfort persistent.
  • Consulter sans délai (médecin traitant ou centrale de garde) en cas de fortes douleurs qui ne passent pas, accompagnées de symptômes généraux tels que pâleur et malaises, vomissements avec du sang, selles noires et nauséabondes.
  • Consulter en urgence (144) en cas de vomissements de sang frais en quantités importantes, de malaise général, de selles noires en abondance. La perforation de l’estomac provoque une douleur violente et brutale, accompagnée de malaises.

Voir aussi : J’ai mal au ventre

Informations utiles au médecin

Le médecin cherchera à bien caractériser le type de douleur, leur intensité et le moment où elles apparaissent (à jeun, 4 à 5 heures après les repas ou pendant la nuit). Il s’intéressera aussi à la présence ou non de vomissements (couleur, présence de sang) et à l’aspect des selles (consistance, couleur, présence de sang, odeur).

L’existence d’un ulcère dans le passé ou la prise de médicaments tels que les AINS, l’aspirine, la cortisone ou les anticoagulants sont également des informations utiles au médecin.

Examens

Les examens habituels pour diagnostiquer un ulcère sont :

  • un test respiratoire pour détecter la présence d’Helicobacter pylori. Ce test consiste à ingérer une solution d'urée marquée au carbone 13, non radioactif. Si la bactérie est présente, l'urée est transformée en ammoniac et en gaz carbonique marqué qui est éliminé dans l'air expiré où il sera détecté
  • des examens de sang pour rechercher une éventuelle anémie ou une autre cause de douleurs abdominales (problème au niveau de la vésicule biliaire ou du pancréas)
  • une endoscopie, avec des biopsies (prélèvement de tissus) notamment pour poser le diagnostic d’ulcère, rechercher l’Helicobacter pylori et s’assurer de l’absence de cancer
  • une radiographie et un scanner abdominal peuvent être nécessaires si on suspecte une perforation

Références

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