Diabète gestationnel

Dernière mise à jour 23/09/13 | Maladie

Environ 10 à 20% de femmes développent un diabète gestationnel lorsqu’elles sont enceintes. C’est une des complications les plus fréquentes de la grossesse.

Brève description

Environ 10 à 20% de femmes développent un diabète gestationnel lorsqu’elles sont enceintes. C’est une des complications les plus fréquentes de la grossesse. Le diabète gestationnel se manifeste par une augmentation du taux de sucre dans le sang (la glycémie), en général à la fin du deuxième trimestre de la grossesse. Il disparaît le plus souvent en l’espace de quelques heures après l’accouchement.

 

Un diabète gestationnel mal contrôlé peut entraîner des complications autant pour la mère (un accouchement prématuré ou une pré-éclampsie par exemple) que pour l’enfant à naître (bébé avec un poids de plus de 4 kg ou avec des troubles métaboliques à la naissance (voir : Evolution et complications).

Symptômes

Le diabète gestationnel ne provoque pas de symptômes physiques, mais on peut le détecter en mesurant la glycémie. C’est pourquoi les femmes enceintes bénéficient généralement d’un dépistage du diabète gestationnel entre la 24e et la 28e semaine de grossesse.

Causes

La glycémie (taux de sucre sanguin) est régulée par l’insuline, une hormone produite par le pancréas. L’insuline permet au sucre de quitter le sang pour entrer dans les muscles et les cellules, ce qui fait alors baisser la glycémie. Lorsque l’effet de l’insuline est insuffisant, la glycémie augmente.

Durant la grossesse, d’autres hormones, qui ont pour effet de diminuer l’efficacité de l’insuline, sont produites. Si le pancréas de la mère ne parvient pas à fabriquer assez d’insuline pour compenser cette augmentation des besoins, la glycémie sera trop élevée.

Facteurs de risque

Les femmes les plus exposées au risque de diabète gestationnel sont celles qui ont :

  • déjà développé un diabète gestationnel lors d’une grossesse précédente ou qui ont un pré-diabète (les glycémies sont plus élevées que la normale, mais pas assez pour dire qu’il s’agit d’un diabète)
  • donné naissance à un enfant pesant plus de 4 kg (macrosomie) ou qui a présenté des hypoglycémies (voir : Evolution et complications : risques pour le bébé)
  • un syndrome des ovaires polykystiques (maladie des ovaires accompagnée d’un déséquilibre hormonal, avec des cycles menstruels irréguliers et une diminution de l’effet de l’insuline (résistance à l’insuline))
  • un excès de poids, défini par un IMC supérieur à 25kg/m2 [poids (en kilos) avant la grossesse divisé par la taille (en mètres) au carré] et associé à d’autres facteurs tels :
    • une origine des Balkans, d'Afrique du Nord, du Proche Orient, d'Asie ou des Antilles ou
    • une dyslipidémie (taux élevé de graisses dans le sang) ou
    • une hypertension (tension artérielle élevée)
  • une obésité, définie par un IMC supérieur à 30 kg/m2
  • d’autres personnes (parents au premier degré) souffrant de diabète dans la famille

 

Le risque du diabète gestationnel augmente aussi avec l’âge

Traitements

Comment se déroule le suivi des femmes enceintes avec un diabète gestationnel ?

Lorsqu’un diabète gestationnel est détecté, plusieurs soignants spécialisés en diabétologie suivent la future mère afin d’éviter les complications et pour que l’accouchement se déroule au mieux.

 

Surveillance glycémique

Des tests capillaires permettent d’observer l’évolution du taux de sucre sanguin pendant la journée. La femme apprend à surveiller elle-même la glycémie à l’aide d’un appareil qui analyse une goutte de sang prélevée au bout du doigt. Ces mesures permettent de convenir du meilleur traitement et de l’adapter tout au long de la grossesse.

 

Dans un premier temps, le traitement consiste en général à modifier les habitudes alimentaires et à pratiquer une activité physique régulière adaptée.

 

Diététique

Aucun régime n’est imposé, mais il est conseillé d’adopter une alimentation équilibrée répartie en plusieurs repas, en fonction des habitudes de vie de la femme enceinte. Le but est de répartir les aliments sources de sucres durant la journée. Certains aliments ne devront donc en aucun cas être supprimés ! Une consultation avec une diététicienne qui passe en revue les habitudes alimentaires peut faciliter la modification de l’alimentation.

 

Activité physique

L’activité physique est recommandée. Elle permet de rester en forme et d’améliorer l’équilibre des glycémies, ce qui sera également bénéfique pour le bébé. Il est toutefois essentiel de suivre l’avis du gynécologue et d’être attentive à ses propres limites. Les sports d’endurance (marche régulière ou natation par exemple) sont préférables. 

 

Même si les recommandations diététiques et l’activité physique sont bien suivies et intégrées dans la vie quotidienne, il est parfois quand-même nécessaire de prescrire des médicaments. Cela ne veut pas dire que le diabète gestationnel s’est aggravé, mais qu’un traitement médicamenteux est nécessaire pour obtenir un meilleur contrôle de la situation. Ces médicaments ne comportent pas de risque pour le bébé. 

Attention : Il ne faut pas vouloir éviter la médication en réduisant les apports alimentaires de façon excessive ou en supprimant tous les aliments sources de sucre. Cela pourrait avoir des effets sur l’enfant, tels qu’un retard de croissance.

 

Traitement médicamenteux

Les deux principales classes de médicaments utilisés pour traiter le diabète gestationnel sont :

  • l’insuline, en injections sous-cutanées, que la mère apprend à effectuer elle-même
  • des antidiabétiques à prendre par voie orale.

Le médecin choisit le traitement le plus approprié avec la future mère.

Evolution et complications

Lorsque le diabète gestationnel n’est pas bien contrôlé durant la grossesse, des complications peuvent survenir. Les plus fréquentes sont :

 

Pour la femme enceinte :

  • un accouchement par césarienne
  • moins fréquemment, une pré-éclampsie (hypertension artérielle combinée à une protéinurie (présence de protéines dans l’urine)).

 Pour le bébé :

  • un surpoids à la naissance (macrosomie), d’où un accouchement plus difficile et éventuellement la nécessité d’une césarienne. Ce surpoids peut être engendré par des facteurs génétiques en plus du poids ou des glycémies de la mère.
  • des glycémies transitoirement trop basses par rapport à la normale lors de la naissance, on parle alors d’hypoglycémies néonatales. En effet, dans l’utérus, le fœtus était habitué à fabriquer beaucoup d’insuline en réponse à la quantité importante de sucre qu’il recevait au travers du placenta de sa mère. A la naissance, il continue de fabriquer autant d’insuline alors que les apports en sucre ont baissé, d’où le risque d’hypoglycémies. L’enfant est donc surveillé pendant les premières heures de sa vie et si besoin, du sucre lui est administré.

 

Conséquences à long terme pour le bébé et sa mère

Après l’accouchement, le diabète gestationnel reste généralement sans conséquences.

 

Le bébé sera-t-il diabétique ?

A la naissance, l’enfant a les mêmes risques de devenir diabétique qu’un autre enfant. Le risque de développer un diabète dans l’enfance ou l’âge adulte dépendra de son style de vie, de ses habitudes alimentaires, de son activité physique ainsi que des antécédents familiaux de diabète.

 

Le diabète gestationnel disparaîtra-t-il après l’accouchement ?

Le diabète gestationnel disparait quelques heures après l’accouchement. Les éventuels traitements ainsi que la surveillance glycémique sont donc arrêtés (ce qui n’est pas le cas pour les femmes qui présentaient déjà un diabète avant la grossesse). Pour s’assurer de la disparition du diabète, un test d’hyperglycémie provoquée est généralement effectué deux à trois mois après l’accouchement.

 

Le fait d’avoir eu un diabète gestationnel augmente cependant le risque de développer plus tard un diabète de type 2 (diabète de l’âge adulte). Ce risque peut être diminué en retrouvant le poids habituel avant la grossesse, en maintenant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité physique régulière.

Prévention

Une surveillance régulière de la glycémie, du poids et de la tension artérielle est recommandée une fois par année chez les femmes qui ont eu un diabète gestationnel.

 

En cas de nouvelle grossesse, le risque de présenter à nouveau un diabète gestationnel est plus élevé. Un dépistage par une prise de sang est alors indiqué dès que la grossesse est confirmée. Il est par conséquent important d’informer le gynécologue au plus vite d’un éventuel diabète gestationnel survenu lors d’une grossesse précédente.

Quand contacter le médecin ?

Le diabète gestationnel est asymptomatique (il ne provoque pas de symptômes).

 

Il faut contacter le médecin quand les glycémies mesurées sont trop élevées ou trop basses par rapport aux valeurs convenues avec les soignants impliqués dans le suivi la grossesse.

 

Le risque d‘hypertension étant un peu plus élevé en présence d’un diabète gestationnel, il faut contacter le médecin si les symptômes suivants se manifestent pendant la grossesse :

  • maux de tête pénibles
  • bourdonnements d'oreille
  • somnolence inhabituelle
  • troubles oculaires, comme par exemple diminution de l'acuité visuelle, parfois cécité subite qui régressera sans séquelle, mouches volantes, rarement diplopie (vision double)

Informations utiles au médecin

S’il suspecte ou cherche à mettre en évidence un diabète gestationnel ou ses éventuelles complications, le médecin s’intéressera :

  • au déroulement des grossesses et accouchements précédents
  • à la présence d’un diabète de type 2 (diabète de l’âge adulte) dans la famille proche
  • aux valeurs habituelles de la tension artérielle
  • à la présence de signes tels que maux de tête, bourdonnements d’oreille, somnolence inhabituelle ou des troubles de la vision
  • au diagnostic éventuel de pré-diabète (taux de sucre sanguin plus élevés que la normale, mais pas assez pour dire qu’il s’agit d’un diabète).

 

Lors du suivi, le médecin sera intéressé par les résultats des glycémies capillaires et des mesures de la tension artérielle. Il cherchera la présence de signes tels que maux de tête, bourdonnements d’oreille, somnolence inhabituelle ou troubles de la vision.

Examens

Dépistage

En Suisse, toutes les femmes bénéficient d’un dépistage pour le diabète gestationnel entre la 24e et la 28e semaine de grossesse. 

 

Le dépistage est réalisé de manière ambulatoire, chez le gynécologue/obstétricien. Il dure 2 heures et demie environ. Il est composé de plusieurs étapes : une première prise de sang à jeun pour mesurer la glycémie, suivie d’un test d’hyperglycémie provoquée. La future maman boit un liquide contenant 75 grammes de glucose, puis les prises de sang sont effectuées une heure et deux heures après. Le résultat de ce test permet de savoir si l’organisme réagit de manière adéquate face à une charge de glucose en mesurant la glycémie et de s’assurer que le corps fabrique suffisamment d’insuline.

 

Quelques précautions pour un déroulement optimal du test sont :

  • d’avoir une alimentation normale dans les jours précédents le test.
  • d’être à jeun depuis la veille au soir (minimum 8 heures), dès minuit.
  • de ne pas fumer le matin avant, ni pendant le test (de manière générale, il est recommandé de ne pas fumer pendant la grossesse)
  • de rester tranquille (assise) pendant le test (c’est par ailleurs une bonne idée d’apporter de la lecture)

 

Le diagnostic de diabète gestationnel est posé lorsqu’au moins une valeur de la glycémie excède la norme.

 

 

Valeurs normales

A jeun

<5.1 mmol/l

Après 1 heure

<10 mmol/l

Après 2 heures

<8.5 mmol/l

 

 

Mesures de la glycémie après l’accouchement

En cas de diabète gestationnel, ce test est répété 2 à 3 mois après l’accouchement pour s’assurer que tout soit rentré dans l’ordre.

Références

 

 

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