L’activité physique: un remède à elle toute seule!

Dernière mise à jour 02/12/20 | Article
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Des douleurs à l’hypertension artérielle en passant par l’arthrose, le diabète ou encore la dépression, de nombreux maux peuvent être soulagés ou prévenus par l’activité physique. Et à tout âge!

Le conseil

Pour rester en bonne santé, il est recommandé de faire de l’activité physique modérée trois fois par semaine pendant une demi-heure ou, si la condition physique ne le permet pas, en découpant cette période en tranches de dix minutes.

Dire que l’exercice est bon pour la santé n’a rien d’une parole en l’air. Les études qui s’accumulent sur le sujet confirment qu’il contribue à soulager de nombreuses pathologies. L’activité physique est par exemple un bon moyen «d’entraîner l’endurance des personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, notamment d’insuffisance cardiaque», souligne le Pr Christophe Büla, médecin-chef du Service de gériatrie et réadaptation gériatrique du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Elle améliore aussi la ventilation chez celles qui souffrent d’une pathologie respiratoire.

L’exercice augmente la concentration de «bon» cholestérol aux dépens du «mauvais» et dilate les vaisseaux sanguins, contribuant ainsi à lutter contre l’hypertension artérielle.

Par ailleurs, les dépenses d’énergie qui l’accompagnent conduisent les muscles à «griller plus de glucose, ce qui réduit le besoin d’insuline chez les patients ayant un diabète de type 1», constate le spécialiste. Et elles limitent le surpoids qui est un facteur de risque pour le diabète de type 2, le plus fréquent chez les personnes âgées.

Parmi les autres maladies ou troubles tirant un bénéfice de l’activité physique, on peut aussi citer la lombalgie et l’arthrose. A ce sujet, l’exercice a un effet antidouleur, car il renforce les muscles qui protègent les articulations. D’autre part, lorsqu’il est relativement intense, «il entraîne la sécrétion d’endorphines, qui ont des effets analgésiques». Sans compter que l’activité améliore le sommeil et qu’elle a une incidence sur les troubles cognitifs.

Démences retardées

L’exercice participe aussi à la prévention de certains troubles. Il permet de regagner de la souplesse, qui redonne de l’amplitude aux articulations et les rend donc moins susceptibles d’être atteintes par l’arthrose. Il compense aussi la fonte des muscles, à tout âge. Le Pr Büla en veut pour preuve «une étude menée dans des EMS américains auprès de résidents âgés en moyenne de près de 90 ans. Il leur a suffi de faire pendant douze semaines des exercices simples visant à renforcer les muscles de leurs jambes pour doubler la force musculaire de ces dernières». Avec des muscles fortifiés et des os consolidés (lire encadré), on améliore son équilibre et on réduit les risques de chutes et donc de fractures.

L’activité physique participe aussi à la prévention des maladies cardiovasculaires, booste le système immunitaire qui lutte plus efficacement contre les infections et protège même contre le cancer du côlon et du sein après la ménopause.

Quant à notre cerveau, il a lui aussi tout à y gagner puisque l’exercice favorise la création de nouvelles connexions entre les neurones. «Il améliore surtout les fonctions exécutives, celles qui nous permettent de nous organiser et de planifier une action, précise le gériatre. Il augmente aussi la vitesse de traitement de l’information et améliore l’attention.» De ce fait, l’activité physique limite le déclin cognitif et retarde de deux ou trois ans l’apparition des démences.

Une étude américaine résume à elle seule les effets préventifs de l’exercice. Les chercheurs ont fait appel à une cohorte de près de 20’000 quinquagénaires qui ont été suivis pendant 26 ans. A l’issue de cette période, «ils ont constaté que 28 % des hommes et 20 % des femmes peu ou pas entraînés souffraient d’au moins une des huit maladies chroniques qu’ils avaient retenues (cancer du côlon, cancer du poumon, infarctus, insuffisance cardiaque, défaillance rénale, BPCO, diabète, maladie d’Alzheimer). Chez les mieux entraînés, il y en avait pratiquement deux fois moins».

Eviter la sédentarité

L’idéal est bien sûr de faire de l’exercice lorsqu’on est jeune. Mais il n’est jamais trop tard pour s’y mettre ou s’y remettre, en choisissant des activités adaptées à ses capacités. Aux seniors, le Pr Büla conseille d’éviter les sports trop intenses et de privilégier la marche, la natation, la gymnastique aquatique, le vélo, mais aussi le tai-chi, le yoga ou la danse, tout en modifiant ses habitudes quotidiennes (préférer les escaliers aux ascenseurs, la marche aux trajets en bus, etc.). Bref, de tout faire pour éviter la sédentarité.

Prévention de l’ostéoporose

L’activité physique renforce aussi les os qui regagnent en densité et sont donc moins exposés à l’ostéoporose. Alors que l’alitement conduit à la décalcification du squelette, l’exercice physique est à l’inverse bénéfique. «On pense qu’il provoque au sein des os des microtraumatismes qui stimulent la formation osseuse», précise le Pr Christophe Büla, médecin-chef du Service de gériatrie et réadaptation gériatrique du CHUV. C’est d’ailleurs ce qui explique que les astronautes faisant de longs séjours dans l’espace, où ils sont privés de ce type de stimulations, souffrent fréquemment d’ostéoporose quand ils reviennent sur terre. En outre, l’activité physique entraîne la sécrétion d’hormones anabolisantes qui favorisent la vascularisation, en particulier celle des os.

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Paru dans Générations, Hors-série « Se soigner autrement – Gros plan sur la médecine intégrative », Octobre 2019.

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