Ecrans: l’excès nuit à la santé des enfants et des adolescents

Dernière mise à jour 07/05/14 | Article
Ecrans: l’excès nuit à la santé des enfants et des adolescents
Deux études récentes mettent en lumière les aspects négatifs de la télévision et des écrans d'ordinateur sur le sommeil des enfants. Mais aussi sur la densité minérale osseuse des adolescents.

Depuis l’invention des écrans, la sagesse populaire recommande d'en éloigner les enfants. Peine perdue: télévisions et écrans d'ordinateur occupent une place de plus en plus envahissante dans la vie des jeunes. L'inquiétude des parents concerne le plus souvent les conséquences de la sédentarité. «Si un enfant est vissé plus d'une heure par jour devant un écran, le risque [d'obésité] peut doubler ou même tripler», explique ainsi la Dr Nathalie Farpour-Lambert, pédiatre, médecin du sport aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et spécialiste de l’obésité infantile. Mais les chercheurs se penchent également sur l'impact que peuvent avoir les écrans de tous types sur la qualité de nos nuits (lire "Sommeil et écrans: la lumière bleue à l’origine de nos nuits blanches")

Deux études récemment publiées mettent en lumière de nouveaux risques inhérents à l’usage que peuvent faire des écrans les enfants et les adolescents aujourd’hui.  

Sommeil des jeunes

La première de ces études s'intéresse à l'effet de la télévision sur le sommeil des jeunes enfants. Parue dans la revue Pediatrics1, elle est le fruit d'une collaboration entre le Massachussetts General Hospital et la Harvard School of Public Health de Boston.

Les chercheurs ont suivi 1864 enfants âgés de six mois à huit ans, dans le cadre du Project Viva, une enquête au long cours cherchant à déterminer l'effet de différents facteurs (avant et après la naissance) sur la santé humaine. Six mois après l'accouchement, puis une fois par an, les chercheurs ont demandé aux mères le nombre d'heures que leur enfant avait passé dans une pièce avec la télévision allumée ainsi que le nombre d'heures passées devant l'écran. Elles indiquaient également si leur enfant (entre quatre à sept ans) dormait ou non dans une pièce comportant un poste de télévision, ainsi que la durée moyenne de son temps de sommeil.

Bannir la TV de la chambre

L'impact constaté par l'équipe dirigée par Elizabeth M. Cespedes n'est certes pas époustouflant, mais il est bien réel: chez les enfants observés, chaque heure de télévision en plus équivalait en moyenne à sept minutes de sommeil en moins. L'effet constaté était plus marqué chez les garçons que chez les filles. De plus, selon l’étude, une télévision dans la chambre équivaut  à une demi-heure de sommeil en moins.

Plusieurs facteurs pourraient être à l'origine de ce phénomène. Première hypothèse: l'intensité lumineuse des écrans pourrait provoquer un retard de phase du sommeil, repoussant par là-même l'endormissement. Autre piste: le caractère violent des programmes, générateur de stress – et donc d'insomnie – tout particulièrement chez les plus jeunes.

Ordinateur

A l'adolescence, nombre d'enfants troquent  l'écran de la télévision avec celui de leur ordinateur, et y consacrent tout autant de temps. Ce qui n'est pas sans risque, notamment chez les garçons, si l'on en croit une étude norvégienne présentée lors du récent World Congress on Osteoporosis, Osteoarthritis and Musculoskeletal Diseases.

Une équipe de l'Université norvégienne de Tromsø, dirigée par le Dr Anne Winther, a étudié les analyses de densité minérale osseuse réalisées auprès de 484 garçons et de 463 filles âgés de 15 à 18 ans. Les adolescents avaient préalablement répondu à des questionnaires sur leurs habitudes de vie – notamment sur le temps passé devant l'écran le week-end ainsi que sur leur activité physique.

Qualité des os

La croissance du squelette est normalement un processus ininterrompu de la naissance à la fin de l'adolescence, et l'activité physique influence directement ce processus. Les chercheurs ont constaté une relation inquiétante entre le temps consacré par les garçons à l'ordinateur et à la télévision, et la  densité osseuse. Les longues heures passées devant l'ordinateur pourraient compromettre la santé osseuse des jeunes. 

«La densité minérale osseuse est un bon moyen de déterminer les risques de fracture, souligne le Dr Anne Winther. Nos conclusions indiquent clairement qu'un mode de vie sédentaire pendant l'adolescence peut impacter la densité minérale osseuse, et peut donc compromettre l'acquisition d'une masse osseuse normale à l'âge adulte. Ce qui peut avoir un impact négatif à l'avenir avec notamment un risque accru d’ostéoporose et toutes ses fâcheuses conséquences».

Les conclusions sont simples: pour préserver la santé et le bien-être des plus jeunes, il serait bon d'écarter au maximum de leurs yeux les écrans en tous genres. Mais sans doute serait-il encore plus efficace de parvenir à  les convaincre d'enfiler leurs chaussures de sport. Un conseil qui  peut également s’adresser à leurs parents.

1. Le texte (en anglais) de cette étude est disponible ici.

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