Insomnie: les médecines douces peuvent-elles aider?

Dernière mise à jour 15/10/22 | Article
GEN22_insomnie_medecines_douces
Quand dormir devient un cauchemar, certaines médecines douces peuvent être bénéfiques et permettre d’éviter des médicaments de synthèse ou de s’en libérer. Petit tour des approches à tenter.

Somnolence, baisse de tonus, irritabilité, déprime, mais aussi hypertension artérielle ou maladies cardiovasculaires: les mauvaises nuits affectent le moral et le corps. Parce que bien dormir est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, un sommeil perturbé doit amener à chercher des solutions pour l’améliorer, du côté des médecines complémentaires par exemple. Focus sur certaines de ces approches. 

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

Hypnose et acupuncture à l’étude

L’acupuncture et l’hypnose sont souvent utilisées dans le traitement de l’insomnie. Mais la recherche scientifique n’a pas permis, à ce jour, d’établir clairement leur valeur ajoutée. «Ces méthodes peuvent très probablement aider certaines personnes, mais elles vont rarement suffire sans un travail de fond», estime Françoise Cornette, psychologue spécialiste du sommeil.

En premier lieu, il est important d’identifier de quel trouble du sommeil il s’agit. L’évocation des antécédents médicaux ainsi que certains examens sont souvent nécessaires pour affiner le diagnostic et trouver le traitement médical approprié. «En cas d’insomnie ou de trouble du rythme veille-sommeil, on propose en premier choix une thérapie cognitivo-comportementale, qui permet d’obtenir rapidement de très bons résultats», explique Françoise Cornette, psychologue spécialiste du sommeil au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et formée en naturopathie. Ce programme de rééducation, assez intensif, s’effectue en différentes étapes, au travers de séances individuelles ou en groupe. Il implique la participation active du patient ainsi que de nombreux changements d’habitudes et de schémas de pensée liés au sommeil. Son but consiste à fournir à la personne divers outils qu’elle va pouvoir expérimenter afin de mieux connaître ses besoins, les mécanismes en jeu et les facteurs qui lui sont favorables ou non. 

Relaxation

En chiffres

1/4 de la population souffre de troubles du sommeil (Source: Office Fédéral de la Statistique (OFS)).

La relaxation peut s’avérer d’une grande aide pour trouver le sommeil et optimiser la qualité de récupération permise par le repos. Cet état peut s’obtenir via diverses techniques presque toujours basées sur la respiration et la pleine conscience, l’essentiel étant de parvenir à un état de calme au niveau du corps et de l’esprit. «Mais ce sont souvent les personnes qui en ont le plus besoin qui éprouvent le plus de difficultés à l’appliquer et à mettre leur mental sur pause!», constate Françoise Cornette. L’insomnie est multifactorielle, au niveau des éléments qui la déclenchent ou qui l’alimentent dans le temps. Il est fréquent de constater qu’il existe un terrain psycho-physiologique de prédisposition. 

Phytothérapie et mélatonine

Certaines plantes ont acquis depuis longtemps une notoriété dans l’amélioration des troubles du sommeil. La valériane, l’eschscholtzia, la camomille, l’aubépine, la passiflore, l’ashwagandha ou le CBD[1] sont fréquemment utilisées, en vente libre. Elles peuvent être utiles en cas d’insomnie légère et/ou passagère ou comme appui dans le cadre d’un sevrage pharmacologique pour se passer des somnifères. Il en est de même avec certaines huiles essentielles (lavande, basilic sacré, orange douce, marjolaine à coquille, etc.), les fleurs de Bach et l’homéopathie. Cependant, ces dernières vont rarement suffire à elles seules pour traiter une insomnie chronique plus sévère.

La mélatonine, quant à elle, n’est pas une plante mais une hormone produite naturellement par l’organisme, qui contrôle le rythme circadien (veille-sommeil). Synthétisée chimiquement, elle peut être prescrite pour aider à lutter contre certains troubles du sommeil. «Mais attention, il importe de sélectionner la bonne dose, la bonne formule galénique et de la prendre régulièrement et au bon moment dans la soirée», prévient Françoise Cornette. 

Chronobiologie

Chez l’humain, presque toutes les fonctions de l’organisme sont soumises au rythme circadien. Notre horloge interne a besoin d’être resynchronisée en permanence sur un cycle de 24heures par des agents extérieurs: la lumière, l’activité physique, la température extérieure, les prises alimentaires, les rythmes sociaux, etc. «Une prise en charge globale et individualisée de l’insomnie et les différents conseils d’hygiène de vie qui vont être délivrés au patient doivent obligatoirement tenir compte du moment de la journée», explique Françoise Cornette. Par exemple, la lumière naturelle (soleil) ou artificielle (écrans et luminothérapie) seront propices et bénéfiques au réveil en supprimant la mélatonine, mais délétères le soir, pour l’endormissement. «En cas d’insomnie, l’objectif de la prise en charge sera de remettre l’horloge interne à l’heure et de retrouver un plus grand contraste entre la journée et la nuit», conclut la psychologue. 

Si les troubles du sommeil persistent…

En cas d’échec de la prise en charge de l’insomnie via des approches complémentaires, le recours à un traitement médicamenteux peut être envisagé, sur avis médical. «Il devrait être prescrit à court terme pour éviter l’engrenage de la dépendance qu’il peut engendrer ainsi que les effets secondaires, explique Françoise Cornette, psychologue spécialiste du sommeil.Il ne doit cependant pas dispenser d’une recherche approfondie du message qui se cache derrière les troubles du sommeil.»

________

Paru dans Générations, Hors-série «Comment rebondir… dans son corps, dans sa tête, dans son couple, dans sa famille, dans s

[1] Face à la circulation de produits de mauvaise qualité en vente libre, il est recommandé de solliciter un avis médical avant de recourir au CBD.

Maladies sur le meme sujet
Insomnie

Insomnies

Les troubles du sommeil constituent un véritable problème de santé publique, tant par leur fréquence que par leurs répercussions humaines, sociales et économiques.