Quand le VIH se voit sur le visage

Dernière mise à jour 02/07/12 | Article
Un visage avec le signe du VIH
La lipodystrophie associée au VIH touche près de la moitié des personnes sous multithérapie. Ce mot savant caractérise une maladie qui transforme durablement l’aspect physique des personnes infectées.

Changements corporels dus au traitement du VIH

S’il est vrai que le virus ne se voit pas (ou peu), les effets secondaires de certains médicaments utilisés dans le traitement du VIH ont des conséquences visibles et durables. La lipodystrophie est un effet secondaire fréquent et se caractérise par une redistribution des graisses dans le corps : le visage, les fesses, les bras et les jambes s’amaigrissent tandis que le ventre, le thorax, le dos et les seins grossissent. Ces changements physiques s’accompagnent parfois d’autres complications telles que le diabète, un excès de cholestérol, des maladies cardiovasculaires, peuvent toucher le foie, le pancréas et/ou d’autres organes.

L’image actuelle et celle du passé

Auparavant, l’image de la personne souffrant du VIH était celle d’un corps très maigre et fatigué (comme le cancer ou l’anorexie). Aujourd’hui, grâce aux traitements, il est possible de vivre longtemps avec le VIH. Quand la personne atteinte pense que cela se voit, les répercussions psychologiques sont importantes, soit explicitement lorsque les patients ne peuvent plus se regarder dans un miroir, soit implicitement par le biais de troubles anxieux ou dépressifs. De plus, même si leur poids est stable et si la maladie est contrôlée, leur visage peut être très maigre et paraître « malade ».

Comment minimiser ce sentiment?

La première mesure à prendre est de choisir correctement les molécules du traitement: certains médicaments ont plus d’effets secondaires que d’autres. Des injections sont également possibles afin de combler l’amaigrissement du visage. Les substances injectées sont principalement de l’acide poly-L-lactique, du polyacrylamide et de l’acide hyaluronique. Ces produits sont largement utilisés dans la médecine esthétique et leur durée de vie varie d’un produit à l’autre (3-6 mois, 1-2 ans ou permanent). Pour optimiser leur bénéfice et éviter des réactions secondaires, il est recommandé que ces injections soient faites par des spécialistes habitués à la lipoatrophie et que la personne en parle à son médecin traitant. Malheureusement, ces procédures ne sont pas remboursées par les assurances. Par ailleurs, des études plus poussées à propos des produits utilisés sont en cours pour les adapter au mieux au besoin des personnes et à leur sécurité.

VIH, traitement et prévention, où en sommes-nous?

Les traitements contre le VIH sont de plus en plus efficaces et ciblés. S’il est vrai qu’il est actuellement possible de vivre avec le VIH, c’est une maladie qui ne guérit pas complètement. Les effets secondaires de la multithérapie et l’infection chronique contrôlée sont à intégrer dans le quotidien de la personne infectée et doivent être très régulièrement suivis car ils concernent des organes vitaux. Le meilleur moyen d’éviter ces effets reste la prévention, avant d’être infecté par le virus. Avis à vos préservatifs.

Référence

Adapté de «Produits de comblement du visage: dispositifs médicaux ou médicaments? Implication pour les patients VIH+ atteints de lipoatrophie», Drs Damjan S. Nikolic, Alexandre Campanelli et Laurence Toutous-Trellu du service de dermatologie et vénéréologie, Drs Nicolas Balagué et Badwi Elias du service de chirurgie plastique et reconstructive, Drs Alexandra Calmy et Laurence Toutous-Trellu du service des maladies infectieuses, HUG, Genève. In Revue Médicale Suisse 2012;8:747-53, en collaboration avec les auteurs.

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