Que savent les jeunes sur le papillomavirus humain?

Dernière mise à jour 02/12/14 | Article
Que savent les jeunes sur le papillomavirus humain?
La grande majorité des jeunes de 16 à 20 ans connaît l’existence du papillomavirus humain, mais ils sont nombreux à se dire «insuffisamment informés». D’ailleurs, beaucoup de fausses croyances persistent à ce sujet. La consultation médicale reste donc le lieu privilégié pour en discuter et briser les idées reçues.

Depuis cinq ans maintenant, des campagnes de prévention et de vaccination anti-HPV (pour Human Papillomavirus ou papillomavirus humain en français) se sont développées dans différents cantons suisses. Globalement, la population sait qu’il s’agit d’une infection sexuellement transmissible, mais une étude récente, menée par V. Barras et le Dr M. Jacot-Guillarmod au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), a montré que «80% des sondés ignorent que le virus peut infecter les hommes». D’où la nécessité d’améliorer les messages de prévention, notamment en direction des individus de sexe masculin afin qu’ils sachent qu’ils sont également concernés.

Qu’est-ce que le papillomavirus humain?

Il existe environ 130 types de papillomavirus humains différents, susceptibles d’infecter la peau et les muqueuses génitales, aussi bien chez l’homme que chez la femme. Ces virus à ADN se classent en deux sous-types: les virus dits «à bas risque», responsables de condylomes (ou verrues génitales), et ceux «à haut risque» qui peuvent développer des lésions cancéreuses. C’est la classe d’âge des 16-25 ans qui est la plus à risque de contracter cette infection sexuellement transmissible. Il faut savoir que 80% de la population sexuellement active est infectée au moins une fois dans sa vie par le HPV, mais cela reste généralement sans conséquences, car dans la grande majorité des cas, l’infection guérit spontanément.

Vaccination recommandée

Depuis 2007, deux vaccins anti-HPV ont été mis sur le marché. Plusieurs cantons suisses ont développé des programmes de vaccination, destinés aux jeunes filles entre 11 et 14 ans, comme le recommande l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les adolescentes de 15 à 19 ans peuvent bénéficier d’une vaccination de rattrapage. Ensuite, jusqu’à 26 ans, elle devra être discutée au cas par cas.

Pour le moment, contrairement à l’Autriche, l’Australie ou les Etats-Unis, la Suisse ne recommande pas la vaccination des hommes. Ce vaccin est parfois décrit comme le «vaccin contre le cancer du col de l’utérus», ce qui peut porter à confusion et faire penser (à tort) que les hommes ne peuvent pas être infectés par le HPV.

Enquête sur le sujet

Bien qu’il ne leur soit pas inconnu, le papillomavirus reste donc un sujet flou pour de nombreux jeunes Suisses. Une enquête a été menée début 2013 au sein de l’Unité multidisciplinaire de santé des adolescents (UMSA) du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne. Une centaine de patients, âgés de 16 à 20 ans, ont été soumis à un questionnaire afin de déterminer leur «niveau de connaissance». Résultat: le HPV est effectivement bien connu, puisque «93% des sondés déclarent connaître l’existence du virus et 88% celle du vaccin».

En revanche, si le taux global de bonnes réponses a positivement surpris les chercheurs, certaines fausses croyances demeurent. «Il est préoccupant de constater que 82% des jeunes interrogés pensaient que le HPV infecte seulement les femmes», soulignent les auteurs de l’étude.

Volonté de s’informer davantage

Le dernier aspect qui ressort de cette étude est le fait que 70% des sondés souhaitent recevoir d’avantage d’information au sujet du HPV, notamment par le biais de professionnels de la santé (médecins ou infirmières) ou par des cours d’éducation sexuelle en milieu scolaire. Etonnament, internet n’est pas une source d’informations médicales recherchée par les personnes sondées.

Bien entendu, si cette enquête présente des limites (petit échantillon, individus de sexe masculin sous-représentés, lieu de recrutement médicalisé…), elle montre tout de même que de nombreux jeunes souhaitent être mieux informés sur les risques liés au HPV. Des messages clairs et ciblés, destinés aux jeunes concernés, permettraient de mieux les tenir au courant, de les rassurer, sans toutefois banaliser les risques liés à cette infection virale. Une meilleure information pourrait impacter favorablement sur les comportements de prévention, en diminuant les prises de risques et en augmentant les participations aux campagnes de vaccination.

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Référence

Adapté de «Papillomavirus humain: que savent les jeunes?», Valentine Barras, étudiante à la faculté de médecine de Lausanne et Dr Martine Jacot-Guillarmod, Département de gynécologie-obstétrique, CHUV, Lausanne. In Revue Médicale Suisse 2014:10:1297-301. En collaboration avec les auteurs.

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