Perte de l’odorat: peu de traitements à disposition

Dernière mise à jour 23/07/12 | Top conseils
Examen du nez
Les causes possibles d’un trouble de l’olfaction sont multiples. Mais les traitements à disposition des médecins sont encore rares. Et souvent ils ne peuvent que mettre en garde leur patient contre les risques encourus en cas de perte de l’odorat.

Pour tenter de soigner une altération ou une perte de l’odorat, il s’agit avant tout d’en trouver l’origine, en établissant un bilan complet (lire encadré). «Dans 75% des cas, on arrive à poser un diagnostic, rapporte le Dr Basile Landis, médecin responsable de la consultation d’olfaction à la Clinique d'oto-rhino-laryngologie des HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève). Mais dans 15 à 20% des cas, il s’agit d’une maladie dite idiopathique – on ne trouve aucune raison apparente. Ce qui a toutefois l’avantage de rassurer le patient sur le fait qu’il n’a rien de grave.»

Si on arrive à poser un diagnostic, cela ne permet toutefois pas toujours de soigner le patient. Loin s’en faut, car on dispose de peu de possibilités de traitement des troubles de l’olfaction.

En cas d’origine rhino-sinusienne (rhume, grippe, etc.), un traitement curatif apporte souvent une amélioration. Dans d’autres cas (sinusites, polypes p. ex.), un traitement chirurgical ou médical peut remédier au problème.

Lorsque le trouble olfactif est dû à l’inhalation de substances toxiques, il suffit en général de mettre fin à l’exposition au produit en question pour que l’odorat revienne à la normale.

«Hélas, dans bien des cas de perte de l’olfaction, une fois le diagnostic posé, le médecin ne peut qu’informer le patient des éventuels risques et conséquences», déplore le Dr Landis.

S’il s’agit d’un problème congénital (de naissance), le médecin n’a ainsi aucun traitement à proposer. De même, si l’origine est un traumatisme crânien, car aucun traitement n’a fait ses preuves scientifiques à ce jour. «Toutefois, les patients concernés doivent savoir qu’ils ont une chance de récupérer spontanément leur olfaction (15% des cas), dans un délai d’environ deux ans», souligne le Dr Landis.

Un bilan complet

Le bilan pour poser un diagnostic lors de troubles de l’olfaction se fait par:

•  L’anamnèse, cherchant à déterminer des éventuels facteurs déclenchants: traumatisme crânien, rhume, exposition à un produit chimique, etc.

• Des tests olfactifs qualitatifs (reconnaissance et distinction des odeurs) et quantitatifs (concentration à laquelle une odeur est détectée), indispensables, car l’autoévaluation du patient est subjective. Durant ces tests, on fait respirer différentes odeurs au patient (une soixantaine).

• Les examens cliniques:

– Un examen oto-rhino laryngologique, soit une observation minutieuse des oreilles, du nez et de la gorge.

– Une prise de,sang, dans certains cas, pour vérifier si le patient souffre de certaines carences, ce qui peut être une cause, très rare, de son problème olfactif.

– Un examen neurologique, selon les symptômes.

– Des imageries médicales (IRM), pour vérifier qu’il n’est pas atteint d’une tumeur, si l’examen ORL n’a rien révélé.

A LIRE AUSSI

Douleurs musculaires
Le claquage fait mal mais guérit bien avec du repos

Le claquage fait mal mais guérit bien avec du repos

Un claquage est un traumatisme rarement grave, mais il ne faut pas pour autant le prendre à la légère,...
Lire la suite
Douleurs du genou
On peut soigner des ligaments du genou déchirés sans opérer

On peut soigner des ligaments du genou déchirés sans opérer

Après deux opérations au genou, l’Américaine championne de ski Lindsey Vonn a fait un come-back époustouflant....
Lire la suite
Troubles de l'odorat
La perte de l’odorat pourrait être un facteur annonciateur de décès

La perte de l’odorat pourrait être un facteur annonciateur de décès

Des chercheurs américains confirment que la fonction olfactive est un bon facteur prédictif de décès....
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
du-cafe-fraîchement-moulu-sentant-comme-paradis

Anosmie et agueusie: à propos d’un cas

La perte concomitante de l’odorat et du goût –ou «syndrome d’anosmie-agueusie»– après un traumatisme serait bien plus fréquente que la littérature scientifique ne le suggère. Une équipe de médecins s’est intéressée à cette double perte sensorielle.
Dégustation de vin

Sans odeur, pas de goût

Un bon verre de vin ou une viande juteuse et bien assaisonnée sont nettement moins savoureux voire insipides lorsqu’on a le nez bouché, à cause d’un rhume ou d’une allergie par exemple. Car c’est avant tout l’odorat qui permet de distinguer et d’apprécier le goût des aliments. Explications d’un spécialiste.
Sentir l'odeur d'une fleur

L’olfaction, un sens très performant

L’olfaction est l’un de nos cinq sens des plus subtils et performants, puisqu’il permet de détecter une multitude d’odeurs, un nombre quasi infini pour les nez les plus entraînés. Certaines odeurs sont même mieux perçues par l’être humain que par les animaux.
Videos sur le meme sujet

Migraine à en perdre la tête

Les migraines, qui touchent environ 15% de la population, ne sont pas de simples maux de tête (que l’on appelle plutôt des céphalées): elles sont aujourd’hui reconnues comme des maladies neurologiques handicapantes.

La génomique environnementale

Stimulée par l’accélération des technologies du séquençage de l’ADN, la génomie environnementale ouvre des perspectives vertigineuses aux sciences du vivant.

Tout sur l'acné

L'acné est une affection bénigne, mais ô combien désagréable.