Nez qui saigne: gênant mais banal

Dernière mise à jour 21/02/18 | Article
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L’épistaxis est un phénomène courant, mais qui peut altérer la qualité de vie s’il survient trop régulièrement. Conseils.

Prise en charge

Le médecin traitant recherche une cause générale en vérifiant la tension artérielle ainsi que la coagulation sanguine et les corrige si nécessaire. En cas de persistance de saignement, le spécialiste en ORL recherche une cause locale. Lorsque le saignement est localisé, il peut agir localement en brûlant les vaisseaux. Lorsqu’il est abondant, la pose de ballons ou de mèches pour occlure le nez ou une intervention au bloc opératoire peuvent être nécessaires. Il s’agit en l’occurrence de «clipper» les vaisseaux incriminés pour les refermer.

Le rôle des émotions

Les émotions n’ont pas un rôle direct sur le nez, mais on sait que le stress ou une émotion forte comme une grande colère par exemple, ont un effet sur la tension artérielle. Ainsi, chez une personne dont la zone nasale serait déjà fragilisée, il se peut que la survenue d’une émotion intense déclenche une hémorragie nasale.

Le saviez-vous?

Le nez a des fonctions à la fois respiratoires et olfactives. Il chauffe, humidifie et filtre l’air. Les structures internes qui le permettent sont tapissées de muqueuse. Celles-ci sont relativement vastes puisqu’elles recouvrent une surface de 150 à 200 cm2 en moyenne. A savoir que le nez inspire et filtre en moyenne 10’000 litres d’air dans le but de chasser les particules néfastes telles que la poussière.

Il y a toujours une personne pour vous dire de mettre la tête en arrière et une autre pour vous dire de la mettre en avant. Saigner du nez est désagréable, et peut être gênant selon les circonstances. Heureusement, dans la plupart des cas, il s’agit d’un symptôme tout à fait banal et bénin. «Le nez est une zone très vascularisée. Une forte vascularisation liée à sa fonction même, qui est de chauffer, humidifier et filtrer l’air», explique le Dr Yannick Zaugg, spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL) et chirurgie cervico-faciale, agréé à l’Hôpital de Nyon. Alors, lorsque l’air est sec, comme en hiver dans nos régions, les risques d’hémorragie augmentent. «Si la tapisserie interne du nez est sèche, elle devient plus fragile», poursuit le spécialiste. C’est également le cas lorsqu’on attrape un rhume. L’inflammation et l’infection fragilisent cette tapisserie. Et, si les vaisseaux sont plus friables, ils se rompent plus facilement et le sang s’écoule. Généralement, ces saignements sont légers et s’arrêtent rapidement. Pour éviter ces irritations qui en sont la cause, il ne faut pas hésiter à prendre soin de son nez en hiver en l’hydratant si besoin avec une pommade grasse ou en plaçant chez soi un humidificateur libérant de la vapeur froide.

Un signe d’hypertension?

Parfois, il faut rechercher d’autres causes, plus générales, comme l’hypertension par exemple. «Lorsque la pression sanguine est élevée, une pression va s’exercer sur les vaisseaux sanguins qui peuvent alors, si les vaisseaux sont fragilisés, se rompre», explique le Dr Zaugg. Des troubles de la coagulation sanguine ainsi que la prise de médicaments anticoagulants ou antiagrégants peuvent également jouer un rôle dans les saignements de nez. Il arrive que l’hémorragie soit consécutive à un choc sur le nez. Dans ce cas, la raison est claire et le nez peut saigner au moment du traumatisme ou dans les jours suivants.

Des causes plus locales telles qu’une inflammation ou une infection chronique (rhinite allergique ou non, sinusite chronique) peuvent être responsables de saignements. Des raisons anatomiques peuvent également expliquer ces épisodes. «Une déviation de la paroi nasale va créer de petites turbulences d’air qui peuvent assécher le nez et engendrer des saignements intempestifs», explique le spécialiste en ORL. Exceptionnellement, les personnes peuvent souffrir d’une maladie (rare) des vaisseaux (Rendu-Osler) qui rend ces derniers particulièrement friables. Dans des cas rares, c’est une tumeur dans le nez qui en est la cause.

Quand consulter?

On l’a dit, saigner du nez est le plus souvent banal, mais si les critères suivants sont présents, il est important de consulter un médecin: saignement fréquent (plus de 3 ou 4 fois par an); présence d’autres symptômes affectant votre nez (obstruction nasale, perte de l’odorat, douleurs locales, écoulement nasal ou infection à répétition); prise de médicaments anticoagulants ou antiagrégants.

La consultation devient urgente lorsque les bons gestes (voir encadré) ne permettent pas de stopper le saignement. Ou si un malaise (sensation d’évanouissement avec voile noir devant les yeux) ou une perte de connaissance y sont associés.

Les bons gestes

Vous saignez du nez. Penchez votre tête en avant ! Vous éviterez ainsi d’avaler ou de bronchoaspirer du sang. On redoute en effet que le sang passe dans les poumons et que la respiration soit entravée. Ensuite, et c’est le plus important, pincez votre nez pendant 5 minutes, sans le relâcher. Cela permettra au sang de coaguler et aux vaisseaux de se refermer. Mais attention, il faut éviter de relâcher son nez toutes les 30 secondes pour vérifier que le saignement s’est arrêté, au risque de casser à nouveau les barrières hémostatiques en formation et de devoir tout recommencer. Le mieux est de prendre votre montre et de vous en tenir aux cinq minutes indiquées. Vous pouvez également mettre du coton dans votre nez avant de le pincer. Le froid, qui a un effet vasoconstricteur sur les vaisseaux sanguins, peut être utile sur la nuque.

Dans les jours qui suivent, et pour éviter que votre nez ne se remette à saigner, évitez de vous moucher ou de vous gratter le nez. Il convient d’éviter de vous exposer au soleil et de renoncer aux douches chaudes, saunas, ainsi qu’aux boissons brûlantes (thé, café) qui augmentent la chaleur de votre corps et dilatent les vaisseaux sanguins. Il est aussi important d’éviter les efforts intenses qui augmentent la pression artérielle. Localement, vous pouvez utiliser des gouttes nasales contre le rhume pour leur effet vasoconstricteur et appliquer une pommade grasse à l’entrée du nez pour nourrir la muqueuse.

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Paru dans le Quotidien de La Côte le 31/01/2018.

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