Mettre le dos en mouvement pour éviter les douleurs
Le dicton populaire «j’en ai plein le dos» colle à la réalité de quantité d’adultes, car les douleurs lombaires sont très répandues dans la population. Bien que le dos soit extrêmement solide, il n’en demeure pas moins souvent douloureux, principalement au niveau des lombaires. «Lorsqu’une personne consulte pour des douleurs lombaires, il faut d’abord s’assurer qu’elle ne souffre pas d’une infection, d’une tumeur, d’une maladie neurologique, d’une fracture, entre autres. Une fois ces causes écartées, le diagnostic de lombalgie commune peut être posé. Celle-ci représente 95% des lombalgies. Toutes ces personnes souffrent d’un trouble du fonctionnement neuro-musculo-articulaire dont la cause reste à discuter», explique le Dr Stéphane Genevay, responsable de la consultation multidisciplinaire du dos au Service de rhumatologie des Hôpitaux universitaires de Genève.
En d’autres termes, la zone douloureuse fonctionne mal, sans qu’il n’y ait forcément de lésion visible à l’imagerie. «L’arthrose ou des discopathies sont fréquemment découvertes avec une imagerie par résonance magnétique, mais cela est très commun et pas plus fréquent chez ceux qui se plaignent de douleurs au dos. Par contre, le problème de fonctionnement n’est pas visible par IRM. C’est un peu comme lorsque l’on souffre d’un mal de tête: la douleur est bien là, même sans lésion au cerveau! »
Conseils pour travailler sans souffrir
Mathias Carlier, physiothérapeute à la Clinique La Colline à Genève, fournit quelques astuces pour éviter les douleurs dorsales au bureau:
- Utiliser un bureau ajustable qui permet de travailler debout et assis.
- Réduire le temps passé assis à un maximum de soixante minutes par épisode.
- Se lever régulièrement pour faire quelques pas (aller prendre un verre d’eau, descendre un étage, faire le tour du bureau).
- Utiliser un ballon de gymnastique en guise de chaise de bureau.
Stress et sédentarité, mauvais pour le dos
Visible ou non, le problème peut provoquer de très fortes douleurs et être invalidant. Cela va d’une légère gêne lors de l’exécution de certains mouvements au lumbago aigu empêchant de rester debout. S’il est difficile de connaître la cause exacte du mal, certains facteurs de risques sont en revanche bien identifiés. Parmi ceux que liste Mathias Carlier, physiothérapeute à la Clinique La Colline à Genève, se trouvent «la sédentarité, une mauvaise hygiène de vie, le tabagisme et le stress. Chez les femmes, la ménopause – à cause de la baisse d’œstrogènes – contribue en partie à une augmentation des douleurs, notamment via des mécanismes pro-inflammatoires, plutôt que comme un effet direct et systématique. »
Le Dr Genevay ajoute: «L’obésité est aussi un facteur de risque, non pas à cause de la surcharge de poids, mais parce qu’elle augmente les réactions inflammatoires. Les facteurs psychosociaux, comme l’anxiété, la peur du mouvement souvent engendrée par les douleurs, le stress, ont également une influence sur les douleurs dorsales. La génétique et l’âge jouent aussi un rôle. Toutefois, le dos ne s’use pas parce que l’on bouge. Tout le système musculosquelettique résiste mieux aux effets de l’âge quand il est sollicité car c’est l’activité physique qui lui permet de se régénérer.»
5 exercices simples pour mobiliser le dos
- «Jefferson curl»: en position debout, descendre le buste en direction du sol en arrondissant le dos et remonter en déroulant.
- «Woodchop»: en position debout, prendre un élastique (préalablement fixé à un poteau) avec les deux mains et faire des rotations du tronc en tendant l’élastique.
- Squat: jambes écartées à la largeur du bassin, plier les genoux et descendre en gardant le dos droit et le poids du corps sur les talons, comme pour s’asseoir sur une chaise imaginaire.
- Chat en colère: à quatre pattes, arrondir le dos, puis le cambrer en alternance.
- Étirements divers: ils permettent de garantir une bonne mobilité du corps en général, ce qui a des répercussions positives sur le dos.
Le mouvement est essentiel
Les deux spécialistes insistent sur l’importance du mouvement. «Les gens ont tendance à arrêter de bouger pour éviter d’avoir encore plus mal. C’est une erreur, remettre du mouvement et redonner de la fluidité à la colonne est indispensable pour cesser de souffrir. Le but n’est pas de se muscler, mais de la faire bouger le plus possible. Des exercices de relaxation et de proprioception (capacité de sentir son propre corps dans l’espace, ndlr) sont très efficaces. Le bas du dos est une zone très complexe comprenant des disques intervertébraux, une douzaine d’articulations et plusieurs dizaines de muscles qui ont absolument besoin de mouvement pour conserver ou retrouver une bonne mobilité», conclut le Dr Genevay.
Remarques : Sa musculature et sa souplesse sont des alliées clés pour contrer les lombalgies en tout genre. Pourquoi ? Et comment les développer ? Exercices quotidiens à la maison, séances de physiothérapie après les épisodes douloureux ou salles de sport chaque semaine : quelles stratégies adopter ? Au quotidien, quels mouvements astucieux peuvent aider, y compris pour compenser les longues heures passées devant les écrans ?
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