Aménagements urbains: pourquoi favoriser la mobilité douce est bon pour notre santé

Dernière mise à jour 23/09/20 | Article
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Bouger, c’est bon pour la santé, répètent nos autorités sanitaires. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Voici pourquoi.

De quoi parlons-nous?

La mobilité douce désigne les moyens de déplacement individuels écologiques: marche, course à pied, vélo traditionnel ou électrique, trottinette (motorisée ou non), patins et planche à roulettes. Quant à elle, la mobilité durable, ou écomobilité est une expression générique pour l’ensemble des modes de transports respectueux de l’environnement, ce qui inclut par exemple le train et le covoiturage.

La mobilité douce présente l’avantage de contribuer à notre santé tout en réduisant la pollution. De ce fait, elle mériterait d’être développée en Suisse, estime Martin Uwyler, responsable du domaine mobilité douce à l'Office fédéral des routes (OFROU). Or, les statistiques fédérales révèlent que 50% des déplacements motorisés effectués dans le pays portent sur des distances inférieures à 5 kilomètres. Une aberration!

Quels sont les enjeux ?

Le manque d’activité physique touche plus de 65% des adultes. Chez les adolescents, ce pourcentage dépasse les 80%, d’après une étude publiée en 2019 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les conséquences sanitaires sont désastreuses. Une quantité de pathologies sont en effet associées à la sédentarité : problèmes cardiovasculaires, hypertension artérielle, perturbations du métabolisme des graisses, diabète, surpoids, cancers, troubles de l’humeur, dépression, etc.

À contrario, toujours selon l’OMS, il suffit à une personne de pratiquer quelques heures d’activité par semaine pour observer une amélioration tangible de sa santé. Les bienfaits de la marche et du vélo, par exemple, ont été prouvés par des recherches menées sur des centaines de milliers de sujets dans le monde entier. D’ailleurs, le simple fait que des millions de dollars aient été investis dans des études à large échelle pour parvenir à cette conclusion en dit long sur la gravité du fléau.

Que faire?

À qui la faute si la population ne bouge pas assez : aux autorités qui ne prennent pas suffisamment de mesures incitatives, ou aux individus qui ne suivent pas les conseils qu’on leur donne ? Le gouvernement reconnaît l’importance de la mobilité douce et s’efforce d’ailleurs de la promouvoir depuis des années. Cependant, du propre aveu de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), «on peut se demander dans quelle mesure les actions librement consenties suffisent» et «il se pose continuellement la question de savoir à quel moment des interventions régulatrices s’imposent».

Fait intéressant, certaines études suggèrent que la présence de structures sportives à proximité des lieux d’habitation ne se traduit pas par une augmentation du nombre de pratiquants. L’élément le plus décisif serait la facilité d’accès aux commodités en se déplaçant à pied ou à vélo. C’est donc bien la mobilité douce qu’il faut encourager pour promouvoir la santé.

«Faire du choix de la santé le choix le plus facile»: tel est le slogan proclamé par l’OMS en 2006 lors de sa Conférence ministérielle européenne de l’OMS sur la lutte contre l’obésité. Dans la pratique, nos sociétés sont loin d’appliquer ce principe. Les messages sanitaires assénés à la population ont souvent un côté paradoxal. À la télévision, par exemple, on peut voir des publicités pour une pizza congelée ou une crème glacée qui se ponctuent par cet avertissement : « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré et trop salé»!

Certains experts dénoncent une tyrannie de la promotion de la santé, une stigmatisation des comportements malsains, voire une forme de contrôle social légitimé par le savoir épidémiologique. L’expert français Jean-Paul Moatti, professeur d’économie et spécialiste en économie de la santé, estime qu’il serait plus utile d’étudier ce qui aide les gens à prendre de bonnes habitudes. En l’occurrence, la moitié des personnes qui ont arrêté de fumer n’auraient pas réussi grâce aux messages préventifs ou au prix du paquet de cigarettes; le déclic suivrait souvent un événement heureux : mariage, arrivée d’un enfant… «En d’autres termes, ce ne serait pas la santé qui fait le bonheur, mais le bonheur qui incite à se préoccuper de sa santé», affirme Jean-Paul Moatti.

Quelques conseils

  • Il ne sert à rien de courir comme un dératé: c’est l’effort léger qui est le plus bénéfique pour la santé cardiaque et la perte de poids.
  • Il est rare qu’une personne ne présente aucune prédisposition pour aucun sport.
  • Choisir une activité pour laquelle on a de l’intérêt et/ou de la facilité est gage de plaisir, et le plaisir permet de garder la motivation.
  • Se féliciter soi-même pour les petits progrès réalisés entretient l’envie. Votre meilleur coach, c’est vous!
  • Dès que vous le pouvez, essayez par exemple de prendre les escaliers ou de descendre du bus plus tôt pour marcher davantage.