Des techniques d’excellence pour sauver les grands brûlés

Dernière mise à jour 22/03/19 | Article
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Soigner un grand brûlé nécessite des traitements médicaux de pointe. Tour d’horizon de ces méthodes complexes, sans lesquelles certains patients ne survivraient pas.

La prise en charge des grands brûlés fait intervenir de nombreuses professions du corps médical. Médecins, biologistes, infirmier(ère)s, physiothérapeutes et ergothérapeutes collaborent pour offrir les meilleurs soins possibles. A son arrivée à l’hôpital, le patient doit d’abord être douché, sous anesthésie générale. Les soignants utilisent de l’eau filtrée et des petites brosses pour retirer toutes les impuretés et prévenir les infections. Il est ensuite transféré aux soins intensifs, en milieu aseptisé, pour poursuivre la réanimation. Lorsque la peau est brûlée, des toxines se mettent à circuler dans le sang et provoquent un état de choc. Il est donc généralement nécessaire de perfuser des quantités importantes de liquide, d’intuber et ventiler pour assister les organes. Et pour que la personne souffre le moins possible, une sédation analgésique profonde lui est administrée. «Nous tenons toutefois à garder contact avec le patient, souligne la Pre Mette Berger, coordinatrice du Centre romand des grands brûlés au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Il est nécessaire qu’il soit plus ou moins conscient mais sans douleur.»

Mesures et calculs sophistiqués

La nutrition et l’hydratation sont fondamentales pour maintenir les fonctions vitales. Un grand brûlé a besoin de beaucoup de calories. Pour savoir combien il doit en recevoir, des instruments sophistiqués mesurent sa consommation d’oxygène et sa production de CO2. Le patient reçoit ensuite les quantités de nourriture adaptées par voie digestive ou en intraveineuse. L’hydratation est quant à elle réglée en fonction du poids de la personne, pesée presque chaque jour pour être le plus précis possible.

Chirurgie et thérapie cellulaire

Dès le quatrième jour d’hospitalisation, les chirurgiens peuvent généralement commencer à intervenir. Au bloc opératoire, ils retirent d’abord les tissus morts (environ 10 à 15% de la surface corporelle par intervention). Une étape très importante pour atténuer l’inflammation et prévenir les infections.

La plupart du temps, des greffes sont ensuite réalisées à partir de prélèvements de peau restée intacte. Au Centre des grands brûlés du CHUV, toute une équipe de médecins et de biologistes effectue de la culture cellulaire. Dans ce cas, un morceau de peau saine de la taille d’un ongle est prélevé. En laboratoire, les cellules se reproduisent pour créer de nouvelles plaques de peau saine, prêtes à être greffées. Cette technique complexe existe depuis plus de 25 ans, mais ne cesse d’être améliorée par les chercheurs. «Le Centre des grands brûlés est l’un des rares en Europe à proposer cette méthode, qui sauve vraiment des vies», commente la Pre Berger.

Pansements améliorés

Des pansements perfectionnés permettent quant à eux une meilleure cicatrisation. Certains sont notamment fabriqués avec des cellules fœtales, issues de placenta et de cordon ombilical. Celles-ci contiennent des facteurs de croissance extraordinaires et sont particulièrement efficaces pour soigner la peau des enfants. Les soignants utilisent également des pansements à l’argent, réputés pour leurs effets antiseptiques. De plus, ils se détachent tout seuls quand la plaie est guérie, ce qui évite des souffrances au moment de les retirer.

Mobilité passive

Une étape essentielle dans la guérison des grands brûlés est la réhabilitation. Dès le premier jour aux soins intensifs, les physiothérapeutes et ergothérapeutes veillent à ce que le patient garde un maximum de mobilité. Pour cela, ils utilisent notamment la mobilité passive. Cette méthode consiste à bouger les membres de la personne, en particulier les articulations (par exemple plier les coudes ou fléchir les doigts) pour qu’elles ne raidissent pas. «La moyenne d’âge des patients que nous traitons est de 43 ans, contre 65 ans dans le reste des soins intensifs, constate la Pre Berger. Ce sont donc des personnes très jeunes, qu’il faut vraiment parvenir à réinsérer dans la société». Un processus de longue haleine, puisque la réadaptation des grands brûlés prend souvent jusqu’à deux ans. Réapprendre à vivre avec la brûlure, c’est l’ultime étape vers la guérison.

L’hypnose contre la douleur

Depuis plusieurs années, l’hypnose est très utilisée dans les centres pour grands brûlés dans le but de gérer la douleur. A Lausanne, certains membres du personnel soignant ont suivi des formations d’hypno-praticiens. Deux à trois séances d’introduction permettent aux patients d’utiliser ensuite eux-mêmes l’autohypnose. «Grâce à ces méthodes, nous pouvons effectuer plus facilement des douches et des pansements, sans anesthésie générale, commente la Pre Mette Berger, coordinatrice du centre romand des grands brûlés du CHUV. L’hypnose a aussi des effets bénéfiques sur le stress post-traumatique et a permis de réduire nettement la durée de séjour aux soins intensifs».

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Paru dans Planète Santé magazine N° 33 - Mars 2019

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