SOS: allergie à nos amies les bêtes

Dernière mise à jour 08/12/20 | Article
PS38B_SOS_allergie_bêtes
Nous sommes nombreux à développer des allergies aux animaux à poils, que ce soit dans le cadre de notre foyer ou de notre travail. Comment détecter et traiter l’allergie sans forcément se séparer de notre animal de compagnie? Le point.

Les toutous, chatons et autres bêtes à poils font partie intégrante de notre quotidien: en Europe et aux États-Unis, entre 30 et 60% des foyers hébergent un animal domestique, tandis que de nombreux Suisses travaillent dans des fermes en contact direct avec des mammifères à poils. Or, si ces animaux nous apportent bonheur et compagnie, ils peuvent aussi causer de véritables réactions allergiques – et ce, d’autant plus que les poils se transportent facilement d’un lieu à l’autre sur les vêtements et les objets, et peuvent se retrouver dans des environnements où les animaux n’ont jamais habité. Entre rhumes, fatigue, éternuements, asthme et réactions cutanées, l’allergie demande une véritable prise en charge et nécessite parfois de se séparer de l’animal… ce qui peut représenter une épreuve émotionnelle pour les propriétaires.

Comment repérer les symptômes?

Plusieurs symptômes peuvent vous alerter: tout d’abord, il y a la rhinite allergique, autrement dit, un rhume avec le nez bouché et irrité ainsi que des éternuements. Au niveau des yeux, une conjonctivite et des larmoiements sont également fréquents, avec de la toux, de la peine à respirer et le développement d’un asthme. Soyez aussi attentif à une fatigue persistante et une difficulté à dormir, qui peuvent nuire aux activités menées durant la journée. Enfin, ne négligez pas toute réaction au niveau de la peau, comme de l’urticaire et des rougeurs.

Chats et chiens en tête

Les animaux responsables de nos allergies sont nombreux et variés : chevaux, bovins, mais aussi hamsters, cochons d’inde, petits rongeurs… Le chat et le chien sont les animaux qui causent le plus d’allergies: plus d’un quart des adultes en Europe sont sensibles aux poils de ces félins et sont donc à risque de développer de l’asthme. Ce qui est encore compliqué par le fait que les allergènes du chat peuvent se retrouver un peu partout (dans les lieux publics, sur les textiles, dans l’air) et que les personnes déjà sensibilisées aux chats et aux chiens sont plus à risque de développer une allergie à un deuxième animal. Différentes recherches ont bien tenté de rendre ces animaux moins allergéniques, mais sans résultats solides et en soulevant toutes sortes de problèmes éthiques.

1 personne sur 4

Les allergies en général touchent de nombreuses personnes en Suisse: une personne sur quatre plus précisément. Les études ne s’accordent pas sur les facteurs de risque ni sur un effet protecteur d’une exposition précoce aux poils des animaux. Il semblerait toutefois qu’une exposition tardive (après la première année de vie) augmente le risque de développer une allergie respiratoire – un risque à considérer, donc, lorsqu’on souhaite introduire un animal dans le milieu familial.

Pour poser le diagnostic, votre médecin cherchera à savoir si vous avez été exposé directement ou indirectement à un animal à poils, que ce soit dans votre foyer, dans votre activité professionnelle ou dans le cadre de vos loisirs. Il voudra ensuite vérifier si vous présentez des symptômes cliniques: conjonctivite, rhinite, asthme, entre autres. Il faudra confirmer l’allergie par des prick-tests (on dépose sur la peau de toutes petites doses de l’allergène afin de voir sa réaction) ou par la présence dans le sang d’immunoglobulines spécifiques contre l’allergène de l’animal (au moyen d’une prise de sang). Grâce à ces différents indicateurs, le médecin pourra distinguer si vous souffrez d’une sensibilisation à un allergène ou d’une véritable allergie.

Comment traiter?

La meilleure façon de traiter l’allergie est de se séparer de l’animal domestique. Si la séparation n’est pas une option et que l’asthme ne s’aggrave pas, il est recommandé de réduire le contact avec l’animal, par exemple en limitant son accès à certaines parties du domicile, et de le laver au moins une fois par semaine.

Plusieurs stratégies peuvent aussi être mises en place au niveau de l’entretien de la maison : utiliser un système d’aération et un aspirateur avec un filtre spécifique (HEPA), recourir à une housse pour les matelas et les oreillers ou encore adopter certains produits chimiques pour le ménage.

Pour apaiser les symptômes cliniques de l’allergie, un traitement symptomatique s’impose. Les options sont multiples: spray nasal à base de corticostéroïdes, gouttes ophtalmiques, antiallergiques (antihistaminiques), bronchodilatateurs ou encore corticostéroïdes inhalés.

En cas de symptômes modérés et sévères chez les personnes allergiques aux chiens et aux chats, une immunothérapie peut se révéler utile dans certains cas, même si la désensibilisation demande encore à être mieux étudiée à ce jour.

Adapté de A. Clottu, R. Mahdi et F. Spertini. Allergies aux animaux à poils : mythes et réalités. Revue Médicale Suisse 2020;16: 688-93.

_________

Paru dans Planète Santé magazine N° 38 – Octobre 2020

A LIRE AUSSI

Douleurs musculaires
Le claquage fait mal mais guérit bien avec du repos

Le claquage fait mal mais guérit bien avec du repos

Un claquage est un traumatisme rarement grave, mais il ne faut pas pour autant le prendre à la légère,...
Lire la suite
Problèmes de peau
Dermatologie: cinq problèmes de peau

Dermatologie: cinq problèmes de peau

La peau est notre plus grand organe. Elle représente 10% de la totalité de notre corps, ce qui équivaut...
Lire la suite
Santé bucco-dentaire
dents_nous_parlent

Les dents nous parlent

Carie tenace, problème de gencives, abcès… les pathologies de la bouche peuvent annoncer ou révéler une...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
Illustré_mystère_allergies_alimentaires

Allergies alimentaires : six questions pour en prendre la mesure

Liées en grande partie à la nutrition moderne, les allergies alimentaires sont en nette augmentation. Avec des conséquences sociales souvent très handicapantes. Pourquoi est-il important de ne pas les minimiser ? Le point en 6 questions avec le professeur François Spertini, médecin agréé au service d’immunologie et d’allergie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
LMD_tique_allergique_viande

Une morsure de tique peut rendre allergique à la viande

L’allergie à la viande est une maladie émergente causée par les tiques. Elle se répand en Europe depuis les États-Unis. Quelques cas ont déjà été observés en Suisse.
PULS_mecanisme_allergies

Zoom sur les allergies

Multifacettes, les allergies se manifestent à tout âge. En cause, le système immunitaire qui se trompe de cible. L’organisme réagit de manière exagérée à des substances végétales, animales ou chimiques, habituellement bien tolérées. En fonction des allergènes identifiés, une prise en charge personnalisée est possible.
Videos sur le meme sujet

Le diagnostic des allergies aux noix remis en cause

Être allergique à un type de noix, n'impliquerait pas forcément une allergie à tous les autres types de noix, aux cacahuètes ou encore aux graines de sésame.

Allergies après une transplantation

Pouvons-nous souffrir d’allergies que nous n’avons jamais eues après une transplantation?

Qu'est-ce qu'une allergie?

Notre corps est sans cesse confronté à des substances qui se trouvent autour de nous, comme l'air, les microbes, les poils des animaux domestiques. Parfois, notre système immunitaire réagit de façon exagérée à certaines de
Symptômes sur le meme sujet

Rougeur

J’ai une ou des taches rouges / des rougeurs sur la peau