Vaginisme: mon vagin est-il trop étroit?

Dernière mise à jour 10/01/18 | Article
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Malgré ce que pensent de nombreuses femmes, il est très rare que le vagin soit trop étroit et souffre de malformations. En revanche, le vaginisme peut rendre la pénétration très douloureuse, voire impossible.

 Le vaginisme est défini comme l’impossibilité persistante ou récurrente d’une pénétration vaginale quelle qu’elle soit (pénis, doigt, objet), malgré le désir clairement exprimé de le faire. Ce trouble se manifeste par une contraction involontaire des muscles vulvo-périnéaux et est provoqué par une peur incontrôlable de la pénétration. Le resserrement du périnée et des muscles vaginaux provoque une douleur pouvant aller d’un léger inconfort à une sensation de brûlure et une douleur aiguë.

Contrairement à ce que pensent souvent les femmes atteintes de vaginisme ainsi que leurs partenaires, leur anatomie est parfaitement normale, sauf rares exceptions. Il ne serait donc pas question d’«élargir» quoi que ce soit. Il existe pourtant certaines «thérapies» qui proposent un élargissement (fréquemment plus par appât du gain que pour des raisons médicales), mais attention, ceci est fortement déconseillé, car les résultats de ce genre de chirurgie sont bien souvent catastrophiques. Dans bien des cas, le problème peut être résolu très simplement, en apprenant à mieux connaître son corps et à l’aide d’exercices permettant de contrôler les muscles autour du vagin.

Deux principaux types de troubles

On distingue deux principaux types de vaginisme. Tout d’abord, le vaginisme primaire, présent depuis toujours chez la femme qui en souffre. Deuxièmement, le vaginisme secondaire, qui survient après une période de sexualité normale. Dans les deux cas, le vaginisme peut être soit généralisé et se produire dans toutes les situations, soit situationnel et n’arriver que dans certaines situations (par exemple avec un partenaire donné, lors de rapports sexuels mais pas avec des tampons ni lors d’examens pelviens ou vice versa, etc.).

Contrairement à la dyspareunie (caractérisée par diverses douleurs lors de la pénétration), le vaginisme est plus souvent de type primaire: la libido de la femme reste intacte et permet ainsi une vie sexuelle remplie de désir et de plaisir clitoridien uniquement.

En effet, le partenaire, très (voire trop) compréhensif et conciliant, est souvent solidaire de la femme. Un certain nombre de couples apprennent ainsi à vivre leur sexualité sans coït. C’est pourquoi les femmes concernées ne consultent souvent qu’après des années, lorsque le couple désire avoir un enfant ou en cas de conflit ou de séparation avec leur partenaire.

Quand et qui consulter?

Si les symptômes durent depuis un certain temps, il est vivement indiqué de consulter un spécialiste en médecine sexuelle ou en sexologie, car les causes du trouble sont très variables et diverses, et peuvent être dues à un problème physique.

Dans le cas du vaginisme, les facteurs psychologiques sont fréquents. Le trouble peut souvent survenir suite à une éducation dévalorisant la sexualité, avec des interdits (de la nudité, de la masturbation, etc.) très stricts. L’absence de tendresse parentale durant l’enfance, la culpabilité liée à des abus sexuels subis durant l’enfance, l’expérience d’un premier rapport sexuel particulièrement douloureux, les violences ou traumas sexuels, l’hostilité envers le partenaire ou les hommes en général sont autant de facteurs qui peuvent être la cause du vaginisme.

Dans de rares cas, les facteurs de risques peuvent être organiques et provenir de malformations vulvo-vaginales ou d’une dyspareunie vécue durant une longue période et qui évolue vers un vaginisme.

A la découverte de son corps

Le diagnostic de vaginisme devrait être posé par un sexologue ou un gynécologue formé en médecine sexuelle. Puisque dans la plupart des cas, il s’agit d’un problème d’ordre psychologique, l’objectif sera de «déconditionner» la patiente, car, rappelons-le, le vaginisme est un mouvement réflexe. Il existe pour cela différents traitements basés sur la découverte de son corps.

A force d’avoir vécu des expériences désagréables, voire traumatiques, la femme qui souffre de vaginisme ignore ou nie souvent complètement ses zones génitales et n’en a qu’une vision approximative. Elle ne saurait ainsi les décrire sur un plan anatomique et n’arrive pas à les regarder. Il est donc nécessaire, dans une première étape, de l’aider à réintégrer mentalement son sexe pour qu’elle puisse ensuite se l’approprier.

Dans le cas plus particulier d’un vaginisme primaire (présent depuis toujours), le médecin devra également informer la patiente sur le mécanisme musculaire à l’origine de ce trouble.

Ensuite, on aura recours à différentes techniques thérapeutiques, comme la sexothérapie cognitive et comportementale. Celle-ci vise le déconditionnement des réflexes de contraction. Ainsi, la patiente va apprendre à contrôler le spasme musculaire automatique qui survient lors de l’essai de pénétration vaginale, et à détendre complètement les muscles du plancher pelvien. Cela notamment grâce aux exercices de Kegel, qui vont d’abord lui montrer quels muscles du plancher pelvien elle devra travailler. Ensuite, on amène la femme à se faire un toucher vaginal, en expliquant qu’il s’agit d’un geste banal, afin de lui faciliter l’acceptation de ces exercices à faire chez elle. Elle travaillera avec ses doigts ou avec des dilatateurs vaginaux de taille variable pour rééduquer et réhabituer progressivement son vagin à la pénétration. Le médecin peut également recommander des séances de physiothérapie du plancher pelvien. Dans tous les cas, il est important qu’il prenne le temps de discuter de la thérapie appropriée et qu’il s’assure que celle-ci conviendra à la personne qui consulte.

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Extrait de J’ai envie de comprendre… Ma sexualité (femme), de Ellen Weigand, en collaboration avec le Dr Francesco Bianchi-Demicheli, Ed. Planète Santé, 2013.

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