Chasser le coup de blues

Dernière mise à jour 15/10/20 | Article
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Lorsqu’on a le moral dans les chaussettes, on ne sait pas toujours comment faire pour remonter la pente. Des solutions simples existent pour que ces moments se raréfient.

«Pourquoi ces rivières soudain sur les joues qui coulent?», s’interrogeait Alain Souchon dans Ultra moderne solitude. Au cœur de nos vies au rythme effréné, il y a des jours où le découragement nous gagne et la tristesse prend le dessus. Alors même que la société valorise la performance à toute épreuve, le sourire et la force en toute circonstance, ces fluctuations sont tout à fait dans l’ordre des choses, rappelle d’entrée le Dr Nicolas Belleux, psychiatre à Lausanne: «Le cœur, la respiration, les hormones…: tout le système physiologique est constamment soumis à des fluctuations. C’est le propre de l’homme de ne pas être d’humeur égale. Il ne faut pas en avoir peur, mais apprendre à gérer.»

Si les émotions négatives sont légitimes, le risque de s’y complaire, de se laisser tirer vers le bas et de s’isoler est réel. Alors, après une phase d’acceptation nécessaire, il faut tenter de relever la tête. Mais comment chasser le coup de blues? C’est d’abord une décision à prendre, souligne le psychiatre: «Quelles que soient les épreuves que l’on traverse, on a toujours le choix dans la manière de les appréhender. Mais dire stop à la noirceur demande un effort. C’est un combat à mener contre soi-même.» Et cela passe par le mental, les émotions, mais aussi par le corps.

L’hygiène de vie

Une bonne hygiène de vie participe à l’équilibre psychique. Un sommeil suffisant en termes de quantité et de qualité est primordial pour l’humeur. Une alimentation équilibrée et variée, aussi. Avec l’âge, on supporte moins les excès alimentaires, ce qui peut générer de la fatigue ou une tendance à être négatif. Le sucre, antidépresseur par excellence, est un faux-ami, alerte le médecin: «C’est un plaisir flash, mais la descente est souvent vertigineuse. Dans le cadre des consultations, on observe des corrélations entre les excès de sucre et l’angoisse.»

Quant au lien entre activité physique et santé mentale, il n’est scientifiquement plus à démontrer. «Bouger nous met dans un état d’éveil et de dynamisme», prône le Dr Belleux. Des activités simples comme la marche, la natation, le yoga, sont bénéfiques pour la santé. Pratiquer avec d’autres personnes et à l’extérieur nous nourrit davantage. L’ensoleillement déclenche une cascade de sécrétions hormonales également bonnes pour l’humeur.

L’auto-persuasion

Et si, pour remonter la pente, il s’agissait aussi de distiller une nourriture différente à notre psychisme? Croyez-le ou non, notre inconscient prend à la lettre ce qu’il entend. Il ne fait pas la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux ou simulé. Ainsi, le Dr Belleux suggère de se faire chaque jour un compliment en se regardant dans le miroir, qu’on en soit, ou non, convaincu. Dans le même esprit, mêlons les mots à l’exercice physique, en sautant sur place tout en clamant des phrases positives, plutôt que de ruminer sur le canapé. Pour bien commencer la journée, exprimons un sentiment de gratitude envers soi, les autres, la vie, histoire de s’alléger un peu. Éprouver la reconnaissance d’être là, d’avoir une famille, des enfants, des amis, un toit, un travail, etc., fait du bien. On peut ensuite planifier une activité qui nous ferait plaisir durant la journée. Ou encore se fixer un objectif atteignable et facile à mettre en place qui nous apportera satisfaction. «C’est très efficace pour l’estime de soi. Attention toutefois à ne pas mettre la barre trop haut», prévient le spécialiste. Le soir, avant de dormir, on peut lister les choses que l’on a aimées et même les écrire pour mieux s’imprégner de pensées positives. «On voit plus facilement le négatif que le positif, c’est primordial de contrer cela. Sur une robe blanche, on a tendance à ne voir que la tache, alors que tout le reste est propre», commente le spécialiste.

Trouver des subterfuges

Et puis, prenons conscience de nos pensées limitantes, qu’il faut remettre en question. L’âge est un exemple. Or, martèle le psychiatre, «en vieillissant, on a tendance à penser que la vie est derrière soi, mais il n’y a pas d’âge pour la recommencer».

S’amuser

Enfin, s’amuser est ce qui reste de plus fondamental: «Dans le verbe "guérir", il y a "gai" et "rire". Chercher désespérément ce qui nous déride est une question de survie», estime le spécialiste. Le stress, la fébrilité ambiante, les mauvaises nouvelles, sont comme une chappe de plomb qui pèse sur nos épaules. « Rire nous permet de nous ébrouer et de reprendre notre place.» Films et histoires drôles, bandes dessinées, moments entre amis, à chacun son truc. L’idée est de ne pas rester seul dans son marasme intérieur, mais de sortir de soi. Même si c’est parfois difficile, appeler un proche ou un ami et exprimer ses besoins nous extrait d’une spirale négative.

Se faire aider

Si cette boîte à outils ne suffit pas, n’ayez pas honte de faire appel à un professionnel. Le coup de pouce peut venir d’un thérapeute, d’un psychologue, d’un psychiatre, d’un coach, d’un conseiller spirituel, etc. Pas de découragement si la première personne que l’on contacte n’a pas de disponibilité ou ne répond pas à nos attentes, il faut parfois persévérer.

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Paru dans Générations, Hors-série « Booster sa forme – Conseils experts », Octobre 2020.

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