Chien(-ne) de thérapie, c'est un métier

Dernière mise à jour 04/07/12 | Article
Un labrador
Un chien de thérapie. Voilà le métier de Max, le chien de Rachel Lehotkay, Docteure en psychologie spécialisée en zoothérapie. Elle possède aussi Louise, petite chienne de thérapie en stage depuis quelques mois. Quant aux chats Nestor et Pollux, ils travaillent avec la psychologue depuis plusieurs années.

Une thérapie assistée par l'animal. C'est l'idée de la zoothérapie. «L'animal fait partie du monde spirituel et physique des humains depuis des millénaires», explique Rachel Lehotkay, psychologue-zoothérapeute aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Certes, mais pourquoi le chien?  «C'est le premier animal à avoir été domestiqué, au début c'était d'ailleurs plus pour l'affection que pour la chasse.» Et les chiens sont plus sociables que les félins, qui sont solitaires. Max est un  Labrador, «une race connue pour être calme et aimer tout le monde.» Pour être thérapeute, un chien doit être évalué et éduqué. «J’ai suivi 4 ans d'éducation canine avec Max», précise la psychologue. Qui ajoute: «On s'attache aux animaux de compagnie, ce sont comme des enfants. Je dirais même que l'animal est un enfant perpétuel, un stimulus de l'attachement. C'est un animal social, on peut projeter sur lui et il provoque un comportement maternel. Qui permet aussi de recevoir et d'exprimer de l'attention.»

Médiation via l’animal

Comment un chien devient-il thérapeutique? On l'utilise pour des  thérapies complémentaires, de médiation. L'animal devient alors un auxiliaire qui facilite le lien thérapeutique. Un intermédiaire, un médiateur entre patient et thérapeute. Concernant cette création du lien thérapeutique, la psychologue précise que «les patients veulent voir Max» et qu’elle n’est elle-même que celle qui tient la laisse. C'est le chien qui prime. Mais l'animal reste un adjoint thérapeutique, il ne remplace pas la relation entre deux humains.

Aux HUG, cette thérapie est surtout utilisée chez des adultes avec un handicap mental. «Ces gens souffrent de troubles du comportement liés à des difficultés de communication et à de l'isolement. La thérapie à médiation animale permet de réduire ces troubles. Ces patients sont des personnes non verbales pour qui  l'aspect lien et communication est important. Le chien est une source de motivation sensorielle, motivationnelle, socialisante. Promener Max, cela suscite contact et activités. Et le stimulus est positif car multisensoriel: sons, odeur, vision (un chien attire l'attention), toucher (la fourrure est agréable à caresser). On peut vraiment parler d'effets bénéfiques tant physiologiques que psychologiques liés à la compagnie des animaux.»

Autisme et zoothérapie

La zoothérapie est aussi utilisée pour l'autisme. Pour Rachel Lehotkay, «dans cette pathologie, l'importance de la stimulation sensorielle n'est plus à démontrer car le patient souffre de repli sur soi. Le chien permet donc de l'aider à se tourner vers l'extérieur, d'apprivoiser le contact physique et de développer des aptitudes sociales. La zoothérapie permet la médiation entre le rejet des contacts sociaux et l'acceptation des relations interpersonnelles. Ce qui permet de diminuer la tendance au retrait des autistes et les comportements inappropriés, comme les automutilations, les mouvements stéréotypés tout en  augmentant les comportements sociaux appropriés grâce au contact visuel, à l'imitation des gestes.»

Comment se passent les séances? Elles sont hebdomadaires, de 30 min ou d'une heure, en groupe ou individuelles. «Dans mon groupe d'autistes avec retard modéré, je place mon chien Max au centre de la pièce sur un tapis rouge pour qu'il focalise l'attention. Au fil des séances, les patients ressentent un sentiment d'utilité et de responsabilité quand ils promènent Max. Et pour un enfant mutique qui va parler au chien, cela lui permet de restaurer une connexion saine via une relation avec des animaux. Le chien fait office d’objet transitionnel: quand ils disent «Max est triste», les patients parlent d'eux via le chien, c’est un moyen de faire sortir l'émotion. En outre, ce sont souvent des patients très médicalisés, qui voient beaucoup de médecins. Leur proposer le chien, c'est différent!», conclut la zoothérapeute.

A LIRE AUSSI

Libido
libido_femme_frequent

Problèmes de libido chez la femme: un trouble sexuel fréquent mais mal connu

Alors que la médecine actuelle reconnaît l’importance du désir sexuel féminin, ses troubles sont souvent...
Lire la suite
Emotions
Une explosion de rage révèle des troubles psychiques

Une explosion de rage révèle des troubles psychiques

Incapable de gérer sa colère, un passager a été débarqué d’un avion puis interné. Car si ce sentiment...
Lire la suite
Burnout
LMD_burn-out_sortir

Burn-out, comment s’en sortir?

De plus en plus de personnes en Suisse souffrent d’épuisement professionnel. Avec l’aide d’un psychothérapeute,...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
Silhouette dans le rayonnement du soleil

Méditer pour éviter les rechutes dépressives

La méditation en pleine conscience serait-elle une alternative aux antidépresseurs? Pas dans toutes les phases d’une dépression ni pour tous les patients. Mais dans le cadre de la prévention des rechutes dépressives, cette méthode dérivée du bouddhisme a le vent en poupe.
Paysage

L’hypnose soulage les douleurs

Dans l’arsenal thérapeutique utilisé pour apaiser les douleurs aiguës ou chroniques, l’hypnose constitue une arme de choix.
Videos sur le meme sujet

Autisme au féminin: la différence invisible

On sait que l’autisme est un « spectre », un continuum entre des différences très marquées et parfois imperceptibles.

Rencontre avec Marine Jequier Gygax, une spécialiste des troubles du spectre de lʹautisme

Tous les vendredis, "CQFD" reçoit un homme ou une femme de science pour parler de son travail et de ses recherches.

L'IA et la vidéo pour détecter lʹautisme chez lʹenfant

Une équipe de lʹUniversité de Genève vient de développer un algorithme dʹintelligence artificielle qui permet dʹanalyser des vidéos dʹenfants et dʹidentifier les éventuels troubles du spectre autistiques chez les tout-petits.