Soins aux seniors: différencier hommes et femmes

Dernière mise à jour 20/12/11 | Article
Couple de personnes âgées
La santé et les besoins en soins des personnes âgées diffèrent selon leur genre. Une approche différenciée de la prise en charge des hommes et des femmes âgés est ainsi nécessaire, afin de promouvoir la meilleure équité de soins possible.

Hommes et femmes ne sont pas égaux en termes d’espérance de vie, en bonne santé ou non, et de comportement face à leur santé. En outre, maladies et divers problèmes liés au grand âge les touchent  différemment selon leur sexe. C’est bien pour cela que les soignants devraient envisager une prise en charge des personnes âgées adaptée à leur genre.

Certains syndromes gériatriques sont plus fréquents chez les femmes (arthrose, incontinence urinaire, ostéoporose) et d’autres maladies plus fréquentes chez les hommes (maladies cardiovasculaires et cancers du poumon). Il faut en outre prendre en compte pour chaque cas ce que l’on nomme déterminants sociaux de la santé : l’isolement social et la précarité financière, par exemple, qui apparaissent également comme des facteurs de risque de vulnérabilité touchant plus particulièrement les femmes âgées à très âgées. Ce sont des éléments importants lors de toute prise en charge de patients âgés.

Espérance de vie

En 2008, l’espérance de vie d’un Suisse à la naissance était de 79,79 ans pour les hommes et de 84,4 ans pour les femmes. L’augmentation de l’espérance de vie ces 50 dernières années, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, est à attribuer surtout à une diminution de la mortalité des plus de 65 ans. La différence moyenne en années d’espérance de vie entre hommes et femmes était d’environ sept ans dans les années 1988/1993 et est inférieure à cinq ans en 2008. Le déclin de cette différence est expliqué par une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires (surtout chez les hommes), par une diminution de la proportion d’hommes avec un cancer du poumon et par l’augmentation des cancers pulmonaires chez les femmes. Enfin, avec l’augmentation de l’espérance de vie, on note aussi une augmentation des années de vie sans handicap. En 1997/1999, on évalue que celle-ci est de 70,3 années chez l’homme et de 75 ans chez la femme. C’est-à-dire environ 6,2 années en dépendance chez l’homme et 7,5 chez la femme.

Différences hommes femmes

Globalement, les femmes se comportent plus sainement que les hommes jusqu’à 70 ans, âge auquel cette différence disparaît. Les femmes jeunes ont plus souvent recours aux prestations médicales, et ce plus précocement. Par contre, parmi les plus de 65 ans, les femmes semblent plus souvent sous-traitées en ce qui concerne les examens de dépistage (mesure du cholestérol, taux de glycémie, contrôle de l’ouïe, vaccin contre les pneumocoques, sang dans les selles, par exemple).

Les hommes présentent en général un comportement de santé plus risqué (par exemple: consommation de tabac et d’alcool, accidents) qui est transmis par la société et la culture. Un idéal de masculinité marqué (force, endurance, puissance, bonne condition physique) peut mener à des difficultés d’adaptation et des atteintes à la santé physique plus importantes lors de l’avancée en âge.

Le facteur social

L’isolement social et la précarité financière sont deux facteurs de risque de vulnérabilité qui touchent plus particulièrement les femmes âgées à très âgées. Entre 85 et 89 ans, 87% des femmes et seulement 42% des hommes vivent seuls, le plus souvent suite à un veuvage. L’âge moyen de veuvage est en moyenne de 70 ans pour les femmes et de 73 ans pour les hommes. On retrouve également des inégalités financières entre femmes et hommes au grand âge. A 80 ans, 25% des femmes ont un revenu inférieur à CHF 2000.–/ mois (vs 7% des hommes). La grande majorité de ces femmes très âgées n’ont en particulier jamais bénéficié du deuxième pilier entré en vigueur en 1980.

Maintien à domicile

La fréquence de l’institutionnalisation diffère selon le genre. Les hommes, qui vivent plus souvent en ménage au grand âge (souvent avec des femmes plus jeunes), peuvent en général encore bénéficier de l’aide de leur épouse lorsque leur état de santé se dégrade. A l’inverse, les femmes âgées, qui vivent plutôt seules, ne peuvent souvent plus bénéficier de l’aide de leur conjoint et lorsque la dépendance fonctionnelle survient, le maintien à domicile devient rapidement difficile. Ainsi, en 2000, en Suisse, on estimait que 10,6% des femmes de plus 65 ans vivaient en institution, alors que seuls 5,3% des hommes vivaient en milieu de long séjour. Ces différences tendent à s’accentuer avec l’avancée en âge. Chez les plus de 85 ans, 36,9% des femmes versus 21,5% des hommes vivent en institution.

Réference

Adapté de «Santé et besoins en soins des personnes âgées: différences liées au genre», Drs Nicole Doser Joz-Roland Nicole Jaunin Stalder et Stéfanie Monod-Zorzi, Service de gériatrie et réadaptation gériatrique – CUTR Sylvana, Département de médecine, CHUV, in Revue médicale suisse 2010;6:1458-60, en collaboration avec les auteurs.

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