Des électrodes dans la tête

Dernière mise à jour 07/03/12 | Article
Ondes lumineuses
La stimulation cérébrale profonde peut guérir des personnes gravement déprimées.

Des électrodes implantées dans les profondeurs du cerveau peuvent modifier les comportements humains et guérir certaines affections comme la dépression. Mise au point dans les années 80-90, cette technique thérapeutique porte un nom: la stimulation cérébrale profonde.

Le cerveau est «pré-câblé» de façon identique chez tous les êtres humains. En revanche, au niveau cellulaire et moléculaire, il modifie ses états en permanence pour répondre aux sollicitations de l’environnement. «C’est la fameuse plasticité cérébrale», explique le Pr Pierre Pollak, médecin-chef du service de neurologie.

Elle est indispensable au processus d’apprentissage. En répétant une action, physique ou mentale – la course à pied ou le calcul différentiel –, nous développons la partie du cerveau dédiée à cette activité. C’est-à-dire que nous renforçons et augmentons le nombre de connexions neuronales – plusieurs dizaines de milliers par neurone – qui soustendent cette action.

«Des études ont par exemple montré que la zone correspondant à la mémoire spatiale est plus importante dans le cerveau des chauffeurs de taxi londonien que chez le reste de la population britannique», rapporte le Pr Pollak.

Paramétrage des électrodes

Le Pr Pierre Pollak ajuste les paramètres des électrodes implantées dans
le cerveau de cette patiente. L’objectif est de contrôler les symptômes sans
entraîner d’effets indésirables. Les électrodes sont implantées à vie.

© JULIEN GREGORIO / PHOVEA

L’aire de la tristesse

Mais comment utiliser cette découverte à des fins thérapeutiques? Prenons la dépression. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) a montré que certaines zones du cerveau sont directement impliquées dans la régulation des émotions. C’est le cas du lobe limbique, et plus particulièrement d’une aire appelée CG25. «Cette dernière est suractivée dans des états de tristesse, à la simple évocation d’un souvenir douloureux, mais également chez les personnes déprimées. A l’inverse, on a constaté que quand le sujet sort de sa dépression, soit par médication, soit par psychothérapie, l’activité de cette zone diminue», reprend le neurologue.

Assez logiquement, les chercheurs ont supposé qu’en inhibant la zone CG25 à l’aide d’électrodes, on pourrait améliorer l’état émotionnel des personnes déprimées. Et ça a marché. «Environ 60% des personnes souffrant de dépression résistante à toute thérapeutique répondent favorablement à l’implantation d’électrodes dans cette zone», affirme le Pr Pollak.

D’autres maladies peuvent également être traitées à l’aide d’électrodes reliées à un neurostimulateur implanté près de la clavicule sous la peau. Notamment la maladie de Parkinson et les dystonies (mouvements anormaux). En règle générale, les bénéfices de la stimulation cérébrale profonde se font sentir dans les premières semainesaprès le début du traitement.

Pulsations - mars-avril 2012

Article original: http://bookapp.fr/api/hug/viewer/viewer.php?mag=HUGE_123#15

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