Mal

Dernière mise à jour 20/10/11 | Article
Diablotin
Subir le mal sans prendre position rend malade, conduit à une perte d’énergie, une usure, un épuisement.

Dans une vie, rencontrer quelqu’un qui nous veut du mal est effrayant, le face à face redoutable, stupéfiant. En  psychothérapie, c’est la remise en question fondamentale. Est-ce possible ? Est-ce vrai ? Ne suis-je pas en train de vivre un cauchemar ?

Le mal, on n’en parle pratiquement jamais, on élude la question. Quand on le rencontre, on est bouleversé, déboussolé, on se demande ce qui se passe, on a de la peine à croire ce qu’on vit. Me suis-je trompé à ce point ? Ai-je été aussi naïf ? On évoque la maladie, l’inconscient. Le responsable du mal que je subis sait-il ce qu’il fait ? S’il le savait, il n’agirait pas ainsi. Ou, s’il agit comme il le fait, c’est parce qu’il est malade. On ne veut pas voir, c’est trop pénible, on ne prend pas position. On attend, on reste passif, on subit, on excuse.

Le mal existe, il est actif, organisé, il sait ce qu’il veut, il vise juste. Nier son existence, c’est le subir, en être victime, vivre dans l’illusion. Vivre dans l’illusion, c’est fatiguant, harassant. Reconnaître le mal est douloureux, mais libératoire. Le mal est une attitude de l’esprit, un choix, une volonté. Il est protéiforme, insidieux. Il y a des degrés dans l’intention, la manière, le comportement, la présentation, mais c’est toujours une attitude négative, une volonté de destruction, un refus, une fermeture.

Il faut avoir le courage de voir les choses clairement. Celui qui ne se remet pas en question, même s’il est malade, n’a pas plus de droit qu’un bien portant. Un malade qui refuse de se soigner impose son attitude à son entourage. Il agresse. Se protéger est nécessaire.

L’inconscient a bon dos, il déresponsabilise. Je suis responsable même de ce que je fais involontairement. Je peux aussi commettre du mal. Ai-je voulu nuire à mon prochain ? Je dois me poser la question pour être au clair.

Le mal existe, même si on ne veut pas le voir. Il est là, quel que soit le nom qu’on lui donne, le malin, l’esprit mauvais, le diable. Le diable est relativement facile à reconnaître, c’est l’intelligence sans l’amour. Il comprend vite. Si on lui dit non, il s’en va ailleurs. L’homme n’est pas le diable, mais il peut être diabolique. Il insiste, il persiste, il utilise son intelligence pour obtenir ce qu’il veut sans tenir compte de l’autre, sans l’aimer, sans penser à sa souffrance, sans partager. Il importe de se protéger, de ne pas se laisser harceler. Subir le mal sans prendre position rend malade, conduit à une perte d’énergie, une usure, un épuisement.

Couverture du Petit lexique de la psychothérapie

Source

Retrouvez d'autres mots essentiels dans le Petit lexique de la Psychothérapie du Dr François Adler aux éditions Georg.

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