La vessie est un réservoir actif géré par le système nerveux

Dernière mise à jour 19/09/16 | Article
Cette petite sphère a pour rôle de stocker l’urine puis de l’évacuer quand elle est pleine. Essentielle à la santé, elle est sujette aux infections.

En chiffres

La contenance moyenne d’une vessie chez l’adulte oscille entre 3 et 4 dl. Plus de 10% de la population ont une vessie hyperactive en Europe et aux Etats-Unis, ce qui entraîne un besoin fréquent d’uriner. «C’est une vessie qui se contracte sans que le moment soit propice ni forcément qu’elle soit pleine, explique le Dr Cerantola. C’est extrêmement gênant mais réversible et traitable. Il faut consulter!» Et plus de 8% souffrent d’incontinence urinaire (incapacité de bien retenir son urine, en particulier à l’effort ou en riant). On urine en moyenne entre 6 et 8 fois durant la journée, et pas du tout ou 1 fois durant la nuit (davantage en cas de problèmes cardiaques ou prostatiques).

La vessie est une petite sphère située derrière le pubis. Elle a deux fonctions: servir de réservoir à l’urine et en assurer l’évacuation. L’urine est produite dans les reins qui «filtrent les déchets de notre sang et les mélangent au surplus d’eau», explique le Dr Yannick Cerantola, urologue au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Elle se déverse ensuite dans la vessie par deux canaux (un depuis chaque rein) appelés uretères. «Elle est stockée, continue le spécialiste, puis, quand le volume remplit suffisamment la vessie, nous ressentons un besoin d’uriner.» En moyenne, ce seuil représente 3 dl, mais il peut varier très largement d’une personne à l’autre. Si l’on se retient, la vessie peut contenir jusqu’à 6 dl.

Ses parois sont constituées de muscles dits «lisses». A la différence des muscles «striés» (ceux des membres), on ne peut pas les actionner volontairement. Ils sont cependant sous le contrôle du système nerveux. Au fur et à mesure que la vessie se remplit, sa paroi se distend et des nerfs «captent» ce changement pour signaler au cerveau qu’elle est pleine. «Si c’est un moment propice, votre cerveau donne alors l’ordre d’uriner: les muscles de la vessie se contractent, ceux du sphincter qui contrôlent sa sortie se relâchent et l’urine est propulsée dans l’urètre», décrit l’urologue. La longueur de l’urètre est très différente chez les femmes et les hommes: de 2 à 3 centimètres chez les premières et plus de 15 centimètres chez les seconds, puisqu’il doit traverser toute la longueur du pénis.

Boire de l’eau contre les infections

Le trajet plus court de l’urètre des femmes explique d’ailleurs pourquoi elles sont beaucoup plus sujettes aux infections de la vessie: les bactéries extérieures parviennent beaucoup plus facilement jusqu’à la vessie. Ce d’autant plus que, chez les femmes, l’anus et la sortie de l’urètre sont très proches, ce qui facilite la contamination par des bactéries fécales, comme Escherichia coli. La flore du vagin peut également en être la cause. C’est pour éviter un tel transfert qu’il est recommandé aux femmes de s’essuyer de l’avant (urètre) vers l’arrière (anus) après être allées aux toilettes.

Une infection urinaire se manifeste de diverses manières, détaille le Dr Cerantola: des besoins extrêmement pressants, la nécessité d’uriner beaucoup plus souvent qu’à l’accoutumée, des brûlures à la miction, un changement de l’aspect et de l’odeur de l’urine, parfois même du pus ou du sang dans celle-ci. La présence de fièvre ou de sang dans les urines doit faire prendre le problème au sérieux et exige une consultation. Il faut en effet vérifier que le rein n’a pas été infecté à son tour, ce qui est une complication grave. Chez l’homme, l’infection urinaire ne doit jamais être prise à la légère et l’on doit toujours chercher si elle n’est pas la conséquence d’un autre trouble.

Comment traiter une infection urinaire? Par des antibiotiques le plus souvent. Selon le spécialiste, des analyses d’urine devraient, de plus, toujours être pratiquées. Le but? S’assurer que l’antibiotique prescrit est adapté aux bactéries qui causent l’infection et ainsi limiter l’accroissement des bactéries résistantes. «Mais d’un point de vue de santé publique, la culture d’urine systématique est très discutée», reconnaît le Dr Cerantola. En effet, selon plusieurs études et malgré le faible prix et la facilité de réalisation de la mesure, le bénéfice en terme d’années de vie gagnées dans une population saine n’est pas favorable comparé à ce que coûte globalement l’intervention.

Par ailleurs, boire beaucoup d’eau est un moyen de prévenir ces infections, car «vider plus fréquemment la vessie, c’est laisser moins de temps aux bactéries pour s’y développer», explique l’urologue.

500 décès chaque année en Suisse

Autre maladie qui peut l’affecter: le cancer. C’est pour cela qu’il faut considérer avec sérieux la présence de sang dans les urines, car il peut en être un signe. Cette tumeur n’est pas très commune –le cinquième cancer le plus fréquent chez les hommes en Suisse, le dixième chez les femmes– mais souvent mortelle: 500 décès environ chaque année en Suisse. «En cas de saignement, consultez un urologue, recommande le médecin. Il réalisera si nécessaire une cystoscopie (l’introduction d’une petite caméra dans la vessie par les voies naturelles, ndlr) et un scanner pour déterminer l’origine du saignement.»

«Ce cancer est insidieux car il développe peu de symptômes, insiste le spécialiste. Il pousse à l’intérieur de la vessie comme un petit arbuste, et forme ce que l’on appelle un polype. Il peut devenir très dangereux dès que ses racines atteignent le muscle proprement dit.» Son traitement dépend comme dans beaucoup de cancers du stade de développement de la tumeur. Si le muscle n’est pas touché, une intervention chirurgicale pour retirer le polype de la vessie peut suffire. Si le cancer est plus avancé, il faut enlever tout ou partie de la vessie, une opération qui peut, selon les cas, s’accompagner de chimiothérapie et de radiothérapie.

Quand la vessie est ôtée complètement, on dévie l’urine des reins pour la relier soit à une nouvelle vessie reconstruite grâce au prélèvement d’un segment d’intestin, soit à un tube intestinal en communication avec la peau où une poche extérieure est collée. Dans le cas d’un retrait partiel, on peut reconstruire chirurgicalement la vessie à l’aide de tissus prélevés sur l’intestin. Mais ces tissus ne sont pas innervés. Cette vessie de substitution ne peut donc pas se vider elle-même: il faut utiliser les muscles abdominaux et la respiration pour «pousser» et faire sortir l’urine.

Vrai/faux:

Il est plus sain d’uriner en position assise

Faux Certaines personnes notent une différence de confort. Chez les hommes, le parcours du canal urinaire a la forme d’un siphon, et uriner assis semble permettre de mieux le vider. «Mais aucun impact de la position de miction sur le risque d’infection urinaire ou les maladies de la prostate n’a été démontré», détaille le Dr Yannick Cerantola, urologue au CHUV.

Les femmes ont une plus petite vessie que les hommes

Faux Les femmes ont en général une vessie de plus grande capacité que les hommes. De manière générale, la taille de la vessie est proportionnelle à la taille corporelle: elle suit donc la croissance.

La vessie peut se vider complètement

Vrai C’est même un examen que pratiquent les urologues: ils font uriner leurs patients et mesurent à l’aide d’une échographie la quantité résiduelle d’urine dans la vessie. Dans une situation normale, cette quantité est nulle.

Les infections urinaires sont plus fréquentes à certaines périodes de la vie

Vrai Elles touchent principalement des personnes de moins de 30 ans ou des seniors. Chez les premières, cela s’explique peut-être par le début de l’activité sexuelle (un facteur de risque). Chez les seconds, et plus particulièrement chez les femmes, les modifications hormonales dues à l’âge ont un impact sur la flore vaginale, qui la rend plus sensible aux infections.

Si l’on a une petite vessie, on a souvent besoin d’uriner

Vrai et faux La contenance de la vessie est un paramètre mais ce n’est pas le seul. A capacité égale, on peut être plus ou moins sensible à son remplissage.

Le jus de canneberge prévient les infections urinaires

Vrai Les médecins prescrivent de la canneberge sous forme de jus ou de comprimés aux femmes (plus touchées que les hommes) qui souffrent d’infections urinaires à répétition. Ce traitement préventif n’est cependant pas indiqué lorsque l’infection est déjà déclarée.

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