Infections urinaires: le point sur les remèdes naturels

Dernière mise à jour 12/11/20 | Article
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Le traitement des infections urinaires requiert le plus souvent une prise d’antibiotiques. Mais dans certains cas, la médecine complémentaire peut soulager les symptômes et prévenir les récidives.

Le saviez-vous?

Les infections urinaires sont plus fréquentes après la ménopause

La ménopause entraîne une baisse d’œstrogènes, ce qui favorise la contamination de la vessie par des bactéries. Passé un certain âge, chez les femmes, il arrive parfois que l’urine contienne une grande quantité de bactéries mais ne provoque pas de symptômes. Dans ce cas, l’infection ne nécessite pas forcément un traitement.

Besoin urgent et fréquent d’uriner, brûlure intense au niveau de la vessie… l’infection urinaire basse est l’une des infections bactériennes les plus fréquentes, en particulier chez les femmes. Elle nécessite le plus souvent d’être traitée par antibiotiques, ce qui participe à l’augmentation des résistances. Heureusement, dans certains cas, notamment chez les personnes souffrant de récidives régulières, des traitements de médecine complémentaires peuvent être proposés dès l’apparition des premiers symptômes ou en prévention. «Les antibiotiques sont incontournables dans de nombreux cas, confirme le Pr Pierre-Yves Rodondi, directeur de l’institut de médecine de famille de l’Université de Fribourg. Cependant, afin de lutter contre le développement des résistances, on peut parfois essayer de retarder leur prise d’un ou deux jours en tentant d’abord d’éliminer l’infection avec d’autres traitements.»

La canneberge controversée

La plante la plus célèbre pour lutter contre les infections urinaires est sans doute la canneberge. Cette airelle à gros fruits existe sous forme de nombreux dérivés, dont des jus, des capsules ou des tablettes. Elle ne tue pas les bactéries responsables des infections, mais diminuerait leur fixation sur les parois de la vessie et réduirait ainsi leur prolifération. Les différentes études scientifiques menées sur l’efficacité de la canneberge restent toutefois contradictoires à ce jour. Alors que certaines soulignent une diminution des infections lorsque la canneberge est utilisée en prévention, d’autres ne confirment pas ces résultats. «Ces différences sont sans doute liées à la définition de la population étudiée, qui diverge d’une étude à l’autre, analyse le Pr Rodondi. D’autres études seraient donc nécessaires pour identifier les catégories de patients pouvant bénéficier de la canneberge.»

Le mannose contre les récidives

Autre piste intéressante, le mannose (ou D-mannose), un glucide extrait de bois forestier. Bien connu des pharmaciens, il joue un rôle dans la prévention des infections urinaires à Escherichia coli (E. coli). Cette bactérie, responsable de la majorité des cystites, possède des sortes de petits piliers sur sa surface qui lui permettent de s’accrocher à la paroi de la vessie. Le mannose empêcherait cette adhérence. Une étude clinique randomisée auprès de 308 femmes souffrant d’infections urinaires à répétition a notamment montré une diminution significative du risque de récidive. «Le mannose semble également efficace pour diminuer les douleurs lors d’un début d’infection, constate le Pr Rodondi. En cas de récidives fréquentes, il peut donc être intéressant d’en prendre pendant un ou deux jours, quitte à passer aux antibiotiques si cela ne fonctionne pas.»

Le RGHP, nouveau sur le marché

Récemment arrivé dans les pharmacies, le RGHP (connu sous son nom commercial Utipro) contient un mélange de gélatine, de propolis et d’extrait d’hibiscus. Les infections urinaires sont souvent provoquées par des bactéries d’origine intestinale. Or le RGHP aurait un effet protecteur des muqueuses en formant une sorte de film sur la paroi de l’intestin qui empêcherait l’adhésion puis la prolifération des bactéries E. coli.

Une étude randomisée et contrôlée, menée sur 78 patientes, a montré une diminution de la récurrence des infections urinaires après six mois de prise de RGHP. Dans une autre étude incluant 60 patientes, le traitement par RGHP seul, sans antibiotique, a diminué significativement les symptômes de l’infection urinaire dès le deuxième jour de prise. D’autres études restent néanmoins nécessaires pour évaluer si cette substance permet de diminuer la prescription d’antibiotiques.

Prudence!

De manière générale, le manque d’études avec une méthodologie de qualité au sujet de ces substances naturelles incite à la prudence. «Avant de consommer l’un ou l’autre de ces traitements, il faut toujours en discuter avec son médecin ou son pharmacien, recommande le Pr Rodondi. Celui-ci pourra ainsi informer de la marche à suivre la plus approprié selon la situation.»

Michelle, 57 ans: «J’utilise le mannose dès les premiers symptômes »

Je souffre régulièrement d’infections urinaires depuis l’âge de 25 ans. Quand je suis tombée enceinte, j’ai voulu à tout prix éviter les antibiotiques. Je suis donc allée voir un médecin spécialisé dans les méthodes naturelles qui m’a prescrit une longue cure avec des suppositoires. Cela s’est révélé efficace puisque j’ai été tranquille pendant plusieurs années. Mais avec la ménopause, ce cycle d’infections urinaires s’est réenclenché.

Un jour, ma pharmacie n’avait plus la marque de produits à base de canneberge que j’utilisais habituellement. C’est là que j’ai découvert le mannose, qui m’a tout de suite semblé efficace. Comme je me connais bien, je suis attentive aux premiers symptômes d’infection. Si je commence à prendre du mannose à ce moment-là, cela suffit pour éliminer les bactéries. Et dans le cas de grosses infections où l’antibiotique est inévitable, je prends quand même du mannose en même temps. Cela calme les douleurs pendant les premiers jours, en attendant que l’antibiotique fasse son effet. Et je continue d’en consommer pendant plusieurs semaines, ce qui me protège la plupart du temps des récidives.

 

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Paru dans Générations, Hors-série « Se soigner autrement – Gros plan sur la médecine intégrative », Octobre 2019.

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