Incontinence : le botox vaut les anticholinergiques

Dernière mise à jour 16/10/12 | Article
Incontinence: le botox vaut les anticholinergiques
Des chercheurs américains ont mis en parallèle les bénéfices et les effets secondaires des deux traitements actuellement utilisés pour soigner l’incontinence.

Pour traiter l’incontinence urinaire par urgences mictionnelles (fuites accompagnées d’un besoin irrépressible d’uriner), on utilise généralement des anticholinergiques qui ont pour effet de bloquer les contractions anarchiques de la vessie. Lorsque ce traitement oral est inefficace, l’alternative est de pratiquer une injection de toxine botulique de type A (botox) dans la couche musculeuse de la vessie, le détrusor, mais les conséquences peuvent être une vidange incomplète de la vessie et la pose temporaire d’un cathéter. Or, de nouvelles études révèlent que l’un et l’autre de ces traitements sont appropriés en première intention.

Des chercheurs américains ont mis en parallèle mode d’administration, qualité de vie et effets secondaires de ces deux traitements chez 500 femmes souffrant d’incontinence.

La moitié d’entre elles a reçu quotidiennement des anticholinergiques pendant six mois, et l’autre moitié une injection unique de botox au niveau du détrusor. Dans les deux groupes, la qualité de vie a été améliorée de façon significative et le nombre d’épisodes d’incontinence a diminué de façon similaire, passant de 5 à 1,7-1,6 en moyenne.

Grâce au botox, l’incontinence a totalement disparu pendant six mois chez 27% de ces femmes contre 13% de celles traitées par voie médicamenteuse.

En revanche, 5% d’entre elles ont dû avoir recours à un cathéter, et un tiers a souffert d’infections urinaires contre 13% dans le groupe traité par anticholinergiques – celles-ci ayant eu plus souvent la bouche sèche. Un mois après la fin du traitement, 60% des femmes ayant subi une injection de botox contrôlaient encore leur vessie, contre la moitié des femmes du groupe anticholinergique. A douze mois, les chiffres étaient passés respectivement à 38 et à 25%.

Ces résultats pourraient aider les médecins à adapter leurs recommandations en fonction des besoins et profils d’effets secondaires de leurs patient(e)s.

Source

Visco AG, Brubaker L, Richter HE, et al. Anticholinergic therapy vs. Onabotulinumtoxin A for urgency urinary incontinence. N Engl J Med 2012, édition en ligne du 4 octobre.

A LIRE AUSSI

Chlamydia
Sexe oral: un plaisir qui n'est pas sans conséquences

Sexe oral: un plaisir qui n'est pas sans conséquences

Plaisir sexuel très apprécié par beaucoup d’hommes, la fellation pratiquée sans préservatif peut toutefois...
Lire la suite
Pilule d'urgence
Contraceptif d'urgence

La pilule d’urgence en dix questions

Autrefois connue sous le nom de «pilule du lendemain», la contraception d’urgence permet, si elle est...
Lire la suite
Papillomavirus (HPV)
Les verrues en dix questions

Les verrues en dix questions

Sur les mains, les pieds et parfois autour de la bouche, la verrue est une excroissance disgracieuse...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
incontinence_oser_parler

Incontinence urinaire: oser en parler

Les fuites d’urine sont souvent associées à une honte qui empêche de consulter. Et pourtant, la plupart du temps, un traitement est possible
Le tabou de l’incontinence

Le tabou de l’incontinence

Après un accouchement, 20% des femmes rencontrent des problèmes d’incontinence urinaire. Quelle est l’influence de la grossesse et du mode d’accouchement? Les explications du Dr Chahin Achtari, médecin responsable de la consultation d’uro-gynécologie à la maternité du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
Quand faire pipi pose problème

Quand faire pipi pose problème

Vous ressentez des brûlures ou des douleurs en urinant? Vous faites une pause pipi toutes les 10 minutes? Votre urine a une forte odeur? Quand faire pipi pose problème, une consultation chez le médecin peut s’avérer nécessaire. Tour d’horizon de certains symptômes.
Videos sur le meme sujet

Les fuites au fil du temps

Mal tabou, l'incontinence urinaire est une affection très fréquente qui touche quelque 200 millions de personnes dans le monde.

Une journée contre la fistule obstétricale

Le 23 mai est la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale. Cette maladie touche 2 millions de femmes dans le monde, principalement en Afrique.
Symptômes sur le meme sujet
J'ai des pertes d'urine

Pertes d’urine

J'ai des pertes d'urine