Les précautions à prendre pour une grossesse sereine

Dernière mise à jour 10/05/16 | Article
Les précautions à prendre pour une grossesse sereine
Pour favoriser le bon déroulement d'une grossesse et de ses suites, il est important d'effectuer un bilan d'ordre médical avant même de concevoir l'enfant. On peut ainsi détecter par exemple un éventuel risque génétique ou prendre les précautions qui s'imposent lorsque la future maman est sous traitement médicamenteux.

Parmi les recommandations faites aux femmes en âge de procréer, l'adoption d'une bonne hygiène de vie est primordiale. La consommation d'alcool et de tabac lors de la grossesse peut en effet entraîner des accouchements prématurés ou des retards de croissance. La tolérance zéro est de mise. Et pour les dépendances les plus aiguës, la grossesse peut être un excellent moyen de trouver la motivation nécessaire pour restreindre, voire stopper sa consommation.

Par ailleurs, étudier en amont le patrimoine génétique de l'enfant à venir, avant même sa conception, peut permettre de préparer au mieux les parents, qui seront peut-être amenés à prendre des décisions difficiles. Enfin, on sait qu'il est possible de diminuer le risque de spina bifida (développement incomplet de la colonne vertébrale) en prenant de l'acide folique un mois avant la conception, puis pendant les premières semaines de grossesse.

Vérifier son carnet de santé

Le contrôle des vaccinations des couples qui envisagent d'avoir un enfant est aussi une étape indispensable. En effet, cette simple vérification permet au fœtus, au nourrisson et à la femme enceinte d'éviter des complications. Outre les maladies infantiles classiques –rubéole, rougeole et varicelle–, la coqueluche est également l'un des virus contre lequel il est préférable d'être immunisé, les nourrissons étant particulièrement vulnérables face à cette infection.

Le dépistage de l'hépatite B et du VIH (virus de l'immunodéficience humaine, responsable du sida) est lui aussi fortement recommandé par le corps médical. Le dépistage de la toxoplasmose n'est en revanche plus systématique en Suisse. Il est toutefois important pour les futures mamans de se tenir informées sur les différents modes d'infection et les moyens de s'en prémunir. Il leur faudra être particulièrement vigilantes lors de la consommation de viande, de fruits et légumes crus et plus généralement au voisinage des chats.

Comment se prémunir contre la toxoplasmose?

Très connue des futures mamans, la toxoplasmose est une maladie parasitaire sans conséquence grave, hormis durant la grossesse. En effet, elle peut provoquer des lésions cérébrales chez le bébé, voire la mort du fœtus. Les personnes ayant attrapé le parasite sont immunisées, c’est pourquoi les précautions suivantes s’appliquent aux futures mamans non porteuses de la toxoplasmose:

  • Ne pas consommer de la viande crue ou insuffisamment cuite, le parasite étant détruit par la température, la congélation et la salaison.
  • Nettoyer soigneusement les ustensiles et surfaces en contact avec de la viande crue.
  • Eviter les fruits de mer.
  • Peler ou nettoyer soigneusement les fruits et légumes avant de les consommer et nettoyer les ustensiles et surfaces utilisés. Plus généralement, se nettoyer attentivement après un contact avec de la terre.
  • Nourrir son chat d’aliments en conserve et le garder à l’intérieur. Changer sa caisse avec des gants et se laver soigneusement les mains après.

Adapter son traitement et se documenter

La prise de médicaments avant la conception de l'enfant et pendant la grossesse peut avoir des conséquences lourdes, même si ceux-ci ne sont responsables de malformations congénitales que dans moins de 5% des cas. Les risques de malformation, problèmes cardiaques ou encore hémorragies néonatales existent. Tous les médicaments sont concernés, même les produits homéopathiques. Les nouvelles molécules sur le marché sont particulièrement surveillées, de par le manque de recul dont on dispose sur leurs effets à plus ou moins long terme.

Les risques varient selon la durée d’élimination du médicament et la période d'exposition. Plus la durée d’élimination de la substance est longue, plus l'organisme met du temps à l'évacuer, et il est établi que le risque de malformation pour le fœtus est maximal entre le 25e et le 40e jour suivant la fécondation. Il est donc important de consulter son médecin pour savoir s’il convient d’adapter ou d’arrêter un traitement en cours.

La contraception est de mise lors de la prise de substances tératogènes connues (médicaments susceptibles de provoquer des malformations chez les enfants). Toutefois, dans certains cas, et si aucun traitement alternatif ne peut être envisagé, il peut être préférable que la mère continue son traitement, l'arrêt de celui-ci pouvant être plus néfaste pour le bon déroulement de la grossesse que les médicaments eux-mêmes. Les patientes concernées peuvent aussi s'informer auprès de sites web ou d’ouvrages spécialisés pour connaître tous les risques encourus.

Limiter les examens médicaux

Il peut également arriver que la future maman doive subir un examen d'imagerie médicale. Dans ce cas, l'IRM (imagerie par résonance magnétique) sans produit de contraste et l'ultrason sont généralement privilégiés par les praticiens, car ils sont considérés comme sûrs. Toutefois, le recours  à un système d’imagerie irradiant (radiographies, scanners…) est parfois nécessaire pour une prise en charge adéquate  et la dose d'irradiation mise en œuvre en imagerie médicale ainsi que le risque pour le fœtus sont généralement faibles.

Le radiologue veille en outre à utiliser des produits de contraste adaptés à la situation de sa patiente, ceux-ci étant susceptibles de traverser le placenta. Comme pour la prise de médicaments, une évaluation du rapport bénéfice/risque encouru est généralement effectuée au cas par cas.

En cas de désir d’enfant, faire le point sur sa santé avant la conception est donc une étape incontournable, qui permet aux parents comme au personnel médical de tout mettre en œuvre pour assurer le bon déroulement de la grossesse, tout en préservant la santé de la maman et de son enfant.

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Références

Adapté de «Du bilan préconceptionnel à la prise en charge des pathologies intercurrentes: suivi des grossesses au cabinet», Drs Nicole Bernoulli, Pierrick Campanini, Caroline C. Werner et Sofia Zisimopoulou, Service de médecine de premier recours, Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences, HUG. In Revue Médicale Suisse 2015;11:1737-43, en collaboration avec les auteurs.

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