Réseaux de soins: le peuple aura le dernier mot

Dernière mise à jour 12/06/12 | Article
Des médecins
132'837 signatures récoltées, alors que 50'000 suffisent: le référendum contre le projet de loi sur le Managed Care (soins intégrés) a abouti de manière spectaculaire. Le point de désaccord essentiel est le libre choix du médecin, que le projet de loi restreignait en chargeant davantage le patient. De toute évidence, de nombreux assurés tiennent à ce libre choix.

La révision de la loi sur l'assurance maladie (LAMal) adoptée en septembre dernier, visait à promouvoir les réseaux regroupant médecins et autres fournisseurs de prestations médicales dans le but de coordonner les soins. Le patient y est suivi du début à la fin du traitement. La version finalement adoptée par le Parlement entendait faire passer à la caisse les patients qui voulaient continuer de choisir librement leur médecin. Dans cette hypothèse, ils auraient alors dû payer 15% de la facture, contre 10% pour les assurés intégrés dans un réseau de soins. Les maxima à débourser auraient été de 500 francs par an pour les assurés liés à un réseau, et à 1000 francs pour les autres. La participation de 15% ne pouvait toutefois être effective que si un réseau existait à proximité.

Selon la Fédération des médecins suisses (FMH), «le peuple envoie ainsi un signal fort en exprimant son attachement au libre choix du médecin et sa crainte de voir des critères économiques l’emporter sur la qualité des soins.»

La FMH n'est pas opposée au principe même du Managed Care, mais s'oppose aux modalités de sa mise en oeuvre: «Le principe des soins intégrés mérite d’être soutenu, et nombreux sont les médecins de famille qui travaillent spontanément en réseau. Cependant, les conditions de mise en oeuvre du projet de loi sur le Managed care ne convainquent pas. D’une part, le projet entend restreindre le libre choix du médecin et faire payer davantage les patientes et les patients qui souhaitent continuer à avoir le choix. Et d’autre part, avec la coresponsabilité budgétaire obligatoire, les critères économiques risquent d’avoir un impact négatif sur les traitements,» explique la FMH dans un communiqué.

Sur le plan politique, les fronts qui se dessinent après l'aboutissement du référendum sont bigarrés: du côté des référendaires on trouve, outre la FMH, le PS, les syndicats SSP et Unia ainsi que d'autres organisations de praticien. En face, l'association des médecins de familles défend la révision de la LAmal. Elle militera au sein d'un comité regroupant des représentants des partis bourgeois, de l'économie mais aussi de la gauche, dont le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR) et la présidente de la Fédération romande des consommateurs, la socialiste Monika Dusong.

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