DRG: Trois questions au Dr Hervé Spechbach

Dernière mise à jour 12/12/12 | Article
DRG: Trois questions au Dr Hervé Spechbach
Chef de clinique au Service de médecine interne générale des Hôpitaux universitaires de Genève, Hervé Spechbach s’est investit au sein de nombreuses institutions de jeunes médecins pour expliquer les DRG à ses collègues.
Dr Hervé Spechbach

Le Dr Hervé Spechbach travaille notamment dans les domaines de l’éducation médicale et de la douleur.

D.R.

Qu’est-ce qu’un DRG?

Hervé Spechbach: DRG signifie Diagnosis Related Group. Il s’agit de regrouper sous forme de code toutes les hospitalisations. Ces codes sont basés, pour une maladie, sur la classification internationale de l’OMS, et pour l’acte chirurgical selon la classification suisse des interventions chirurgicales (CHOP). En Suisse, le DRG est choisi à la fin de l’hospitalisation. Il correspond aux traitements qui ont mobilisé le plus de ressources. Il s’agit d’un forfait moyen par cas «all inclusive» qui n’est pas la somme du nombre d’actes effectués, ni celle du nombre de journées d’hospitalisation. Divers facteurs pondèrent le forfait. Le système est défini par canton et est adaptable au cours du temps.

Quels buts visent cette réforme?

Il s’agit de donner à la Suisse un système unifié. Par la force des choses, cette réforme permettra donc de comparer les coûts par hôpitaux avec davantage de transparence. Pour les hôpitaux et les politiques de la santé, elle permettra également de calculer le nombre de cas par groupe de maladies. Ces analyses statistiques permettront certainement de calculer une masse critique par centre hospitalier et donc de définir la liste des maladies qu’un centre hospitalier a intérêt à prendre en charge, en prenant en compte les spécificités de chaque prestataire de soins.

Après neuf mois de gestation de ce système, quel regard y jetez-vous?

D’un point de vue conceptuel, notamment dans un pays confédéré, je pense que l’on peut saluer une volonté d’unifier au niveau national la facturation hospitalière. SwissDRG SA est une institution publique commune des fournisseurs de prestations, des assureurs et des cantons. Les SwissDRG permettront probablement d’analyser les coûts et d’envisager une répartition territoriale des prestations. Il est toutefois clair que ce système présuppose que les centres hospitaliers ou les cliniques privées ne fassent pas un tri des patients selon une loi de rendement maximal, qui chercherait à capter les patients qui coûtent le moins cher, laissant les cas compliqués aux hôptiaux publics qui se trouveraient lésés.

Reste aussi le problème des cliniques privées. En échange des soutiens financiers publics, doivent-elles participer à la formation, à la recherche ainsi qu’à l’enseignement? Doivent-elles offrir un service public d’urgences? Le débat est ouvert.

A LIRE AUSSI

Génétique
Génétique: nous n'héritons pas de nos quatre grands-parents de la même manière

Génétique: nous n'héritons pas de nos quatre grands-parents de la même manière

De quoi notre identité génétique est-elle faite? La réponse la plus simple serait «de notre famille»....
Lire la suite
Don du sang
L’ABC des groupes sanguins

L’ABC des groupes sanguins

Que signifient les lettres et les signes qui désignent notre groupe sanguin? Combien y en a-t-il? Les...
Lire la suite
Caisse et assurance maladie
Chirurgie de l’obésité: quelle prise en charge par l’assurance de base?

Chirurgie de l’obésité: quelle prise en charge par l’assurance de base?

La chirurgie de l’obésité est prise en charge par l’assurance-maladie de base à certaines conditions....
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
cockpit_bloc_operatoire

Savoir-être : du cockpit au bloc opératoire

Ancien pilote chez Swissair, François Emery donne des cours de gestion des ressources d’une équipe –Crew Resource Management (CRM)– aux médecins. Il s’inspire des processus mis en place dans l’aviation pour valoriser le «savoir-être». Un moyen de mieux faire circuler les informations et d’éviter erreurs et accidents. Interview.
dossier_vieillissement

Le vieillissement de la population bouscule le système de santé

L’allongement constant de l’espérance de vie et le vieillissement de la génération des baby-boomers entraînent une pression inédite sur le système de soins. Comment les cantons romands se sont-ils préparés à affronter ce tournant démographique? Les exemples de Vaud et Genève.
avenir_systeme

Quel avenir pour notre système de santé?

Face aux évolutions majeures de notre société, le système de santé doit s’adapter et entamer sa mue. Mais comment? Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d'État vaudois et chef du Département de la santé et de l'action sociale, nous livre son point de vue.
Videos sur le meme sujet

Pour la santé des populations vulnérables

C’est une première suisse et même européenne: une Chaire de médecine des populations vulnérables a été créée à l’Université de Lausanne.

L’hôpital, du Moyen Age à nos jours

Silvio Dolzan et ses invités vous font revivre l’histoire d’une institution très présente dans "CQFD": l’hôpital.

Disparition des généralistes : c'est grave docteur ?

En campagne, les généralistes partant à la retraite n’arrivent plus à remettre leur cabinet.