Transfusion sanguine: une question de vie et de mort

Dernière mise à jour 12/09/16 | Article
En cas d’urgence vitale, anesthésistes et chirurgiens assurent ensemble la prise en charge.

Rupture de la rate, jambe écrasée, fracture du bassin, artère iliaque sectionnée, l’arrivée d’un polytraumatisé de la route est toujours une urgence vitale. «Lorsqu’il y a une hémorragie massive, on peut perdre, en très peu de temps, plus de la moitié de son volume sanguin. La personne est en grand danger, car elle ne peut pas, en raison des pertes sanguines, couvrir ses besoins en oxygène», relève la Dresse Gordana Pavlovic, médecin adjoint, responsable des urgences anesthésiologiques aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG).

«Le protocole de transfusion massive concerne également d’autres situations: à la Maternité, en chirurgie cardiovasculaire ou encore lors d’une greffe en urgence. Comme beaucoup de soins doivent être mis en place simultanément, celui-ci est déclenché afin d’améliorer la coordination. Une bonne organisation est gage de réponse rapide», ajoute le Dr Guy Haller, médecin adjoint agrégé à l’unité d’anesthésie gynécoobstétricale-ophtalmologique des HUG.

Stabiliser le patient

A ce moment-là, le temps est le facteur primordial: il faut tout de suite pouvoir transfuser des culots érythrocytaires –autrement dit des poches de sang contenant chacune 250 ml de globules rouges– ainsi que des plaquettes et des facteurs de coagulation pour stabiliser le patient. Les HUG ont par exemple prévu des dépôts d’urgence vitale. Ce stock permet d’attendre les autres poches qui seront délivrées, vingt minutes plus tard, par le laboratoire d’immuno-hématologie transfusionnelle (LIHT). Pour ce faire, celui-ci aura reçu un échantillon de sang pour déterminer le groupe sanguin et le rhésus et rechercher d’éventuels anticorps irréguliers qui pourraient provoquer une réaction immunologique chez le patient.

Travail d’équipe

Durant l’intervention, de nouvelles poches sont ensuite demandées au LIHT et livrées au fur et à mesure des besoins du patient. «Par mesure de sécurité, des contrôles sont à nouveau effectués au lit du patient avant la transfusion: nom du patient, date de naissance, groupe sanguin, date et péremption de la poche», précise la Dresse Pavlovic. Concrètement, la poche de sang passe à travers un transfuseur rapide qui, en 90 secondes, réchauffe le contenu. Livré à 5 °C, il est transfusé à la température corporelle afin d’éviter une hypothermie qui pourrait engendrer des troubles de la coagulation et du rythme cardiaque. Dans ces situations, de nombreuses personnes sont mobilisées pour sauver le patient: chirurgiens, médecins anesthésistes et infirmiers anesthésistes œuvrent en étroite collaboration. «L’équipe d’anesthésie soutient les fonctions vitales du patient pendant que le chirurgien opère et stabilise la source de l’hémorragie», résume la Dresse Pavlovic. L’hémorragie du post-partum est une urgence obstétricale qui exige une transfusion rapide et répétée de globules rouges, car la femme peut perdre jusqu’à 700 ml de sang à la minute. Le Dr Haller insiste lui aussi sur le travail d’équipe: «Pendant que nous transfusons, l’obstétricien et la sage-femme interviennent pour arrêter le saignement par des moyens mécaniques ou chirurgicaux.»

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Source

Magazine Pulsations - http://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/n29_pulsations_juillet_aout_sept_2016.pdf

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