De la télémédecine pour traiter le diabète

Dernière mise à jour 02/03/15 | Article
De la télémédecine pour traiter le diabète
Maladie chronique répandue, le diabète est aujourd’hui une pathologie ciblée par la télémédecine. Objectif: suivre et traiter les malades à distance, à travers de multiples communications électroniques échangées avec leur médecin. Une potentielle amélioration qui risque aussi d’altérer le lien réel entre patient et soignant.

Définie par l’Association américaine de télémédecine comme étant «l’usage de l’échange d’informations médicales par le biais de communications électroniques d’un endroit à l’autre pour l’amélioration de l’état clinique d’un patient», la télémédecine permet aux médecins de suivre l’état de santé de leurs patients. Ces nouveautés thérapeutiques sont une option pour diminuer les coûts de santé, par une réduction du personnel de santé, tout en préservant un suivi, à distance certes, mais plus régulier.

Une option miracle?

Pour les économistes qui se sont penchés sur la question, l’optimisme règne. Les prévisions concernant l’avenir de la télémédecine sont plus que prometteuses. Qu’en est-il d’un point de vue plus réel, à savoir l’avenir des patients et des soignants? Des chercheurs du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne et de l’hôpital Riviera-Chablais en Suisse se sont penchés sur la question.

Principe de la télémédecine

Son fonctionnement est simple: les échanges entre le patient et son médecin ont lieu à travers divers supports technologiques, comme Internet, à l’aide d’e-mails ou de messages sur des forums dédiés, par téléphone portable via des sms, ou encorede visupar le biais de vidéo-consultations. C’est l’occasion pour le professionnel de santé de s’entretenir avec son malade, pour lui délivrer différents conseils pratiques, d’ordre nutritionnel ou relatif à la pratique d’une activité physique, par exemple.

Mais tout cela ne peut se faire, dans le cas du diabète, que si le patient transmet correctement le recueil de ses valeurs glycémiques. Il doit donc être impliqué, pour contrôler régulièrement son taux de sucre sanguin et fournir ces chiffres à son médecin. Un suivi quotidien qui n’est pas réalisable sans la télémédecine, c’est là sans doute l’un de ses points forts.

Une méta-analyse récente, basée sur le résultat de plusieurs études, indiquerait d’ailleurs que «les technologies de télémédecine réduiraient le taux d’hémoglobine glyquée de 0,44%, comparées au suivi standard».

Des limites existent

Malgré ces résultats encourageants, il reste difficile de démontrer la réduction des complications vasculaires du diabète, ou d’autres facteurs de risques, comme le cholestérol ou l’obésité, grâce à la télémédecine. La question des coûts de santé de ces patients «télé-suivis» est aussi difficile à évaluer et elle demeure pourtant l’une des clés pour permettre à la télémédecine de s’installer durablement, qu’elle que soit la pathologie traitée: cholestérol, hypertension artérielle…

Et les patients dans tout cela?

D’après la littérature scientifique, les patients sont «satisfaits» de la plupart des technologies de télémédecine proposées dans le cadre de leur traitement, avec une «amélioration de leur qualité de vie» et une «diminution» de leur sentiment de «stress ou de dépression». D’autres résultats sont plus nuancés.

Les auteurs rappellent d’ailleurs que «les systèmes de télémédecine sont laborieux et que leur apprentissage exige du temps». Elle peut également pénaliser la communication entre un patient et son médecin, si elle prend trop le pas sur un suivi plus «traditionnel». C’est pourquoi il est recommandé d’utiliser la télémédecine en complément d’un lien relationnel fort dans le monde réel entre les deux parties, pour qu’elle puisse compléter le suivi médical du patient sans lui nuire.

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Référence

Adapté de «Le diabète et l’ère de la télémédecine», Drs Serban-George Puricel, Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, Département de médecine du CHUV et Juan Ruiz, Unité d’endocrinologie et diabétologie, Département de médecine interne hôpital Riviera Chablais, à Vevey. In Revue Médicale Suisse 2014:10:1246-8. En collaboration avec les auteurs.

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