Santé mentale : de plus en plus d’ados en crise

Dernière mise à jour 16/11/22 | Vidéo
Depuis 2020 et la pandémie, les services de pédopsychiatrie partout en Suisse font face à une hausse importante de troubles anxieux et de dépressions chez les adolescents. Comment y répondent-ils? Comment expliquer la fragilité psychique des jeunes ? Témoignages. Un reportage de Delphine Misteli et d'Olivier Paul.

[TEXTE: CLÉMENTINE FITAIRE]

Depuis la pandémie de Covid-19, les services de pédopsychiatrie font face à une hausse importante des troubles anxieux et des dépressions chez les adolescents. Selon l’Observatoire suisse de la santé, la part des jeunes faisant état de troubles psychiques a plus que doublé entre 2017 et 2021. Un constat qui met en lumière l’impact de la pandémie sur la santé mentale, mais aussi une vulnérabilité particulière à l’adolescence. À cet âge de la vie, le cerveau est en effet encore immature, les différentes régions cérébrales ne se développant pas simultanément. Le système limbique, siège des émotions, est déjà en place, tandis que le cortex qui régule ces émotions mûrit bien plus tard. «Notre cerveau atteint sa maturation finale seulement vers 20-22ans, explique la Dre Camille Nemitz-Piguet, psychiatre et chercheuse en neurosciences (HUG, UNIGE). Cela fait de l’adolescence une période de grande sensibilité aux facteurs de stress.»

Crise sanitaire, climatique, économique, politique… le contexte actuel, particulièrement compliqué, s’avère être un terrain propice à l’anxiété chez les jeunes. D’où l’importance, lorsque la détresse s’exprime, de mettre en place un suivi adapté qui aidera à libérer la parole. «Le plus dur c’est d’accepter, d’arriver à dire que quelque chose ne joue pas, confie Yohan, qui a connu plusieurs épisodes dépressifs, en particulier pendant la crise Covid. Ça a été une honte pendant longtemps, mais c’est maintenant une force de comprendre que quelque chose ne va pas mentalement et de faire en sorte que ça aille mieux.»

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Une émission 36.9 - RTS La Première

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