Surfer sur les vagues du Covid-19

Dernière mise à jour 29/04/21 | Article
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Le coronavirus continue d’inquiéter, nous oblige à changer nos habitudes, à remettre à plus tard certains projets, quand il ne nous confronte pas directement à la maladie et à la mort. Les plus jeunes sont particulièrement concernés. Les conseils de deux spécialistes pour garder le moral dans ce contexte.

«Nom d’un petit pangolin, je ne sais pas ce qui me retient d’envoyer sur Vénus ce satané virus!», s’exclame Aldebert dans «Corona Minus», chanson à destination du jeune public. À tout âge, la lassitude envers le Covid-19 et les mesures pour s’en protéger est profonde, confirme la Dre Lamyae Benzakour, médecin adjointe en charge de la psychiatrie de liaison aux HUG: «Des études montrent, dans la population générale, une augmentation des troubles du sommeil, de l’anxiété, des dépressions et des troubles de stress post-traumatique.» Après la première vague, on a observé, chez les jeunes, «une baisse de la motivation, une perte de sens, des difficultés à retourner à l’école, des troubles dépressifs importants avec plus de tentatives de suicide, mais aussi des crises familiales majeures avec des séparations parentales», ajoute la Dre Anne Edan, médecin adjointe responsable de l’Unité de crise Malatavie. L’impact psychologique de la pandémie et des restrictions qui l’accompagnent est fort, mais dépend beaucoup de la situation personnelle et des ressources de l’individu.

Ne pas minimiser

Comment faire pour traverser au mieux les vagues successives? D’abord, ne pas minimiser. Insécurité, solitude, angoisse, colère… Qu’est-ce que la pandémie provoque en nous? Prenons conscience de nos émotions et soyons bienveillants avec nous-mêmes et avec les autres. «Il est illusoire de penser que nous vivons les événements de la même manière que ceux qui nous entourent», relève la Dre Benzakour. Certain·es sont exaspéré·es par les mesures, d’autres sont très inquiet·ètes à l’idée de tomber malade ou de contaminer leurs proches. Être dans le jugement ne fait qu’alimenter les tensions. Au travail, en famille ou entre ami·es, la psychiatre conseille d’exprimer ses besoins et de veiller à sa propre protection, sans se mettre dans des situations sources de stress. «Faire comme si le Covid n’existait pas, alors qu’il bouleverse tout, est certainement l’écueil le plus fort à éviter », note la Dre Edan, qui préconise des pauses de réflexion en famille. « Parler de son ressenti, ajoute-t-elle, permet une résonance émotionnelle chez l’autre.»

Une attention et une écoute particulières sont très protectrices pour les plus jeunes, qui perçoivent ainsi le soutien de leurs parents. Verbaliser est un bon moyen de susciter le dialogue: «Tu t’énerves souvent…» Il s’agit de tenir compte du vécu propre de chacun∙e, sans a priori et sans projeter sa vision d’adulte sur l’enfant. Reconnaître les difficultés passe aussi par l’acceptation de nos fragilités et des éventuels débordements qui peuvent survenir dans un quotidien rythmé par l’angoisse et l’incertitude. Revenir sur les moments de tension, en instaurant par exemple des conseils de famille, peut être bénéfique.

Faire preuve de créativité

Et puisque le retour à une certaine normalité n’est pas pour demain, faisons preuve de créativité: «Évitons de vivre en apnée et adaptons notre vie. Retrouver du contrôle dans la situation est primordial», souligne la Dre Benzakour. Prévoir des moments de détente et de respiration en cherchant des compromis dans la situation actuelle. Puiser dans ses ressources et se tourner vers ce qui nous fait du bien (lecture, musique, expressions artistiques, cuisine, balades, activité sportive à l’extérieur, etc.), aussi. Mis à mal par la pandémie, le lien social reste une source importante de réconfort, quelle que soit la génération. Il s’agit de trouver des alternatives pour ne pas tomber dans l’isolement. Et de respecter l’intimité de chacun∙e, en particulier des ados qui manquent, du fait de la pandémie, d’échappatoires nécessaires. Internet et les réseaux sociaux, souvent critiqués, leur permettent de rester en lien avec leurs pairs. Et la Dre Edan de préciser: «C’est un soutien fort, pour autant qu’on en fasse un usage raisonnable et qu’on diversifie les activités.»

Enfin, rappelons-nous que cette crise finira par passer et qu’elle pourrait avoir des bénéfices inattendus. «C’est la vertu de la limite, qui ouvre sur de nouvelles perspectives», conclut la Dre Edan.

Quand la douleur persiste

Si, malgré ces conseils, la souffrance est trop grande, faites appel à un·e spécialiste en santé mentale: www.hug.ch/coronavirus/soutien-psychologique

Retrouvez d’autres conseils (en vidéo):http://hug.plus/soutien-covid

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Article repris du site  pulsations.swiss

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