Covid-19: «J’ai gagné une deuxième vie!»

Dernière mise à jour 18/01/21 | Article
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Il a été le premier «patient Covid» héliporté, dans le coma, depuis les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) vers un hôpital de Suisse alémanique, celui de Zurich dans son cas. Aujourd’hui en réhabilitation à Beau-Séjour, Rui Dos Santos raconte une expérience digne d’un conte de Noël, sous le regard ému de son épouse, Daniela, et de leur fille, Iulia.

Tout commence autour du 25 octobre. La deuxième vague Covid fait rage à Genève, comme en tant d’endroits du globe. Rui Dos Santos, heureux bon vivant, s’impose une prudence extrême face au virus. Car il se sait vulnérable en raison de son âge – 59 ans – mais surtout de ses comorbidités – diabète et surpoids en tête. Assommé par une fièvre qui dure depuis quelques jours, il fait un test Covid: négatif. Mais il reste fébrile et apprend que sa fille de 31 ans, Iulia, est positive au virus. Un rendez-vous médical et tout s’emballe: une radiographie pulmonaire révèle une atteinte sévère du poumon gauche. Rui, bel et bien touché par le Covid, est hospitalisé en urgence aux soins intensifs des HUG. Un, deux, trois jours passent: le taux d’oxygène du quinquagénaire ne s’améliore pas. La décision est prise de l’intuber et de le placer en coma artificiel. «Si j’ai eu peur? Pas vraiment… Je me suis surtout dit "d’autres s’en sont sortis, pourquoi pas moi!"», confie-t-il.

La situation est moins bien vécue par son épouse Daniela et leur fille, toutes deux en quarantaine et dans l’impossibilité de lui rendre visite. Alors quand l’hôpital les prévient qu’un transfert vers l’Hôpital universitaire de Zurich est prévu, c’est le choc. Les HUG font alors face à un afflux massif de patient∙es aux soins intensifs et la collaboration intercantonale s’impose. «On nous a dit qu’il avait 50 % de chances de s’en sortir… J’ai pensé que je ne le reverrais peut-être jamais», raconte Iulia. Mais rapidement, l’esprit positif de la famille prend le dessus: «En discutant avec les médecins des HUG, nous avons compris que s’il était transféré, c’était que son état était stable et que tous les espoirs étaient permis. Nous avons décidé d’être fortes et de croire en sa bonne étoile», poursuit-elle. D’origine portugaise, né en Angola, Rui est l’un des plus anciens bénévoles de Genève auprès des sans-papiers. Et Daniela d’ajouter: «Nous avons reçu tellement de messages de soutien, des cercles de prière de toutes les religions se sont organisés pour lui. Une expérience pareille donne foi en l’humain.»

Deux semaines de coma

Pendant près de deux semaines, Daniela va être suspendue à l’appel quotidien de l’équipe zurichoise. «Tous les jours, je recevais des nouvelles de Rui, qui était dans le coma: on me faisait part de ses constantes vitales, des soins prodigués. Et le téléphone était mis sur haut-parleur pour que je puisse lui parler.» À peine leur quarantaine levée, mère et fille prennent la route pour Zurich. «Le voir branché avec tous ces tuyaux, un mur de machines derrière son lit, a été terrible. Mais il était vivant», témoigne Iulia.

Puis arrive le 13 novembre. Ce jour-là, c’est l’anniversaire de Daniela. Elle ne se souvient pas en avoir parlé à l’équipe soignante et pourtant, elle est accueillie d’un: «Heureux anniversaire Daniela, nous avons un cadeau pour vous!» La porte de la chambre de son époux s’ouvre: Rui est sorti du coma. «Je me suis réveillé d’un long voyage, sourit le quinquagénaire. Je garde des images d’un départ en avion vers l’Afrique, accompagné de médecins, puis de la Turquie, où nous avons passé des vacances en famille.» Alors quand il souhaite un heureux anniversaire à son épouse en lui proposant d’aller boire un jus de grenade sur le port, tout le monde sourit. Rui est encore un peu ailleurs, mais il va bien. «J’ai eu le plus beau cadeau d’anniversaire de ma vie, confie Daniela. Ma gratitude envers le personnel soignant, des HUG et de l’Hôpital de Zurich, est infinie.»

De retour à Genève, au Service de réhabilitation de l’Hôpital Beau-Séjour, Rui partage cette reconnaissance: «J’ai gagné une deuxième vie ! Je dois encore reprendre des forces – j’ai perdu 17 kilos, mes muscles ont fondu, je ne pouvais pas marcher – mais chaque jour, ça va mieux.»

Le retour à la maison est prévu pour Noël et la bonne résolution 2021 est toute trouvée: «Continuer à perdre du poids, s’enthousiasme Rui. Ce n’est pas facile pour un mangeur comme moi, mais je me régale à l’hôpital ­– vraiment! – et pourtant il s’agit de repas "Spécial diabète". La clé pour moi? Réduire les portions et manger moins le soir. J’ai survécu au Covid, je peux bien faire ça!»

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Article repris du site  pulsations.swiss

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