L'obésité pourrait toucher 20% de la population d'ici 2025

Dernière mise à jour 30/06/16 | Article
Une étude publiée dans la prestigieuse revue The Lancet tire la sonnette d’alarme: si rien n’est fait pour freiner la progression de l’obésité dans le monde, ce véritable fléau pourrait toucher 18% des hommes et 21% des femmes en 2025. Le livre "J’ai envie de comprendre... L’obésité", paru aux Editions Planète Santé, nous explique pourquoi il est urgent d’agir.

En Suisse, près de 30% de la population de plus de 15 ans est en surpoids et 10% est obèse selon des chiffres publiés en 2012 par l’Office fédéral de la statistique. En vingt ans, la proportion de personnes obèses a quasiment doublé, passant de 6 à 11% chez les hommes et de 5 à 9% chez les femmes. Elle est plus importante chez les personnes âgées que chez les jeunes, mais les 15-24 ans sont particulièrement concernés par cette évolution. Certes, l’obésité résulte notamment d’une combinaison entre de mauvaises habitudes alimentaires et un manque d’activité physique, mais le problème dépasse largement la seule responsabilité individuelle. L’obésité est aujourd’hui un problème de santé publique préoccupant dans tous les pays occidentalisés en raison de son rôle déterminant dans le développement de certaines maladies chroniques et de son influence sur le taux de mortalité.

Le temps presse

Si l’on veut enrayer cette épidémie et prévenir les maladies chroniques de l’adulte, il est urgent de promouvoir un style de vie sain dès le plus jeune âge. Le temps presse, puisque le nombre d’enfants obèses augmente rapidement dans le monde. Cette augmentation s’explique par le fait qu’aucune mesure préventive efficace n’existe à ce jour et par l’absence de moyens financiers mis à disposition pour lutter contre un problème complexe et multifactoriel auquel il faut sensibiliser les enfants, les adolescents, leurs parents ainsi que les autorités politiques et économiques. L'obésité se développe à partir d’un environnement obésogène, c’est-à-dire favorable. Notre mode de vie actuel lui fournit tout ce dont elle a besoin: nourriture en abondance, sédentarité et stress. Si l’homme préhistorique vivait des alternances de vaches grasses et de vaches maigres, l’homme occidentalisé d’aujourd’hui ne connaît jamais de période de disette. Les aliments sont accessibles avec la même facilité tout au long de l’année. Passés à la moulinette de l’industrie agro-alimentaire, ils sont enrichis en sucres et en graisses qui sont autant de calories très prometteuses en futurs kilos superflus et en maladies chroniques.

Investir plus

En matière d’obésité, beaucoup reste encore à faire. Les responsables de la santé publique et les assurances maladie ont très peu investi dans la prévention de l’obésité et de ses complications. Or, stabiliser le nombre de patients obèses et réduire les conséquences à long terme implique inévitablement d’investir davantage dans la prévention de l’obésité, comme cela a été fait avec succès pour la cigarette.

Les pistes ne manquent pas: s’occuper de l’obésité en amont, avant que les complications ne surviennent, passe par exemple par des cours de nutrition dans les écoles, des programmes de santé, la promotion d’une alimentation équilibrée au travail et dans les écoles. On pourrait aussi favoriser les trajets non motorisés, augmenter les heures d’activité et d’éducation physique à l’école, favoriser les activités sportives et augmenter le nombre de places de jeux ou améliorer la sécurité sur les routes pour les cyclistes. Les mesures de prévention doivent aussi viser à réglementer la publicité des produits alimentaires destinés aux enfants et mettre à disposition des groupes les plus défavorisés des ressources suffisantes à l’achat d’aliments sains.

En matière de traitement, beaucoup reste également à faire. Là aussi, le manque d’intérêt et d’investissements pour cette maladie est flagrant. Alors que le nombre de personnes obèses ne cesse d’augmenter, l’industrie pharmaceutique ne propose qu’un seul médicament. Enfin, du côté des assurances maladie, il est aberrant que le traitement de l’obésité ne soit pris en charge que lorsque le patient a déjà développé des complications et qu’il «coûte» donc plus cher.

La lutte contre l’obésité suppose la participation de nombreux acteurs: le monde politique, les autorités sanitaires, les professionnels de la santé, les milieux de l’éducation, les parents, l’industrie agroalimentaire, les assurances maladie et les médias. Son succès dépend de la mobilisation et de la collaboration de tous les acteurs concernés.

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