L’obésité est avant tout une maladie chronique

Dernière mise à jour 22/07/19 | Article
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Elle fait l’objet de stigmatisations et de nombreux préjugés. Et pourtant, l’obésité est une maladie chronique exposant ceux qui en souffrent à d’autres problèmes de santé.

En Suisse, près de 30% de la population de plus de 15 ans est en surpoids et 10% est obèse, selon des chiffres publiés en 2012 par l’Office fédéral de la statistique. En vingt ans, la proportion de personnes obèses a quasiment doublé, passant de 6 à 11% chez les hommes et de 5 à 9% chez les femmes. Elle est plus importante chez les personnes âgées que chez les jeunes, mais les 15-24 ans sont particulièrement concernés par cette évolution. Certes, l’obésité résulte notamment d’une combinaison entre de mauvaises habitudes alimentaires et un manque d’activité physique, mais le problème dépasse largement la seule responsabilité individuelle. L’obésité est aujourd’hui un problème de santé publique préoccupant dans tous les pays occidentalisés en raison de son rôle déterminant dans le développement de certaines maladies chroniques et de son influence sur le taux de mortalité. D’où l’importance pour les pouvoirs publics de s’emparer de cette question.

L’indice de masse corporelle

Où en êtes-vous avec votre indice de masse corporelle (IMC)?

Classification

IMC (kg/m2)

Maigreur

< 18,5

Poids « normal »

18,5 – 24,9

Excès pondéral

25,0 – 29,9

Obésité

 

Classe I : obésité modérée

30,0 – 34,9

Classe II : obésité sévère

35,0 – 39,9

Classe III : obésité morbide

> 40,0

Quels sont vos risques de complications?

Mesurez votre circonférence abdominale pour affiner vos risques de maladies (diabète de type 2, hypertension et maladies cardiovasculaires).

Risque augmenté

Risque très élevé

Femme > 80 cm

> 88 cm

Homme > 94 cm

> 102 cm

Mais à quoi correspond vraiment l’obésité? Il s’agit d’une maladie chronique qui se définit par un excès de graisse stocké dans le tissu adipeux. Dans 90% des cas, l’obésité est le résultat d’un déséquilibre entre les calories ingérées par l’alimentation et celles consommées en bougeant. Il s’ensuit logiquement, au fil des ans, une prise de poids qui peut se transformer en surpoids ou en obésité.

L’indice de masse corporelle (IMC) s’est révélé être l’outil de mesure le plus approprié pour définir l’excès pondéral. Il situe la corpulence selon le poids en tenant compte de la taille. Les valeurs de référence de cette norme sont identiques pour les deux sexes et sont indépendantes de l’âge. Pour le calculer, on divise le poids par la taille au carré. Par exemple, un adulte de 80 kg mesurant 1m85 aura un IMC de 23 kg/m2. Selon la classification de l’OMS, le poids moyen dit «normal» s’établit entre un IMC de 18,5 à 24,9 kg/m2. On parle de maigreur pour un IMC inférieur à 18,5, de surpoids pour un IMC égal ou supérieur à 25, et d’obésité pour un IMC égal ou supérieur à 30. Ainsi, une personne de 1m63 est considérée comme:

  • maigre si son poids est de 48 kg ou moins;
  • dans la fourchette du poids de référence entre 48 kg et 65 kg;
  • en surpoids entre 65 kg et 80 kg;
  • obèse à partir de 80 kg.

Pomme ou poire

Cela étant, les travaux de recherche récents ont prouvé que l’endroit où la graisse est localisée est beaucoup plus important que la quantité totale de graisse stockée dans le corps. On distingue ainsi deux formes d’obésité: en pomme et en poire. Celle en pomme (ou androïde) se caractérise par une accumulation des graisses au niveau du ventre. Cette graisse abdominale, ou viscérale, enveloppe les organes vitaux et est un facteur important de risques cardiovasculaires et de développement du diabète. Elle concerne le plus souvent les hommes. La graisse abdominale a longtemps été considérée comme un tissu de stockage inerte, mais elle est en réalité un véritable tissu endocrinien qui sécrète de façon continue des molécules très toxiques pour notre organisme telles que des cytokines pro-inflammatoires et des radicaux libres qui jouent un rôle essentiel dans la genèse des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et de certains cancers.

L’obésité en forme de poire (ou gynoïde) est définie par une répartition des graisses qui s’installent sur les hanches, les fesses et les cuisses, la fameuse culotte de cheval qui touche essentiellement les femmes. Cette graisse des hanches est moins dangereuse que celle accumulée dans l’abdomen.

Comorbidités associées

Le problème de l’obésité est qu’elle est fréquemment associée à un grand nombre de complications telles que: le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, des maladies cardiovasculaires, certaines pathologies du foie et de la vésicule biliaire, certains types de cancer (prostate et intestin pour les hommes et sein et utérus pour les femmes), apnées du sommeil, usure prématurée de l’appareil ostéoarticulaire accompagnée de douleurs dans le dos et les genoux, problèmes psychosociaux (faible estime de soi, discrimination, difficultés à trouver un emploi, qualité de vie amoindrie), impuissance ou encore troubles érectiles.

Pour faire le point sur les risques individuels de complication, des outils existent. La mesure de la circonférence abdominale, ou tour de taille, permet d’apprécier les risques métaboliques liés à l’excès de poids et à l’obésité (lire ci-dessous). Le recours à une mesure de la composition corporelle détermine la quantité de graisse effective de l’organisme et la masse musculaire. L’examen est effectué par impédance bioélectrique en consultation. Mieux vaut prévenir que guérir.

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Adapté de J’ai envie de comprendre… L’obésité, de Patricia Bernheim, en collaboration avec Alain Golay, Nathalie Farpour-Lambert et Zoltan Pataky, Editions Planète Santé, 2016.

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